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1944, la destruction des ponts de Lyon

 

Lyon, 1er et 2 septembre 1944 : l'armée allemande en déroute dynamite les ponts

Le pont de la Guillotière détruit en 1944

Peu endommagés par les bombardements alliés de mai 1944, les ponts de Lyon n’échappent pas à l’opération de dynamitage effectuée par l’armée allemande avant de quitter la ville … Tous les ponts sont touchés, à l’exception de trois ponts sur la Saône dont celui de l’Homme de la Roche défendu par des résistants. Pendant très longtemps seul point de liaison avec le Dauphiné, le plus ancien pont de Lyon sur le Rhône, le pont de la Guillotière, voit l’une de ses huit arches détruite. Successivement, l’armée allemande fait tomber les ponts du sud vers le nord et les artificiers doivent même recommencer l’opération pour le pont Wilson qui, plus solide, résiste au premier dynamitage. Sur la Saône, les ponts paient un tribut moins lourd : le viaduc de chemin de fer de Saint-Irénée et la passerelle Saint-Vincent sont épargnés, de même que le pont de l’Homme de la Roche, défendu par des résistants.

Afin de rétablir le franchissement des fleuves et d’assurer le passage de véhicules lourds, dès le 4 septembre, l’arche endommagée du pont de la Guillotière reçoit un assemblage métallique de 30 mètres (pont Bailey) tandis que l’armée américaine aménage un espace sur la partie intacte du viaduc SNCF de Perrache pour permettre sa traversée par des véhicules à moteur.

De la fin de l’année 1944 à 1950 s’organise une phase de reconstructions provisoires permettant le passage des piétons et de véhicules légers, suivie d’une phase de reconstructions définitives. Le pont de la Guillotière qui ne fut pas le plus touché par les destructions allemandes, fait en 1948, l’objet de travaux de renforcement sous la direction d’André Mogaray, ingénieur des Ponts et Chaussées chargé de la reconstruction des ponts de Lyon. Mais cela ne suffit pas : sa démolition motivée dans l’après-guerre par l’augmentation du trafic et la dangerosité de sa traversée par les piétons, est décidée.
Le 19 avril 1952 est inauguré un pont métallique provisoire en remplacement de l’ancien pont dont la destruction commence en décembre de la même année et en attente du nouvel ouvrage qui sera ouvert à la circulation automobile le 21 février 1958.

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1. Brèche ouverte par la destruction de la grande arche du pont de la Guillotière d’une portée de 31 mètres, tirage photographique dont le négatif servit à la confection d’un album photographique commémoratif commandité par le service immobilier, subdivision des services techniques de la Ville de Lyon. Cliché anonyme. Lyon, Archives municipales, 2 PH 2/21

2. Maquette de l’ancien pont de la Guillotière démoli vers 1952, maquette en bois réalisée vers 1960 par le menuisier Joseph Marguenda, meilleur ouvrier de France. Lyon, Archives municipales, 146 II

3. Nouveau pont de la Guillotière, vue prise du quai Claude-Bernard vers 1970, cliché E. Poix ou E . Pernet, négatif sur film souple. Lyon, Archives municipales, 8 PH 1705