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Lettre de Gilbert Bonnefoy, le 28 janvier 1915 - 267ii1-2

 

28 janvier 1915

En réponse à ce que tu me demandes voilà comment se fait le métier qui m’est attribué. Régulièrement nous devons être au moins à 1500m de la ligne et ne ramasser les blessés qu’au moment d’une accalmie ou de la cessation du combat. Mais où je me trouvais ce n’était sinon pas possible du moins pas facile à moins de laisser souffrir ou mourir les camarades.

Nous étions beaucoup plus à l’abri où nous étions, immédiatement derrière les lignes ou tranchées, dans des culots qu’à l’endroit que nous assigne le règlement du service de santé. Or l’attaque a été bien brusque et violente, étant suffisamment caché par le bois assez épais nous nous sommes lancés en avant dès que notre capitaine nous a averti qu’il y avait des blessés l’attaque commençant à 11h1/2 à peu près s’est terminée au grand jour par l’écrasement des Boches puisqu’on évalue à environ 500 morts de leur côté.

Il arrive tout de même qu’il y en ait des blessés parmi nous, soit qu’ils viennent avec les compagnies de renfort, soit qu’ils soient blessés

en faisant la bien triste besogne que nous faisons tous, cela ne nous empêche pas d’être traités de fricoteurs ou d’embusqués mais souvent par de bien tristes individus et quand on a conscience de faire son devoir comme il faut, on en rit.

 

Les textes sont retranscrits avec l'orthographe des documents originaux, les ratures ne sont pas mentionnées.
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