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100 ans dans l’ombre...
1 jour dans la lumière...

 
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Ma rencontre avec les Mains

J’ai grandi dans une famille nombreuse. Nous vivions alors dans la même promiscuité que des sardines en boîte. L’odeur en moins. Mais rapidement j’ai été séparée de mes sœurs. J’ai le souvenir que des Mains malhabiles me tripotent dans tous les sens, me tournent, me retournent, me plient, me déplient, me replient, à l’endroit, à l’envers. Assez ! Je suis fatiguée aux plis, moi… Enfin elles trouvent le bon sens : j’ai mon apparence définitive !


Les Mains me trouvaient donc un intérêt !

Les Mains m’ont nourrie. Encore et encore. Jusqu’à me gaver comme une oie. De dossiers, de papiers, d’agrafes. De trombones, de chemises en plastique et d’élastiques aussi. Beurk, je ne digère pas ça, moi, les trombones !!! Puis elles m’ont collé une étiquette sur le nez comme on met des boucles aux oreilles des bovins. Enfin elles m’ont posée dans un coin, aussi tranquillement qu’on pose un nouveau-né dans son berceau. En plus silencieux. Avec l’assurance qu’il ne bougera pas de place. Il fait un peu frais. L’endroit est sombre aussi. Mais j’y retrouve ma famille. Ouf !


Choisie pour ce que je suis

J’ai toujours eu ce qu’on appelle un physique ingrat. Visage anguleux, peau sèche, teint blafard, absence totale de grâce, silhouette massive. Mes mensurations ne font rêver personne : contrairement à certaines de mes sœurs, plus minces, je suis presque aussi haute que large. Que voulez-vous, on ne choisit pas… Mon caractère n’est pas plus attirant. Mystérieuse et réservée, je suis peu loquace. J’en viens même à penser parfois que je suis en réalité transparente… Les Mains m’ont pourtant choisie pour ce que je suis !


Le 14 juillet et le carnaval de Rio à la fois

Mais ne vous fiez pas aux apparences ! Ma véritable beauté est intérieure. Celui qui aura le courage d’aller au-delà des préjugés pourra alors découvrir mes richesses et mes secrets. Et cela me permettra aussi de quitter cette pièce où nous sommes condamnées au silence et à la réclusion. Les plus séduisantes d’entre nous sortent souvent. Elles servent à quelque chose, elles ! Une fois, une seule fois, j’ai eu la chance de voir la lumière du jour. J’en garde un de ces souvenirs ! « Une Main -tiens, je ne la connais pas celle-ci- s’approche de mon trou de préhension. Je retiens mon souffle... Je m’imagine concubine dans la Chine impériale… Vais-je être l’élue du jour ? La Main hésite… Elle me choisit ! Ouiiiiiiiii !!!!!!!! »

Je suis une boîte d’archives et la Ville de Lyon en consomme plus de 7000 chaque année