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Bugatti : Paris-Lyon en 4 h 50

 
 

La seconde affiche acquise par les Archives annonce en gros titre le trajet « Paris-Lyon en 4 H 50 en automotrice rapide Bugatti ». Imprimée en mai 1935 chez Chaix à Paris, l’éditeur des fameux  indicateurs de chemins de fer, elle représente un autorail profilé lancé à pleine vitesse. L’imprimerie Chaix, installée à Saint-Ouen, éditait également des dépliants publicitaires, des périodiques, des ouvrages et des affiches pour le compte des réseaux ferroviaires français, dont le PLM (Paris Lyon Marseille).
Le graphisme noir et bleu sur le fond crème de l’affiche est dynamique et se démarque des représentations ferroviaires à vapeur de l’époque. L’auteur de l’affiche est l’illustrateur Emile-André Schefer (1896 – 1942), connu dans le milieu des passionnés du rail et de l’automobile car il dessina quelques affiches, notamment la gamme des Renault Vivastella. Aquarelliste et lithographe, il est d’ailleurs surnommé le « peintre des machines » tant ses créations sont évocatrices des fortes impressions de vitesse et de puissance des locomotives mythiques, telles la « 240 P », la « Pacific P.O. », l’ « Hudson », etc. Illustrateur plusieurs fois sollicité par le réseau PLM, il était tout naturel pour lui de représenter les chevaux de Molsheim à l’assaut du rail.


Un TGV d’avant-guerre …

C’est la volonté des Chemins de fer français, cherchant à remplacer au début des années 1930 les trains à vapeur des lignes à faible trafic par des véhicules légers et performants qui incita quelques constructeurs à réaliser des automotrices à moteur thermique ; notamment Renault et surtout Michelin dont le nom, mis au féminin, est encore utilisé pour désigner les autorails en général.
Le célèbre créateur d’automobiles de prestige de Molsheim et passionné de chemin de fer, Ettore Bugatti, releva le défi et décida d’étudier un prototype d’autorail révolutionnaire à partir du moteur 8 cylindres de 200 chevaux de sa fameuse « Royale » qui ne se vendait pas.
Au printemps 1933, il présente au réseau de l’Etat un prototype poussé à 800 ch pour une masse en charge de 35 tonnes. Les premiers essais effectués sur la ligne Paris-Brest sont concluants puisque l’autorail atteint la vitesse de 166 km/h, avec une pointe à 172. Il sera mis en service sur la ligne Paris-Deauville-Trouville, soient 221 km parcourus en deux heures. En 1934, de nouveaux essais réalisés entre Conneré et Le Mans enregistrent une vitesse de 185 km/h de moyenne avec une pointe à 192, ce qui fait de Bugatti le recordman de la vitesse sur voie ferrée en France. La tenue de voie étant remarquable du fait du boggie à quatre essieux, inderraillable, la vitesse en service sera autorisée à 130 puis à 140 km/h sur les zones où la signalisation la rend possible.
En 1935, le réseau PLM pouvait assurer avec ses automotrices doubles de 400 chevaux une vitesse commerciale sans précédent sur la ligne Paris-Lyon en 4 h 49 à l’aller et 4 h 50 au retour, ce qui, compte tenu des arrêts, en faisait une moyenne à peine inférieure à celle des modernes trains électriques type « BB » du début des années 60 !
De 1933 à 1938, la marque alsacienne livrera 76 autorails de différents types aux réseaux Etat, PLM et AL.