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Bruno Paccard

Ma rencontre avec le Wabi-Sabi


En 2012, à Melbourne, en Australie, où j’exposais les «Mémoires d’ asphalte», un visiteur me révèle que mes photographies lui évoquent le wabi-sabi. J’ignorais tout du sujet et, à mon retour à Lyon, j’ai effectué des recherches sur ce concept et j’ai pris conscience qu’une partie de mon travail photographique s’inscrit bel et bien dans cet univers.

Indéniablement, mon goût pour les vieilles choses et les stigmates du temps émane de mon enfance. Enfant, dans mon appartement, sur le port de Nice, je me reposais les yeux à l’ombre, à regarder vibrer les vieilles choses révélées par les rais de lumière qui traversent les persiennes. Enfant solitaire, j’adorais passer le temps dans une pièce de la maison appelée «la chambre noire», un vrai capharnaüm. Plus tard, en 1963, mon intérêt pour la photographie s’est exprimé au travers des altérations du temps : visages ridés, vieilles portes au bois vermoulu ...

En 1968, à Lyon, une ville qui coïncide avec mon caractère mélancolique, tout a changé. J’y ai découvert le brouillard, une lumière différente, plus douce, la tristesse aussi, et l’intérêt des choses passées. Des ambiances qui ont dicté mes choix photographiques ultérieurs.

J’ai photographié l’homme et son univers, marqués par le temps, par les disparitions, par l’usure...
J’ai photographié les objets cédés à la nature par l’homme, parfois même englués dans l’asphalte. Je me suis intéressé à la décrépitude des anciennes publicités, aux salissures sur les murs, aux moisissures dans le marbre et enfin à l’ombre qui me passionne.

Depuis ma rencontre avec le wabi-sabi, le livre de Tanizaki Junichiro Eloge de l’ombre est un de mes livres de chevet.
Dernière modification : 20/08/2015 11:24