FRAGILE MEMOIRE

Catalogue illustré des clichés sur verre
(sous séries 3Ph, 10Ph, 15Ph & 38 Ph)

INTRODUCTION

La photographie qui sert à tout
(les albums de famille avec l'enfance
à tous les âges, l'inventaire des chefs-d'oeuvre
et des objets volés, les cartes postales
et les vues aériennes, les archives
des asiles et des commissariats...)
donne l'idée d'une faillite ou d'une liquidation,
d'un inventaire après décès.

GÉRARD MACÉ

Avec le présent catalogue des clichés sur verre de leurs fonds, les Archives municipales publient un premier instrument de recherche entièrement consacré aux documents iconographiques. On sait la faveur, aujourd'hui, de ce type de document auprès des historiens et du public en général. Tous ont appris à les utiliser pour eux-mêmes et non plus seulement de façon platement illustrative. Par ailleurs, les frais de reproduction et d'impression ayant nettement diminué au cours des dernières décennies, les Archives doivent désormais faire face à une demande accrue d'images du passé. Nous sommes même devenus des pourvoyeurs d'iconographie pour un public qui ne prendra pas le temps de faire des recherches en archives et ne nous connaîtra pas autrement.
Dans l'esprit qui a présidé, il y quelques années à la création du vidéodisque Vidéralp(1), les Archives municipales ont donc décidé de mettre à disposition du public leur richesse iconographique par le truchement d'une description sommaire et d'une reproduction intégrale. Cette solution, pour coûteuse qu'elle soit, est la seule vraiment satisfaisante du point de vue de la recherche et de la conservation, aucune description ne pouvant remplacer la reproduction d'une image, même au format vignette. L'ensemble des documents signalés et reproduits ici est formé par les quelque 2221 clichés sur verre qui viennent d'être numérisés et qui, de ce fait, peuvent désormais être proposés à la consultation.
On s'étonnera de trouver dans cet ensemble une cinquantaine de négatifs sur film souple. Nous avons choisi de ne pas les écarter de ce catalogue, d'une part pour ne pas créer des solutions de continuité dans le classement numérique, d'autre part et, surtout, dans le souci de ne pas couper des reportages déjà classés. Au lendemain de la seconde Guerre mondiale, il arrive aux photographes d'utiliser conjointement des plaques de verre et des plans films. Tel est le cas des vues montrant l'hôpital militaire Desgenettes, à la date du 2 février 1948, où se trouve un cliché sur verre parmi quatre clichés sur film (3 Ph 251-255).
Cette remarque sur les supports nous conduit à dire un mot des procédés utilisés. Les plaques les plus anciennes (travaux du Second Empire, inondations de 1856, panorama de Lyon d'Armbruster) ont été obtenues par le procédé du collodion humide. Les autres sont des plaques au gélatino-bromure d'argent.
Ce type d'instrument de recherche, le catalogue illustré, ne prétend pas se substituer aux répertoires en cours de rédaction des fonds concernés. Étant donné, toutefois, les contraintes du plan d'avancement des travaux de classement et d'inventaire des archives municipales de Lyon, il a paru utile de publier, dans l'attente, la totalité de ces photographies tout en les réinscrivant globalement dans leur contexte institutionnel. En attirant l'attention des chercheurs sur ces documents, ce catalogue favorisera, nous l'espérons, les rectifications et les précisions complémentaires.

