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Edouard Herriot et les lyonnais en soutien à la Guerre

 

Edouard Herriot : une figure emblématique

Edouard Herriot est né le 5 juillet 1872 à Troyes. En 1895, après des études de Lettres, il vient s’installer à Lyon pour enseigner les lettres classiques au lycée Ampère. Le 30 octobre 1899, il épouse Blanche Rebatel, fille du docteur Fleury Rebatel, président du Conseil général du Rhône, ce qui facilite son entrée en politique.

En 1904, il est élu pour la première fois conseiller municipal à Lyon puis devient maire le 3 novembre 1905. Il devient sénateur en 1912 et embrasse ainsi une carrière politique nationale qui fait de lui l’un des principaux représentants du parti Radical.

A la déclaration de guerre c’est un maire relativement jeune de 42 ans qui poursuit son deuxième mandat. Rapidement il prend des décisions stratégiques pour sa ville et pour ses concitoyens, que ce soit dans le domaine social, médical ou encore économique. Maire très engagé, très actif et souvent innovant, Edouard Herriot est au plus près de ses concitoyens, avec lesquels il communique régulièrement pendant les quatre années de guerre par le biais de la presse, lors de ses discours ou encore par voie d’affiches.

Emprunt national
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Affiche publiée par la Municipalité lyonnaise lors du lancement du 2ème emprunt national.
Appel d'Edouard Herriot à ses concitoyens pour souscrire l'emprunt national, 4 octobre 1916
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Pendant cette période troublée il est de son devoir de soutenir le moral des Lyonnais, de se faire le relai de la politique nationale et d’entretenir la ferveur patriotique afin que chacun prenne part au conflit dans la mesure de ses possibilités et soutienne l’effort de guerre.

2ème emprunt national
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Planche de BD relative au 2ème emprunt national, 1916
"Souscrivez au 2ème emprunt de la défense nationale"
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Le soutien économique : les emprunts nationaux

La guerre vide rapidement les stocks de munitions et d’approvisionnement de l’armée française et s’annonce bien plus longue que prévu. Pour la financer, l’Etat contracte des prêts auprès de la Banque de France et de pays alliés. Il demande aux Français de changer leur or contre des billets car l’or lui permet de régler les factures auprès de ses fournisseurs étrangers. L’argent liquide se fait rare car les Français préparent leur bas de laine et ce manque de liquidité pose problème. L’Etat prend alors une décision exceptionnelle et confère aux Chambres de Commerce et d’Industrie le droit de battre monnaie afin d’augmenter la monnaie en circulation. Mais ces mesures ne suffissent pas : c’est pourquoi l’Etat lance un nouvel appel à la population et lui demande de souscrire aux emprunts nationaux pour financer l’effort de guerre.

 
2ème emprunt ntaional
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2ème emprunt de la Défense nationale, 1916
"En avant Armée de l'épargne. C'est pour la patrie"
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Quatre grands emprunts sont lancés entre 1915 et 1918. Ils sont portés par une communication qui met en avant la dimension patriotique. On peut véritablement parler de propagande car ces campagnes sont aussi le moyen de mobiliser la société dans son ensemble et d’entretenir son implication dans une guerre qui se joue sur tous les fronts.

 

Au-delà du soutien économique : le soutien de l’arrière pour ceux du front

Dès le début des combats, ceux de l’arrière se demandent comment aider leurs proches partis au front. D’abord interpersonnelle, la solidarité prend rapidement une dimension collective. On tente d’améliorer le quotidien du poilu qui défend la patrie en lui envoyant des couvertures, de la nourriture, des vêtements… mais aussi des centaines de lettres pour soutenir son moral et entretenir le lien avec sa vie d’avant. On vient en aide aux prisonniers, aux réfugiés, aux blessés de guerre et à toutes les victimes. Les initiatives sont multiples et diverses : collecte de fonds, réalisation de vêtement, confection de colis, œuvres de marraines de guerre, visites de prisonniers, aide à la réinsertion des blessés…

Une véritable solidarité s’exprime, de nombreuses initiatives privées voient le jour en dehors de tout cadre officiel. A Lyon les exemples sont nombreux qu’il s’agisse de grandes familles comme les Lumière ou d’anonymes comme Clotilde Bizolon qui deviendra célèbre pendant la guerre avec son œuvre au « déjeuner du soldat » installée sur les quais de la gare de Perrache.

C’est donc bien la société dans son ensemble qui entre en guerre.

Cette guerre est la première que l’on qualifie de guerre totale et, comme le confirment encore les recherches les plus récentes, elle eu des implications bien au-delà du front en marquant considérablement toutes les couches de la société.