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Petites histoires des taxis lyonnais

 

Se déplacer d’un point à un autre sans avoir à chercher l’adresse et en payant une prestation ?

Fiacres, voitures de place hippomobiles, voitures de place automobiles, autos de place, autotaxis, taxis, Uber….
Voici, sur ces deux derniers siècles, les différentes dénominations de ces moyens de locomotion, qui permettent à l’homme de se déplacer et d’arriver sans se fatiguer, sans se perdre sur des territoires qui lui sont inconnus.

Mais avant d’embarquer pour une nouvelle destination, encore faut-il avoir confiance en celui qui sera maître du voyage.

Or, saviez-vous que la profession de chauffeur de taxis est très réglementée ?

En effet, ce sont principalement trois aspects du métier qui sont soumis à contrôle :

- le territoire : choix de zones de stationnement,

- le métier : connaissance du territoire, avec un concours obligatoire pour passer le permis de conduire un taxi, incluant une connaissance parfaite du nom des rues.

- le prix de la prestation : le tarif doit être appliqué en fonction de la catégorie du véhicule.

 
 

A Lyon, le contrôle des taxis a longtemps été exercé par les services municipaux. 
C’est pourquoi les Archives municipales conservent une documentation abondante sur le sujet. Les services veillaient à l’application de la réglementation et à la gestion des chauffeurs, ils publiaient des arrêtés et rassemblaient les textes réglementaires. Parallèlement, les Archives municipales ont constitué des dossiers d’articles de la presse lyonnaise sur les mouvements syndicaux et les changements de réglementation. C’est ainsi que se sont constitués les fonds maintenant accessibles aux chercheurs.

Dans les archives des services, le contrôle des chauffeurs de taxis a donné lieu, à Lyon, à plusieurs types de documents, dont un fichier de suivi des chauffeurs de taxis.

Ce fichier, constitué de plusieurs versements d’archives (cotes 983 WP, 2619 WP) est unique en son genre par sa longévité : il débute en effet à la naissance du XXe siècle et vient de se terminer en 2016, au moment où la compétence va rejoindre les missions de la nouvelle Métropole.

Il est composé de fiches nominatives cartonnées, avec, sur le recto : photographie d’identité, nom, prénom du chauffeur, n° de chauffeur, dates d’examen et du permis de conduire, et une rubrique « punitions » rarement renseignée, puis, sur le verso : renseignements concernant l’état civil du chauffeur ainsi que son lieu de naissance.

Des fiches que l’administration municipale a continué de créer jusqu’à maintenant en parallèle, pour les dernières années, d’une application informatisée.

Des fiches qui auraient pu, dans le cadre de la réglementation des archives, faire l’objet de tri et d’élimination, mais que les Archives municipales de Lyon ont choisi de conserver pour leur intérêt généalogique et biographique. Les photographies des tout premiers cochers ou chauffeurs recensés, souvent nés dans les années 1880, sont peut-être les seules les concernant : il est émouvant de penser que leurs descendants n’en ont sans doute pas connaissance alors que de nombreux chauffeurs étaient alors des immigrants, de Russie, de Perse ou d’Italie ou des ruraux venus travailler en ville.

Dans la bibliothèque des Archives, les articles de presse de 1913, sélectionnés sur le sujet (cote 3 CP 202, rubrique 6 O 53) sont particulièrement riches sur le passage de la traction animale à la traction automobile : le territoire a dû s’adapter, la corporation se renforcer avec les revendications de ses syndicats, la commune revoir ses règlements, afin que, comme le titre le Progrès du 24 août 1913 « l’intérêt du Public [puisse] coïncider avec l’intérêt des Chauffeurs ».

Ces réflexions sur le changement technologique gardent leur pertinence aujourd’hui.


 
 

Tous les documents sont consultables en salle de lecture des Archives, sous réserve d’un délai de communicabilité de 50 ans pour le fichier des chauffeurs de taxis.