Les fonds photographiques aux archives municipales de Lyon

Les Archives municipales conservent quelque deux cent cinquante mille documents photographiques dont les plus anciens remontent au milieu du siècle dernier. Parmi les plus récents, on se contentera de mentionner ceux qui résultent de l'activité ordinaire du photographe des Archives municipales, fonctionnaire bien isolé, à qui il revient pourtant de fixer sur la pellicule rien moins que les événements et les changements du paysage urbain lyonnais.
Les fonds photographiques versés depuis 1983 par l'administration municipale sont classés et cotés en continu dans la série réglementaire W comme tout autre versement.
Ceux qui ont été versés avant cette date, ont été cotés dans une série propre aux archives municipales de Lyon, la série Ph, qui sert également au classement des fonds photographiques d'origine non administrative (acquisitions par voies extraordinaires).
Parmi les fonds photographiques entrés par achat ou par don, il convient de citer celui, riche en vues des quartiers anciens de Lyon, du photographe Edmond Pernet qui succéda à son beau-père E. Poix (sous-série 8 Ph) ; celui, encore, des Studios villeurbannais, maison de photographie industrielle qui effectua, depuis la fin de la seconde Guerre mondiale, des reportages sur nombre de grands chantiers publics de Lyon et de la région Rhône-Alpes (sous-série 9 Ph). Comme quelques autres fonds photographiques de moindre importance, chacun de ces deux grands fonds contient des clichés sur verre. Pour ne pas alourdir davantage l'épaisseur de ce catalogue, il a été décidé de les réserver pour un deuxième tome à paraître ultérieurement.
Les quatre sous-séries concernées par ce premier volume, 3 Ph, 10 Ph, 15 Ph et 38 Ph, n'en constituent pas moins l'essentiel des documents anciens de nos fonds photographiques.

L'instrument de recherche

Les clichés sur verre répertoriés sont issus de quatre fonds distincts et cotés comme tels. Trois de ces fonds contiennent également des clichés sur film souple et des épreuves. Par ailleurs, seuls deux d'entre eux peuvent être considérés comme clos.
Le présent instrument de recherche s'apparente donc à un catalogue intersériel pour lequel le critère retenu serait celui du support des documents (cliché sur verre). Ce critère présente l'avantage d'isoler les documents les plus anciens et les plus précieux des fonds concernés. Comme beaucoup de ces clichés sont connus par des épreuves ou par des reproductions, la publication des négatifs originaux permet de dissiper un certain nombre d'erreurs au sujet de leur auteur respectif et des circonstances qui ont présidé à leur confection. Ainsi en est-il des clichés des inondations de Lyon, en 1856, faussement attribués au photographe commercial Jules Sylvestre, qui les a effectivement reproduits et diffusés en cartes postales, alors que la paternité en revient au photographe Louis Froissart à qui l'administration les a commandés. A ce titre, le catalogue illustré que nous proposons, est autant un travail d'édition de documents qu'un instrument de recherche.
Toutefois, devant la masse documentaire traitée, il n'était pas envisageable d'en établir le catalogue raisonné avec discussion des attributions, des identifications et des dates, ni de rappeller les conditions institutionnelles précises de la confection de ces images. Pareille entreprise exigerait, au préalable, une bonne connaissance des fonds d'archives versés par les administrations qui ont commandé ces clichés. Or ces fonds sont en cours de traitement. Quelques sondages ont fait apparaître, comme l'on pouvait s'y attendre, une similitude de contenu entre tel dossier de pièces écrites ou de plans et telle suite de clichés. Dans de rares cas, même, nous avons pu retrouver les documents préliminaires à la décision de commande de clichés. Afin de justifier nos identifications ou attributions, nous avons eu soin de signaler pour chaque cliché, non seulement les anciennes mentions d'inventaires des administrations versantes ou des collections, mais encore les éventuelles épreuves conservées. Bien souvent, en effet, ces épreuves qui correspondent à des tirages d'époque, sont annotées au verso. Nous donnons également les cotes des contretypes effectués par le photographe des Archives municipales pour les demandes de reproduction à venir. Tous ces renvois d'orientation ont été compilés dans les tables de concordance finales.
L'instrument est divisé en deux parties distinctes : les illustrations, d'une part, et les notices descriptives, d'autre part.
Les illustrations viennent en tête, l'expérience enseignant que la recherche se fait directement dans les cahiers d'illustrations plutôt qu'en compulsant les notices descriptives. Cette présentation méthodique ou raisonnée de l'illustration pallie les incohérences du classement et de la cotation, mais dans le strict respect de l'origine des fonds. On a fait une exception à l'égard des sous-séries 3 Ph et 15 Ph pour les raisons qu'on expliquera plus loin. La première partie devrait également faciliter la comparaison entre des images de même contenu ou de contenus voisins.
Des titres détaillés guident la consultation. Sous l'image apparaissent un numéro d'ordre et la cote du document reproduit, laquelle permet de se reporter à la notice descriptive si l'on souhaite avoir des informations précises sur la localisation ou l'action représentée.
A l'inverse, l'ordre suivi pour les notices descriptives est la succession numérique des cotes. Cette présentation qui n'a pas l'intérêt heuristique de la présentation méthodique adoptée pour les illustrations, a été préférée ici à dessein de relativiser, en quelque sorte, les regroupements qui ont pu être faits dans la première partie. S'il ne peut être qualifié de subjectif, le classement méthodique des illustrations obéit à des critères qui sont suceptibles d'évoluer à la lumière d'études critiques. Il importe que le lecteur puisse éprouver le caractère ténu, voire risqué, de certains rapprochements. Par ailleurs, les notices descriptives servent moins à rendre compte du contenu (exigence que satisfait l'illustration) qu'à, d'une part, identifier lieux, personnes et actions, d'autre part, rappeler les intentions de l'administration qui a commandé ces photographies. Nous avons limité les renvois bibliographiques à une utilisation contemporaine de la confection du cliché.
Tous les termes indexés et repris dans l'index général ne sont pas forcément justifiés dans les notices descriptives. Il en est ainsi des bâtiments qui ne sont pas le motif principal de la photographie (notamment les ponts dans certaines vues urbaines), des ouvriers de chantier, des enseignes remarquables, etc. L'observation de l'image suffit à lever l'embarras que fait naître ce parti. Si les localisations sont identifiées selon les dénominations de l'époque, avec correspondance actuelle entre parenthèses, les renvois de l'index sont faits aux seuls arrondissements actuels. L'indexation a été conçue, par ailleurs, d'un point de vue généraliste : il est bien certain que nous n'avons pas les compétences pour rendre compte des données techniques de vues aussi diverses que l'hydraulique d'une piscine, la réalisation d'un égout, le drainage des balmes, etc. De même, nous ne pouvons que décevoir les spécialistes des transports qui utiliseront notre indexation de type encyclopédique. Un fonds comme celui de la Société lyonnaise de transports en commun appelle de toute évidence un thesaurus spécialisé.

