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Portrait de lecteur :
Cyrille Ducourthial

 
Cyril Ducourthial
 

Entretien avec Cyrille Ducourthial, archéologue

Pourquoi vous trouvez-vous aujourd’hui dans une salle de lecture des Archives ?

Le service archéologique de la Ville de Lyon mène, en lien avec les chantiers dont il est chargé, des recherches dans les fonds d’archives et de bibliothèque destinées à retracer l’histoire des parcelles fouillées et à faciliter l’interprétation des vestiges exhumés. Ce travail fournit par ailleurs des données historiques complémentaires que les seules opérations de terrain ne sont pas en mesure d’apporter.

Aujourd’hui, je m’attache plus particulièrement à retracer l’histoire de la maison de la Chèvre : une dépendance de l’Hôtel-Dieu située dans l’angle nord-ouest de l’enclos de l’hôpital, au bord de la rue qui conduisait au Puits Pelu (l’actuelle rue Marcel Gabriel Rivière).

Quel document/fonds d’archives avez-vous consulté aujourd’hui ?

J’ai d’abord consulté la liasse de documents relatifs à cette maison, qui est conservée dans le fonds d’archives de l’Hôtel-Dieu (série B). Elle rassemble les titres de propriété de cet édifice antérieurs à son retour définitif dans le patrimoine de l’hôpital. Le plus ancien document date de 1396 : il s’agit de la vente des droits que la veuve de Guillermet Syrat possédait sur la maison de la Chèvre, en vertu du bail emphytéotique qui avait été accordé à son défunt mari par le recteur de l’Hôtel Dieu, alors sous l’administration de l’abbaye de la Chassagne.

J’ai aussi dépouillé des documents émanant de la comptabilité municipale (série CC) traitant de la démolition en 1513 des étuves que la maison abritait, « bourdeau » notoire et scène d’un meurtre récent.

Quels sont d’après vous les points forts et les points faibles des Archives ?

J’apprécie la disponibilité du personnel et le calme et la fraîcheur de la salle de consultation, propice à la concentration.

Les points faibles ? Les inventaires des archives ne sont malheureusement pas tous au même niveau de détail et de description. On ne peut qu’espérer qu’ils aient un jour la même précision que l’inventaire des archives municipales réalisé au XVIIIe siècle par Marc-Antoine Chappe ou que celui des archives de la Charité rédigé par A. Steyert et F. Rolle à la fin du XIXe siècle.

Pour préparer sa venue, il serait utile que la base de données MNESYS soit interrogeable à distance.

Quel(s) conseil(s) de recherches donneriez-vous aux autres lecteurs des Archives ?

Il ne faut pas se laisser décourager par la lecture des écritures anciennes, qui requiert de la patience et de la persévérance. En s’y prenant à plusieurs reprises, on parvient généralement à combler les lacunes de ses transcriptions ; et avec un peu d’expérience, cela ne pose plus de difficultés.

Il ne faut pas tout miser sur la recherche par la base de données, mais plutôt essayer de comprendre la logique de classement des fonds d’archives et donc penser à se reporter aux inventaires… quand ils existent !

Quel est le document le plus intéressant/ le plus beau que vous ayez jamais découvert aux Archives ?

Il pourrait y en avoir plein…

Dernièrement, j’ai découvert au sein des pièces justificatives des comptes de l’Hôtel-Dieu, un lot de suppliques de la fin du XVIe siècle, adressées par des malades syphilitiques à l’Hôtel Dieu en vue de faciliter leur prise en charge : des témoignages émouvants sur des vies misérables.