Fermer

Journal de Barthélémy Mermet, le 3 août 1914
253ii1

 

(lundi 3 août 1914)

Aujourd’hui commencent les réquisitions de chevaux, voitures et autos. Animaux et véhicules sont amenés et inspectés en des points déterminés et retenus s’il y a lieu, par l’autorité militaire. Il en défile notamment des quantités sur le champ de manœuvres qui entoure le fort Montluc, à proximité duquel passe le tram de Monplaisir. On en voit sortir, conduits par des soldats, des autos, des charrettes et de longues files de vigoureux percherons aux croupes luisantes, qui seront affectés, je pense, à l’artillerie ou au train des équipages, car ils sont certainement trop lourds pour la Cavalerie, surtout légère.

Aujourd’hui également commencement de la distribution des soupes populaires dans chaque arrondissement. Il doit y avoir là des notes intéressantes à prendre. J’irai y voir un de ces jours.

Enfin des affiches prescrivent que les étrangers doivent faire leur déclaration au commissariat de police. Nous y passons, Maria et moi, une partie de la journée pour déclarer notre bonne Laurence, actuellement avec les enfants à Fabrégas, et qui est italienne ; mais l’affluence est telle que, vers 7 heures, le commissaire renvoie tout le monde au lendemain.

Acheté aujourd’hui 12 kgs de pâtes alimentaires, qui, avec le riz, le vin de Banyuls et les confitures, constituent une réserve appréciable contre la famine.

 

Les textes sont retranscrits avec l'orthographe des documents originaux, les ratures ne sont pas mentionnées.
retour_haut_de_page
haut