Contenu des sous-séries concernées

Sous-séries 3 Ph et 15 Ph

Les sous-séries 3 Ph et 15 Ph sont composées pour l'essentiel de documents qui ont la même provenance, soit le versement effectué le 8 novembre 1968 par les services techniques de la Ville. " Un lot important de photographies de Lyon ", telle est la mention portée à cette date sur le registre des versements administratifs. A leur arrivée aux Archives, ces documents ont été classés dans trois sous-séries, créées pour l'occasion : la sous-série 1 Ph (épreuves papier isolées et petites suites, quelles que soient leurs formats), la sous-série 2 Ph (grandes suites et albums) et la sous-série 3 Ph (réservée en principe aux clichés sur verre). M. Henri Hours, archiviste honoraire, a classé et rédigé l'inventaire analytique manuscrit de ces trois sous-séries dès l'entrée du versement de 1968 aux Archives municipales. Ces trois sous-séries ouvertes ont été enrichies par la suite comme de véritables collections. En 1993, il a été décidé de consacrer la sous-série 3 Ph aux clichés sur verre entrés par voies extraordinaires. Pour s'épargner les inconvénients de la recotation, cette réorganisation n'est pas rétrospective. On y classe désormais les acquisitions isolées, du moins inférieures à dix documents. Toute acquisition supérieure à dix documents de même provenance entraîne l'ouverture d'une sous-série particulière. Dans le même temps, les Archives municipales ont créé la sous-série 15 Ph pour y coter les clichés issus du versement de 1968 qui restaient en attente de classement.
Le versement des Services techniques de 1968 était, en fait, d'origine multiple. On peut y reconnaître plusieurs ensembles bien identifiables que nous allons passer en revue dans l'ordre chronologique.

