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Septembre - Octobre 1916

SUR LE FRONT : LA GUERRE CHIMIQUE

La Première guerre mondiale voit le développement de nouvelles armes, aboutissement des progrès industriels et chimiques.

Le lance-flamme a été intégré à l’armée allemande dès 1911, et adopté par les Français et Britanniques en 1915, comme soutien à l'infanterie. Si son utilisation n’a pas été significative durant le conflit, il a fortement marqué les esprits des combattants, comme nous le rappelle le témoignage de Louis Boyer.

Plus que cette nouvelle arme, c’est la guerre chimique qui va bouleverser les modalités des combats. Conséquence d’une guerre de position qui s’enlise, les attaques chimiques à grande échelle sont utilisées par les Allemands et les Alliés. Les gaz pouvaient en effet s’infiltrer partout dans les tranchées, les boyaux, les abris, les casemates… et ouvrir des brèches dans les lignes ennemies.

Le premier gaz mortel fut le chlore. En avril 1915, les Allemands en déploient 168 tonnes au nord d’Ypres, vers les tranchées françaises. Assez vite, des contre-mesures s’improvisent comme des tampons de linges imprégnés d’eau et de bicarbonate de soude qui neutralisent partiellement le gaz. Le chlore est donc assez vite remplacé par le phosgène, puis par le gaz moutarde, encore plus effroyables. Ce dernier employé par les Allemands en juillet 1917, près de Ypres, d’où son nom d’ « ypérite », n’avait pas besoin d’être inhalé et pouvait affecter les soldats par simple contact. Le gaz ne produisant ses effets délétères qu'après plusieurs heures, chacun vit dans l'angoisse d'avoir été touché à son insu au début de l'alerte. Dans tous les camps, les fantassins se voient contraints de porter à chaque alerte des équipements de protection et des masques qui gênent leurs mouvements et aggravent encore un peu plus leurs conditions de vie. Il arrive que, de lassitude, ils les enlèvent trop tôt après l'alerte, au risque d'être touchés par le gaz.

Les pertes militaires dues aux armes chimiques lors du conflit sont estimées à 90.000 morts et 1.250.000 gazés. Pourcentage certes assez faible comparé au nombre de victimes totales de la guerre, mais qui a durablement ébranlé les soldats, le gaz restant une peur majeure en première ligne.

En 1925, sous la pression de l’opinion, le protocole de Genève est signé, interdisant l’utilisation des gaz de combat lors d’un conflit, mais n’interdisant ni leur fabrication, ni leur stockage. Les stocks français ne sont toujours pas neutralisés en 2016, un centre de destruction est en construction.

 

 
Carnet de Louis Boyer
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Carnet de Louis Boyer, 1er octobre 1916
HD 1z1_2 et 3
Journal de Joseph Rossignol
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Journal de Joseph Rossignol, 10 août 1917
1 ii 593

 
 
Journal de Joseph Rossignol
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Journal de Joseph Rossignol, 21 avril 1917
1 ii 593
Les gaz
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Les gaz asphyxiant, illustration de Paul Iribe - La baïonnette, 29 juillet 1915
2c400.467



 
 
Lancement de liquide
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Lancement de liquide enflammé - Le Miroir, 1er juillet 1917
4c400.548
Attaque chimique
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Attaque chimique en Champagne - Le Miroir, 22 juillet 1917
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