Logo pour impression Autour de l’œuvre de Tony Garnier (épisode 1)

Autour de l’œuvre de Tony Garnier (épisode 1)

« Construire un hôpital, c’est de l’assistance ; construire un stade, c’est de la prévoyance »

2019 est l’année Tony Garnier à Lyon.
L’architecte y est né en 1869 et a réalisé la plupart de ses œuvres les plus importantes dans notre ville.
A cette occasion, les AML proposeront, à l’automne, une grande exposition autour de ce précurseur de l’urbanisme contemporain.

Les AML disposent de très nombreux fonds concernant les travaux de Tony Garnier. Contrairement à d’autres architectes, celui-ci n’a pas laissé de fonds d’archives constitué, mais la ville de Lyon garde trace de ses œuvres. En effet, elle a été commanditaire d’un grand nombre d’entre elles ou (dans quelques cas), elle a instruit le dossier de permis de construire correspondant au projet. C’est pourquoi, les dossiers sont relativement éclatés entre différents fonds d’archives, mais il est possible d’en restituer la logique. Tel a été l’objet d’un travail de recensement des sources disponibles, lancé en 2018, et qui paraîtra sous forme numérique cette année.

Pour donner un avant-goût de cette entreprise, chaque édition de la lettre d’information présentera un document, pris dans les fonds des AML. Comme les beaux jours approchent, un équipement sportif s’impose pour celle du mois de mai !

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« Le portique du stade » : vue en perspective tirée de la planche 17 des Grands travaux de la ville de Lyon. Archives municipales de Lyon, fonds Jean-Baptise Larrivé (176II/2) 

Mens sana in corpore sano : devant le Conseil municipal du 13 octobre 1913, Edouard Herriot réactualise cette maxime antique : « Construire un hôpital, dit-il, c’est de l’assistance ; construire un stade, c’est de la prévoyance. » Après avoir fait approuver le principe de la construction d’un stade à Gerland, il confie à Tony Garnier, sans concours, la conception de ce nouvel équipement, dans l’espoir d’une livraison au moment de l’Exposition internationale urbaine de 1914.

Tony Garnier produit des plans très rapidement, mais l’objectif d’une livraison au printemps 1914 est abandonné très vite, au profit d’une réalisation échelonnée dans le temps. Ainsi, les travaux commencent en 1914 pour s’achever en 1929, trois ans après l’inauguration par le maire de Lyon.

Le projet de bassin nautique intervient tardivement dans l’entreprise. En 1913, un bassin pour les athlètes est bien prévu, mais ce n’est qu’en 1928 qu’une piscine ouverte au public est demandée par Herriot à Tony Garnier. Celle-ci est construite de 1931 à 1936.

Tony Garnier n’écrit pas beaucoup, mais dessine volontiers, et ses dessins sont très évocateurs. Le projet est pour l’architecte l’occasion d’exploiter ses talents techniques et artistiques. L’architecte adopte une certaine économie de moyens et des matériaux contemporains – béton et pisé de mâchefer en particulier – ; il réussit pourtant à faire sentir la présence de l’antiquité et du monde méditerranéen, et, ce faisant, les origines de l’olympisme.

Le stade de Gerland devient ainsi le premier stade permanent de France, loué à la fois par Edouard Herriot et Pierre de Coubertin, sans pour autant suffire à faire de Lyon une ville olympique.

Dernière modification : 09/05/2019 16:02