Travaux du Second Empire et inondation de 1856 (3 Ph 440-444, 3 Ph 564-569, 3 Ph 585-589, 3 Ph 592-613, 3 Ph 616-632, 15 Ph 1/441-457, 15 Ph 1/619, 15 Ph 1/625, 15 Ph 1/958-959, 15 Ph 1/961-963)

C'est le fonds primitif des clichés commandés ou réunis par le Service des plans. Il correspond à l'activité de Louis Froissart, " photographe du Service municipal " (titre qu'il convient plutôt d'interpréter dans le sens de " prestataire privilégié du Service de la Voirie "). Ces documents montrent les travaux d'urbanisme du Second Empire et les inondations de 1856. A cette époque, le saint-simonien Joseph Gustave Bonnet règne sur le Service municipal où il introduit les méthodes des Ponts et Chaussées.
Il faudra bien consacrer, un jour, une étude à Froissart, dont l'oeuvre n'a certes pas l'abondance et la force plastique de celles de ses homologues parisiens, Marville ou Atget, mais à laquelle le caractère institutionnel confère une rigueur intéressante. La chronique lyonnaise et la littérature spécialisée sont à peu près muettes à son sujet. Il naît à Lyon, le 29 octobre 1815. Son père est chapelier rue des Quatre-Chapeaux (2). On le retrouve installé comme photographe professionnel au n° 22 de la rue Mercière avec le titre, qui est plus une recommandation, de " Photographe du Service municipal ". La correspondance administrative de l'ingénieur en chef G. Bonnet donne indirectement quelques précieuses indications sur les commandes qui lui ont été passées mais il serait trop long d'en donner ici le détail (3). La première photographie datée qu'on lui connaisse, est de septembre 1854. Elle concerne les travaux de la rue Impériale. L'activité de Froissart ne paraît pas aller au-delà de 1857. De fait, il meurt à son domicile trois ans plus tard, le 5 novembre 1860, à la suite, dit-on, d'une longue maladie (4).
Les photographies exécutées par Froissart pour le compte du Service municipal, n'ont pas été faites dans le cadre d'une activité régulière de reportages (Froissart n'est pas employé du Service) mais à l'occasion de réalisations majeures dont on voulait garder la trace dans des albums commémoratifs. Deux de ces albums sont conservés aux Archives sur un ensemble de cinq dont un inventaire de 1875 fait connaître le détail (5). Ces deux albums numérotés respectivement II et V sont conservés aujourd'hui sous la cote (de 2 Ph 4/1-80 pour le premier volume, et 2 Ph 4/81-120 pour le second). Ils se présentent sous la même reliure (50 x 42 cm fermé) de veau grainé, avec titre poussé à chaud sur le plat supérieur (" PHOTOGRAPHIES / LYON ") et dos orné. Dans le volume II, on relève le cachet à froid du photographe (FROISSART / PHOTOGRAPHE DU SERVICE MUNICIPAL / RUE MERCIÈRE. 22) avec les armes de la ville cantonnées du Rhône (à gauche) et de la Saône (à droite).
L'album des inondations présente une unité qui laisse à penser que Froissart ou ses commanditaires l'ont conçu comme une entreprise ayant sa propre fin. Les points de vue sont variés et frappent par la beauté du site, la chronologie de la montée des eaux est soigneusement indiquée. On est même allé jusqu'à faire composer chez Louis Perrin, le meilleur imprimeur de son temps, une page de titre avec sa nouvelle police de caractères " augustaux ", si bien nommée : " LYON / INONDATIONS / DE MDCCCLVI / [armes de la ville avec les abeilles impériales] / ALBVM PHOTOGRAPHIQVE PAR M. LOVIS FROISSART / PHOTOGRAPHE DV SERVICE MVNICIPAL. / IMPRIMERIE DE LOVIS PERRIN. ". Des têtes de chapitre, également sorties des presses de Perrin, annoncent les deux grandes divisions du recueil : " INONDATION / DE LA SAÔNE / XXI MAI MDCCCLVI " et " INONDATION DV RHÔNE / XXXI MAI MDCCCLVI ".
La correspondance de Bonnet, nous apprend que l'album des inondations de 1856 a été offert à l'Empereur. On sait que Napoléon III utilisa habilement ces désastres naturels à des fins de propagande politique. Les travaux de Froissart demanderaient à être comparés à ceux d'Edouard Baldus, également présent sur les lieux des inondations.
Il est possible de reconstituer ces albums dans leur quasi-intégralité à partir des épreuves d'époque ou plus fréquemment postérieures qui sont conservées dans la sous-série 1 Ph. Les clichés de reproduction que nous signalons dans la sous-série 15 Ph, paraissent correspondre à des épreuves arrachées des albums. Comme nous avons pu le constater à diverses reprises, c'est souvent à l'occasion de travaux de duplication que les plaques de verre ont été brisées et les albums dépecés.
S'agissant de photographies institutionnelles, il convient de faire remarquer que s'il arrive à Froissart de retoucher ses épreuves (reflets des maisons dans l'eau pour les photographies d'inondation), les plaques, elles, sont exemptes de manipulations.
Dès avant la fin du siècle, les clichés Froissart étaient reproduits au format carte de visite si l'on en juge par la suite que conserve le musée de Gadagne(6) . En 1874, la Société de topographie historique qui entreprenait dans les mêmes années la reproduction du fameux plan scénographique de Lyon, s'intéressait également au photographies anciennes de Lyon et, avec l'appui du préfet, se fit ouvrir les collections du service de la Voirie (7). Son projet de reproduction par l'héliogravure ne paraît pas avoir connu de suite.
Un rapport de l'ingénieur voyer, A. Morel, du 7 février 1906 concerne, cette fois-ci, une demande d'autorisation de reproduction en cartes postales de la série des clichés photographiques en dépôt au service de la Voirie et représentant diverses vues de Lyon en 1856 (8). La demande émane du photographe Jules Sylvestre qui effectua la même démarche avec les clichés de la Commission du Vieux-Lyon. On retrouve aujourd'hui ces reproductions dans le riche fonds Sylvestre de la bibliothèque municipale de Lyon.
D'autres photographes ont travaillé pour le service de la Voirie dans le dernier tiers du XIXe siècle, tels Joguet (1862), Laudoyer (1862) et Fatalot (1866). Néanmoins, il n'est pas toujours aisé de déterminer si ces travaux concernent des prises de vues ou de simples retirages de clichés existants.

