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1832, le choléra

 

Vers 1826, la deuxième pandémie connue de choléra asiatique fait son apparition aux Indes, gagne Moscou en 1830, Berlin en 1831 pour finalement atteindre les îles Britanniques et la France en 1832.
Les premiers cholériques français sont localisés dans les départements de la Seine et du Pas-de-Calais.

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La maladie se répand par la suite comme une traînée de poudre aux départements de l'Aisne et de l'Yonne, puis à tout le Bassin Parisien, à la Normandie et aux Ardennes. Elle arrivera un peu plus tard en Poitou, en Bretagne et dans la vallée du Rhône.

A Paris le premier cas de choléra est attesté le 26 mars et l'épidémie y fait près de 20 000 victimes en six mois, et autant à Marseille. Le département de Seine-et-Marne, par exemple, perd 2,5 % de sa population entre avril et septembre 1832.

Les différentes Histoires de Lyon ne font guère mention de cette épidémie qui menace la ville en 1832.
Certaines évoquent que «… la ville de Lyon a pu échapper aux grandes épidémies de choléra en raison de la surveillance policière et militaire qui s’y exerce depuis l’émeute de 1831…» (André Latreille, "Histoire de Lyon et du Lyonnais").

Pour autant, l’alerte est rapidement donnée, puisque Gabriel Prunelle prend les premières dispositions dès le début du mois d’avril et demande à l’archevêque de les annoncer en chaire. Ce dernier ordonne dans la foulée des prières publiques.
Dans les mesures préconisées, on va retrouver pêle-mêle : la mise au propre des appartements, l’importance de la luminosité, de l’hygiène corporelle, mais aussi le fait de ne pas boire de boissons alcoolisées en dehors des heures des repas ou le fait de continuer à boire du café uniquement pour «…ceux qui en ont pris l’habitude et dont l’estomac a besoin de cet excitant».

Malgré toutes ces mesures, la population s’inquiète rapidement, du fait notamment des rumeurs circulant sur les empoisonnements des eaux et des aliments, comme en témoigne l’affiche du 6 avril 1832, dans laquelle Prunelle s’indigne de ces croyances : « … on a peine à croire que la malveillance ait pu provoquer des émeutes dans la Capitale, en persuadant, à des hommes ignorans et crédules, que les vins étaient altérés, que les fontaines étaient empoisonnées !!! Sous tous les gouvernemens possibles de semblables suppositions seraient absurdes… ».

Avec la fin du printemps et le faible nombre de cas déclarés, l'inquiétude retombe.

C’est durant l’automne 1832 qu’un petit groupe de catholiques lyonnais souhaite la réalisation d’un monument votif pour remercier Notre Dame de Fourvière de sa protection.
Ce monument prend la forme d’un tableau commandé au peintre Victor Orsel en 1833 s’intitulant « Lyon sauvé du Choléra ». Il ne sera livré qu’en 1852 et installé d’abord à Saint-Jean avant d’être transféré en 1892 à Notre-Dame-de-Fourvière.

Dernière modification : 22/05/2014 09:48