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Manuscrit autobiographique de Joseph Rossignol, 13 août 1915 - 1ii593

 

Retour dans la sape. On retrouve sa moiteur, son odeur, les bombardiers et leur tonnerre. Par-dessus les crêtes et les têtes les artilleries se chamaillent… Plantée de guingois dans un fil de fer tirebouchonné une bougie grésille…Albert est venu me trouver. Nous nous sommes rejetés un moment la corvée – quel triste mot ! – d’écrire à la famille de notre main la fatale lettre. Le fourrier nous a prié de le faire sachant l’affection qui nous unissait… Dans une encoignure, sur un dos de sac servant de pupitre j’ai écrit. Albert dictait des phrases indécises, courtes, des mots qui sortaient avec peine, maladroits… J’ai, nous avons bâclé la lettre, pressé d’en finir avec ces phrases qui ne cachaient rien… plus rien…

 

Les textes sont retranscrits avec l'orthographe des documents originaux, les ratures ne sont pas mentionnées.
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