Panorama de la ville de Lyon par le photographe Jean François Armbruster (3 Ph 460-467)

Ce sont là sept des treize négatifs qui forment un panorama de Lyon, exécuté vers 1869-1870, et bien connu des amateurs de photographie lyonnaise (9). Il a été joint à cet ensemble une huitième plaque de verre (cotée 3 Ph 367), légèrement plus petite et reproduisant la treizième vue d'un tirage. Le panorama complet était constitué de treize négatifs sur verre couvrant un champ d'environ 350° d'est en ouest. La prise de vue a été faite depuis le belvédère d'un immeuble de la place Croix-Paquet, n° 11, en été entre 10 h et 16 h, à raison d'un cliché toutes les 30 minutes. Le photographe disposait d'une chambre grand format, munie d'un objectif d'environ 800 mm de focale donnant un grossissement de deux fois.
Jean François Armbruster (Lons-le-Saunier, 1835 - Lyon, 1912) est entré à l'école des beaux-arts de Lyon sur autorisation du Maire, car son père, André Armbruster, était originaire du duché de Bade (Oberfalsbach) (10). De 1850 à 1855, il suit les cours de l'École des Beaux-Arts, notamment l'enseignement de Reignier (classe de la Fleur) et se dit élève de Bonnefond. En 1859, il s'installe comme photographe professionnel en rachetant l'atelier de Camille Dolard, place Croix-Paquet, n° 11. C'est du haut de cet immeuble qu'il effectue son magistral panorama de Lyon dont il existe au moins deux versions, sinon trois, prises à des dates différentes. Parallèlement à son activité de photographe professionnel, Armbruster peignait aussi le portrait dans la manière lisse et minutieuse de l'École lyonnaise. Une annonce parue dans Lyon-Revue, en 1881, est formulée ainsi : " PHOTOGRAPHIE ARMBRUSTER. Lyon. Place Croix-Paquet, 1. PORTRAITS AU CRAYON - GALERIE DES PORTRAITS ". On a de lui un album de portraits photographiques d'artistes lyonnais (exemplaire à la Bibliothèque et aux Archives municipales).
On ignore dans quelles circonstances ces clichés, réalisés par un photographe privé, se sont retrouvés dans les fonds de la Voirie. L'acquisition paraît ancienne si l'on considère l'étiquette collée sur la boîte en bois qui les contenait primitivement (11). Rappelons que le tirage d'époque du musée de Gadagne (Inv. n° 447/13), dépôt des Archives municipales, en 1928, porte la mention : " Lyon en 1869. Par / [signé] F. Armbruster ". Les Archives municipales ont acquis en vente publique, en 1996, un second tirage d'époque qui sera présenté au public à l'occasion de l'exposition " Fragile mémoire " et dont l'albumine a gardé toute sa fraîcheur violacée à peine marquée de légères " rides " mordorées (2 Ph 282/1-13).

