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Communication officielle et contre-propagande

 
 

Communication officielle

 

Le 2 août 1914, l’état de siège suspend la liberté de la presse et le 5 août, la censure est décrétée. Tout est désormais subordonné aux impératifs de la guerre. Les objectifs des autorités sont de ne pas renseigner l’ennemi et de préserver le moral des Français en minimisant le nombre d’informations sur la guerre. Afin de contrôler l’information, l’état-major transmet quotidiennement trois communiqués qui donnent la version officielle des opérations. Ce sont ces informations qui doivent être reprises et diffusées par les journaux. Les autres médias - cartes postales, photographies, films ou encore affiches - sont eux aussi utilisés pour diffuser des messages patriotiques.

Parallèlement, le gouvernement essaye de contrôler l’image qui est donnée du Front. Une campagne photographique est ainsi lancée dès avril 1915 sur les premières lignes d'infanterie : elle est confiée à Jean Baptiste Tournassoud. Ce militaire de carrière originaire de l’Ain, ami des frères Lumière, est passionné de photographie. Au cours de la guerre, il réalise environ 2 500 vues, dont certaines seront publiées en 1920 dans son ouvrage « Grande Guerre ». C’est une guerre mise en scène qu’il propose, folklore guerrier éloigné de la réalité des soldats. Remarquable photographe, il est nommé chef du service photographique et cinématographique de la guerre par Clémenceau en 1918.

 

La contre-propagande

 

Alors que les autorités essayent de contrôler les médias et la circulation de l’information en tentant d’imposer un discours pro-guerre, la contre-propagande s’organise.

A Lyon, la figure de Guignol illustre ce phénomène. Bien qu’il soit parfois utilisé comme symbole patriotique, il n’est pas toujours le chantre du discours dominant. Il exprime parfois un patriotisme mitigé et un sentiment de lassitude face à une guerre qui s’éternise. Renouant avec la verve de ses débuts, le personnage se montre parfois très critique : il n’hésite pas à dénoncer les inégalités sociales, les profiteurs de guerre, les manquements des autorités ou encore la censure. Il relate les événements, parle du conflit d’une manière un peu plus franche et se fait ainsi le porte-voix de la population et des soldats.

 
 

Ce contre-discours trouve aussi des relais parmi les nombreux permissionnaires ou convalescents, qui témoignent parfois de l’horreur des combats. Sur le front ou à l’arrière, des artistes, écrivains ou peintres apportent également une autre vision des choses.

Voir le carnet de Barthélemy Mermet sur ce sujet.