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L'orfèvrerie religieuse

Les Archives municipales de Lyon ont fait restaurer des dessins provenant d’une célèbre maison d’orfèvrerie religieuse lyonnaise illustrée par les noms d’Armand-Calliat et d’Amédée Cateland, production qui s’étend du dernier quart du XIXe siècle aux années 1960.

L’arrivée du fonds

La Ville de Lyon a procédé à l’acquisition de ce fonds en 2001 et 2003. Sauvés de l’incendie des ateliers Amédée Cateland, les dessins que conservent les Archives municipales de Lyon ont connu une véritable odyssée. Endommagés par le feu puis l’eau qui fut déversée pour faire cesser le sinistre, ils furent ensuite entreposés dans des conditions précaires avant d’être proposés à la vente.
En 2005 et 2006, les Archives de Lyon confient à un prestataire le soin de restaurer les pièces les plus précieuses. L’opération est à ce jour terminée et l’atelier des Archives municipales va maintenant prendre le relais pour poursuivre en interne l’œuvre de restauration.
Ces dessins constituent le complément d’un fonds d’environ mille pièces de l’orfèvre Thomas Joseph Armand-Calliat et de ses successeurs, dont la Commission de Fourvière fit l'acquisition en 1983.



Les orfèvres

Aboutissement d’une longue succession d’orfèvres, le fonds des ateliers Armand-Calliat, puis Amédée Cateland témoigne de l’ancienneté de l’établissement. Si les dessins de ce fonds ne semblent pas remonter au-delà de la production de Thomas Joseph Armand-Calliat, on sait néanmoins que la maison d’origine a été fondée à Lyon en 1820 par François Calliat, beau-père de Thomas Joseph Armand. A la mort de celui-ci survenue en 1851, Thomas Joseph épouse Jeanne, fille et héritière de François Calliat et reprend l’affaire à son compte. Il porte désormais le nom d’Armand-Calliat. Son œuvre sera marquée par sa collaboration avec l’architecte Pierre Bossan.

Le fonds que les Archives municipales ont acquis regroupe plusieurs ensembles de pièces correspondant aux différentes raisons sociales qui se sont succédées à la tête de cette maison d’orfèvrerie religieuse.
 
- Thomas Joseph Armand-Calliat (Les Abrets, Isère 1822 – Lyon 1901, orfèvre de 1853 à 1901).
Ses dessins, peu nombreux, témoignent de sa profonde inspiration chrétienne et d’une symbolique extrêmement riche.
- Thomas Joseph et son fils Marie Joseph Armand-Calliat (1862-1939). Bernard Berthod, conservateur du musée de Fourvière, situe le tout début de leur collaboration en 1881. L’année 1891 est marquée par l’association officielle des deux artistes qui se poursuivra jusqu’au décès de Thomas Joseph en 1901.
- Marie Joseph Armand-Calliat. Celui-ci travaille seul de 1901 à 1920, année au cours de laquelle il s’assure de la collaboration de l’architecte et orfèvre Amédée Cateland (1876-1938). Il cède ses ateliers à ce dernier en 1924.
- Amédée Cateland. Architecte de formation et passionné d’archéologie et d’art religieux, il renouvelle l’orfèvrerie religieuse à Lyon par une production qui reflète l’influence de l’Art Déco.
- Ateliers Amédée Cateland. A la mort d’Amédée Cateland survenue en 1938, les ateliers qu’il a dirigés poursuivent jusqu’en 1967 l’œuvre de cet orfèvre.
Plus figée, la production de cette époque témoigne de l’art de l’entre-deux-guerres.



L’intérêt du fonds

Témoignage de l’évolution de l’expression stylistique sur près d’un siècle de production, ces dessins reflètent également les préoccupations pastorales et les motifs de dévotion de leur époque. Ils renseignent également sur les commanditaires dont l’origine géographique dépasse largement le simple cadre local.


L’ouverture du fonds au public

Les pièces de ce fonds ont fait l’objet d’un pré-classement en fonction des périodes de production. Une partie des pièces est datée ou signée, mais de nombreux dessins n’offrent aucun signalement en dehors d’une parenté de style. Les Archives devront donc affiner leur classement avec des spécialistes du domaine de l’orfèvrerie religieuse. L’ouverture du fonds au public pourra se faire après la dernière campagne de restauration qui sera confiée à l’atelier de restauration des Archives municipales et après l’inventaire définitif des dessins.


Dernière modification : 14/12/2012 11:03