Logo pour impression Journal de Joseph Rossignol, 21 avril 1917

Journal de Joseph Rossignol, 21 avril 1917 - 1ii593

 

21 avril.

Un abri vient d’être vidé de ses occupants, j’ai manqué d’un souffle d’être tué, ma musette et ce qu’elle contenait m’ont sauvé la vie, et dire que c’est dimanche ! Les gaz sont de la fête, il pleut de ces obus traitres et meurtriers. La plaine en forme de cuvette est jaunie par une nappe de gaz. Les minutes sont précieuses ! Nous sommes pris par le tir de flanc et de face § Les masques sont une torture

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Nous avons gardé le masque dix heures, certains ont cru devenir fous. Pichon voulait ôter le sien, avec Belin nous lui avons tenu de force sur le visage. Maintenant assommé, il râle, gémit ou dort. Il y a encore beaucoup de blessés et de gazés, mon dernier ami s’en va. Après Albert c’est Amphoux, me voici seul, et jusqu’au môme qui nous laisse. Qu’allons-nous devenir ? La Cie a déjà perdu 40% de son effectif.

 

Les textes sont retranscrits avec l'orthographe des documents originaux, les ratures ne sont pas mentionnées.
Dernière modification : 29/08/2016 17:15