Logo pour impression Introduction

 
 

Lyon sort de la guerre et rentre dans le giron royal

Gravure due au peintre Perissin représentant l’entrée du roi dans Matthieu (Pierre) L'entrée de très grand, très chrestien, très magnanime et victorieux prince, Henry IIII, roy de France et de Navarre, en sa bonne ville de Lyon le IIII septembre l'an M.D.XCV, de son règne le VII, de son age le XLII, contenant l'ordre et la description des magnificences dressées pour ceste occasion par l'ordonnance de Messieurs les Consuls et eschevins de ladite ville. Lyon, Pierre Michel, 1595.
1 C 500117 Res

Dans le dernier tiers du 16e siècle, Lyon est au cœur des guerres de Religion qui voient s’affronter catholiques et protestants, dans un contexte d’affaiblissement du pouvoir royal et de la question de la succession. En effet, en 1584, l’enjeu est grave : le dernier frère du roi Henri III vient de mourir sans enfant, le roi lui-même n’en a pas et le successeur légitime à la couronne est un lointain cousin, Henri, roi de Navarre, calviniste et chef du parti protestant, qui pourrait imposer sa religion à l’ensemble du royaume. Les milieux catholiques les plus radicaux s’organisent alors un peu partout, et notamment à Lyon.

En février 1589, Lyon décide de ne plus reconnaître Henri III et adhère pleinement à la Ligue qui s’était organisée autour de Henri de Guise dit « le Balafré », quand ce dernier, qui pour beaucoup était le protecteur de la vraie foi, est tué sur les ordres du roi de France Henri III. La ville vit au rythme de l’engagement catholique : processions, messes, mais aussi défense des murailles, peur de l’assaut ennemi et endettement considérable de l’hôtel de ville pour subvenir aux frais de guerre.

Le retour de la Ville dans le giron royal se fait en plusieurs étapes. A la fin septembre 1593, les Lyonnais se révoltent contre leur gouverneur ligueur en raison de ses exigences militaires et financières, tout en demeurant fidèles à la Ligue, au nom de l’intransigeance catholique. Henri IV n’est toujours pas reconnu comme leur souverain légitime. Mais au début du mois de février 1594, alors qu’Henri IV s’est converti au catholicisme en juillet 1593, les « royaux », catholiques modérés ou anciens ligueurs lassés de la guerre, dressent de nouvelles barricades et imposent un basculement de la ville en faveur de Henri IV.

1594 : le retour à la paix

L’armée du roi de France, conduite par Alphonse d’Ornano, fait son entrée dans Lyon entre le 9 et le 10 février, et reçoit la soumission de la ville à Henri IV.
Pour le roi alors dans le nord du royaume, la nouvelle de cette « réduction de Lyon » est l’occasion d’ordonner la célébration d’un Te Deum, cérémonie d’action de grâce pour cet heureux événement, obtenu à peu de frais.
L’édit de réduction de la ville, forme officielle de réconciliation entre la ville et son souverain, est arrêté en mai 1594.
Le culte protestant est alors interdit à Lyon, le roi s’engage à ne plus construire de citadelle dans la cité et à limiter la présence des Suisses. Tous les actes commis au temps de la Ligue sont pardonnés et les privilèges de la ville confirmés. Le processus de pacification ne fait que commencer et la ville demeure sous tension tout au long de l’année.

1
1
2
2
3
3
4
4
5
5

1.
Lettre de Henri IV aux échevins lyonnais à l’occasion de la reddition de la ville, datée de Chartres 20 février 1594.
AA 24, pièce 58  > transcription

2.3.4.
Procès-verbal de la « réduction » de la Ville de Lyon du 7 février 1594 enregistré dans la délibération du consulat le 9 février.
BB 131, fol. 20-22
> pour lire le document en entier, voir « Archives en ligne », BB 131, images 20 à 22

5.
Lettre de Henri IV approuvant les irrégularités commises par les Lyonnais en matière d’élections consulaires, 10 mai 1594.
Validation des révocations et des nominations de 7 consuls au moment de la réduction de la Ville en l’obéissance du roi qui s’accompagne de celle de toutes les actions des consuls, ligueurs ou non accomplies « pour le se cours de la ville ». Formule miséricordieuse mais l’édit de 1595 allait montrer que le respect pour les libertés de Lyon qu’affichait le roi dans cette lettre n’était que provisoire.
BB 379, p. 18

1595 : le retour à l'ordre royal

Pour sortir d’un rapport strictement militaire avec la ville, Henri IV décide d’envoyer en 1595 un des principaux personnages de son conseil, Pomponne de Bellièvre, très connu à Lyon depuis les années 1560 et chargé sous Henri IV de la superintendance des finances du royaume. Il arrive à Lyon avec tout pouvoir en matière de police et justice, sa mission étant de remettre un peu d’ordre au sein d’une société divisée par plusieurs décennies de conflit, par voie juridique et légale. Il assainit et réorganise les péages de la ville, il suggère la réforme des institutions municipales que sera l’Edit de Chauny, il annule tous les règlements ligueurs pris depuis 1589 et entend les plaintes des différentes parties impliquées dans la guerre. Bellièvre en raison de ses fonctions parisiennes ne reste pas à Lyon au-delà de 1596. Le roi continue pourtant de promouvoir des hommes de paix pour continuer d’apaiser les vieilles querelles.

Dernière modification : 14/12/2012 10:56