Clichés réalisés, entre 1880 et 1920 environ, par le Service des ponts de la Voirie municipale (15 Ph 1/685-913)

Ces premières décennies de la Troisième République pourraient être désignées dans l'histoire de l'édilité lyonnaise comme l'époque des ponts. Jamais il n'en fut construit autant et d'aussi remarquables. Ne semblent-ils pas rivaliser d'audace et de beauté ces ponts du Midi (1888-1891), de l'Université (1900-1903), de l'Hôtel-Dieu (1912-1918) et même ce pont de la Boucle (1899-1903) où Édouard Aynard, pas particulièrement farouche en matière d'art moderne, ne voulait voir qu'un tas de ferraille. Les photographies d'ensemble ou de détails que révèle la publication de ce fonds inédit témoigne d'un certain sens de la mise en page de l'architecture. Lancés à l'assaut de la rive gauche où s'étend la nouvelle ville, ces monuments un peu négligés de la création architecturale, sont peut-être le meilleur symbole du dynamisme urbain de Lyon avant la Grande Guerre. Tel devait être le sentiment des commanditaires de ces clichés, l'ingénieur en chef Claude Clavenad et ses successeurs Eugène Résal et Camille Chalumeau.
La photographie se substitue ici à l'épigraphie traditionnelle pour consacrer et rappeler le souvenir de constructions particulièrement mémorables pour la ville. Pour un seul de ces ponts, nous conservons un album commémoratif des travaux (en trois exemplaires : 2 Ph 278, 2 Ph 279 et 2 Ph 280) : celui du pont du Midi réalisé par Clavenad et Fabrègue (12). Nous connaissons une requête de Clavenad, directeur du service de la Voirie, au maire de Lyon, pour que soit photographié le pont suspendu du Midi avant sa démolition et que cette commande soit faite au photographe lyonnais Jacques Garcin, la dépense devant être imputée sur les crédits d'entretien des ponts (13). Si l'on fit appel à Garcin pour la réalisation d'un grand et bel album photographique des ponts de Lyon que le service de la Voirie présenta à l'exposition universelle de 1894 (14), c'est aux ingénieurs du service des Ponts, eux-mêmes, Fabrègue et Tardy, que l'on confia le soin de photographier toutes les étapes techniques de la construction du pont du Midi, y compris son inauguration. Une mention imprimée sur le feuillet de la table des matières de chacun des albums 2 Ph 278-2 Ph 280, leur reconnaît ce mérite.
La suite de photographies du pont du Midi (pont Wilson) a été numérotée à l'origine. Grâce à quoi l'on peut constater et déplorer quelques lacunes. Il s'agit probablement du vues rapprochées montrant l'inauguration, le 14 juillet 1918, en présence de l'ambassadeur des États-Unis et des autorités.

Clichés de l'exposition universelle de 1894 (15 Ph 1/914-957)

Dans la tradition des recueils commémoratifs, la Voirie municipale a enregistré quelques vues de la première exposition universelle lyonnaise, endeuillée comme on sait par l'assassinat du président Carnot. Un album en deux volumes sous percaline verte en a été tiré, conservé en deux exemplaires aux Archives municipales (2 Ph 276-277). Le classement des négatifs de cet ensemble suit l'ordre de l'album. Les clichés non retenus par les auteurs de l'album ont été classés à la suite.

