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La protection des eaux de Lyon

 
Affiche Cornillon
 Protection des eaux de Lyon, dessin de Louis Cornillon, 1915,
lavis, aquarelle et gouache (H. 0,755 m ; L. 1,080 m).
17 Fi 55
 

Le dessin de Louis Cornillon rappelle le caractère stratégique et souvent méconnu de l'alimentation en eau potable d'une grande ville dans le cadre de la protection des populations civiles en temps de guerre, le tout avec un aspect très patriotique propre à la 1ère guerre mondiale.

Ce document permet de rappeler qu’il existe depuis 1853 à Lyon un véritable réseau d’alimentation en eau potable. Le traité signé entre la Ville de Lyon et la Compagnie Générale des Eaux cette année là délimite le périmètre de la concession et prévoit entre autres la fourniture de 20 000 m3 d'eau potable par jour. Le point de départ de ce réseau est l'usine de Vassieux, sur la commune de Caluire-et-Cuire, au niveau du Rhône. Cette « usine des eaux » est, en 1915, exploitée par la compagnie générale des Eaux qui a tissé à partir d’elle un extraordinaire réseau en couronne autour de Lyon.

Louis Cornillon propose dans son dessin un cadre large qui englobe les Dombes et les îles du Rhône et résume ainsi l’importance de la zone de captation de l’eau pour l’agglomération. Celle-ci repose presque exclusivement sur l’exploitation de la nappe alluviale du Rhône, tout d’abord à Saint-Clair, Vassieux, et en face au Grand Camp, puis par migrations successives, dans les îles de Crépieux et Charmy

Une inscription portée sur le dessin laisse supposer qu’il était destiné à servir d’enseigne à un poste militaire chargé de protéger l’usine élévatoire et les champs de captage de Vassieux. On craignait certainement dès 1915 des actions de l’ennemi pour venir empoisonner cette ressource vitale qu’est l’eau.

Finalement, l’ennemi viendra plus tard, et de l’intérieur, sous la forme d’une épidémie de typhoïde qui frappera la banlieue lyonnaise en 1928 à la suite d'une contamination par des eaux d'égouts.

Bien que quelques municipalités mettent en place des mesures de protections de ses habitants durant le conflit de 1914-1918, l’importance de la « défense passive » et donc de la protection des populations civiles en cas de guerre est organisée bien après la première Guerre mondiale. Il faut attendre la loi du 11 juillet 1938 pour la création d’une administration dédiée à ces opérations de protection qui est placée dans un premier temps sous l’autorité du ministère de la Défense.