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La porte des Archives : 17e siècle

 

Symbole de la continuité malgré les déménagements des Archives de Lyon, la porte des archives de la ville, magnifique porte de bois blindée de métal, munie de trois clefs qui fermaient au 17e siècle la salle des archives à l’Hôtel de Ville, est présentée dans le hall du bâtiment actuel des Archives. Cette porte, à la fois gardienne du trésor et moyen d’accès à la connaissance de l’histoire lyonnaise, accueille le visiteur dès son entrée.

La porte date de la construction de l’Hôtel de Ville dont la première pierre a été posée le 5 septembre 1646 par Camille de Neuville, abbé d’Ainay, futur archevêque, représentant le gouverneur de Lyon son frère, et Pierre de Sève, prévôt des marchands (maire). Le programme de construction de l’Hôtel de Ville, établi par Simon Maupin, architecte-voyer de la Ville, après consultation de Lemercier, premier architecte du roi (auteur de la Sorbonne et du Palais Royal) et du lyonnais Girard Desargues, mathématicien et architecte réputé, établi à Paris, intègre un espace réservé à la conservation des archives de la ville qui avaient souffert de leurs pérégrinations au cours des 15e et 16e siècles. C’est une vaste salle dans l’aile nord, voutée de pierre pour être à l’abri de l’eau et du feu, au premier étage pour éviter l’humidité et fermée par une porte à triple serrure pour limiter les risques d’incendie et de disparitions. La pièce est équipée d’armoires finement sculptées dans lesquelles sont rangés les documents.

La porte se compose de plateaux de chêne doublés de chaque côté d’une plaque de fer ornementée. Les trois clefs différentes sont toujours conservées aux Archives municipales ; à l’une d’entre elles est attaché avec une petite chaîne en fer un écusson en cuivre aux armes de la ville dont le revers est gravé : « une des clefz de la chambre à voulte où sont les papiers et titres de la ville ».

Au milieu du 19e siècle, l’Hôtel de Ville est complètement restauré et réaménagé par l’architecte Tony Desjardins ; ces travaux sont nécessaires pour deux raisons : l’état très dégradé du bâtiment, qui avait connu les troubles de la Révolution dont le bombardement de 1793, les mouvements insurrectionnels de 1831 et 1834, l’avènement agité de la Seconde République en 1848, mais aussi l’installation de l’administration préfectorale à l’Hôtel de Ville en 1858 (en raison du décret du 24 mars 1852 confiant les fonctions de maire au préfet). Il s’agit de loger les bureaux mais aussi les appartements de réception du préfet. Au début des années 1860, la salle des archives est alors transformée en salle à manger d’honneur, dénommée alors « salon des anciennes archives » ; une cheminée monumentale est aménagée, les boiseries des armoires sont transformées en lambris et la porte est démontée ! Les archives sont installées dans les combles. La porte est transportée au Palais des Arts (actuel musée des Beaux Arts) où elle est stockée au pied d’un escalier. Nettoyée dans les années 1874-1875, grâce à l’intervention de l’érudit Léopold Niepce, conseiller à la Cour de Lyon, elle revient à l’Hôtel de Ville pour être installée dans le « salon de lecture » des Archives.

La porte accompagne les Archives au palais Saint-Jean ; elle sera installée dans le couloir de l’Académie. Elle suit le transfert des Archives en 2001 du palais Saint-Jean à Perrache.

Dernière modification : 10/11/2011 16:57