Clichés des réalisations diverses des services techniques de la Ville (construction, assainissement, voirie, démolitions, expositions, etc.), entre 1920 et 1945

Dans le versement des Services techniques, on ne rencontre curieusement aucun cliché sur verre des démolitions du quartier Grôlée (1890) ou de celles du quartier Saint-Paul, alors qu'il en existe, pour les unes et les autres, plusieurs photographies réalisées d'un point de vue documentaire, sinon institutionnel. Il convient d'insister sur le fait qu'à l'âge du cliché sur verre, la photographie est encore une opération lourde. Aussi, le fonds de la Voirie ne laisse-t-il pas deviner une suite régulière de reportages sur les activités du service dont ne nous auraient été conservée qu'une partie des clichés. Pas de casse ou d'élimination massive (les épreuves conservées sont là pour le prouver) mais des opérations ponctuelles pour garder la mémoire d'une réalisation remarquable, pour illustrer une publication ou une exposition.
Dans cet ensemble se détachent les nombreux clichés exécutés dans le cadre des travaux de consolidation de la colline de Fourvière après l'éboulement tragique de 1930. La mise en cause du service de la Voirie dans cette affaire, explique peut-être l'abondance de la documentation rassemblée. La photographie vient attester l'ampleur et l'opportunité des mesures prises.
La plupart du temps, en revanche, on voit bien que les clichés réalisés n'ont d'autre but que de servir à l'illustration d'une publication envisagée soit dans des organes spécialisés, soit dans des documents promotionnels voire simplement touristiques. Nous signalons dans les notices descriptives ces utilisations premières quand elles nous sont connues mais cette recherche pourraît être systématisée. Elle permet parfois de mettre un nom sur des clichés anonymes comme ce fut le cas pour ceux de la Salle des fêtes de la Croix-Rousse de Michel Roux-Spitz, publiés dans la Construction moderne (6 décembre 1931). Ces cadrages supérieurement maîtrisés ne pouvaient revenir qu'à un spécialiste de la photographie d'architecture, tel Albin Salaün (15 Ph 1/418, 15 Ph 1/422-423).
Certaines photographies ont été détournées de leur destination par l'ingénieur Chalumeau pour illustrer le dossier du plan d'extension et d'embellissement de Lyon, son oeuvre de presque trente ans.
Nombre des photographies du versement des Services techniques ont été réalisées dans le but de constater une vente ou un échange de parcelles, de dresser un état des lieux, etc. Cet instrument de recherche permettra de les rapprocher des dossiers d'archives. Un ingénieur du service, Jean-Claude Gidrol, affecté en principe au service dit du Laboratoire, est l'auteur de plusieurs de ces clichés entre 1937 et 1941, date de sa démission à la suite de l'éviction de C. Chalumeau.

Vues pour expositions (15 Ph 1/629 à 654)

Les vues des quais et des places de Lyon sont un exemple des difficultés que l'on rencontre lorsque l'on veut isoler la finalité exacte des photographies institutionnelles. Elles attestent combien est malléable le contenu d'une photographie. Devant le couple de clichés 15 Ph 1/691-692, un examen qui se limiterait au contenu des photographies, ferait conclure à tort qu'elles ont été prises pour constater deux états des frondaisons des quais de Saône, soit avant et après élagage. En fait ces photographies n'ont d'autre raison d'être que de servir de pendants à des photographies anciennes, notamment celles de Froissart, dans les deux expositions organisées, en 1937 et 1938, par le service de la Voirie pour mettre en valeur ses réalisations. Autre exemple saisissant, celui offert par le cliché coté 15 Ph 1/643 qui montre la rue de Brest, à la hauteur de l'église Saint-Nizier, selon un point de vue, en étage, tout à fait identique au cliché de Froissart avant l'élargissement de la rue des Trois-Carreaux. L'urbanisme d'Herriot, mis en oeuvre par Chalumeau, se cherche des antécédents dans les grands travaux du Second Empire. En 1942, une troisième exposition fut présentée à l'Hôtel de ville pour faire connaître aux Lyonnais les projets commandés à l'urbaniste J.H. Lambert par la municipalité Villiers, nommée par le gouvernement de Vichy. Cette fois encore, on eut recours, semble-t-il au parallèle entre le passé et le présent.
C'est à proprement parler ce matériel d'exposition qui compose une partie de la sous-série 1 Ph. Plusieurs de ces épreuves ont été du reste contrecollées sur du carton. Il semblerait que la réalisation des tirages aient été confiée à la maison Sylvestre. Le service des Plans lui remit ses propres négatifs, tandis que le musée de Gadagne mettait à disposition les clichés ou les albums de la commission du Vieux-Lyon, oeuvre de Jules Sylvestre lui-même. Les indications " D'après la maison Sylvestre, photos " ou " D'après le Musée de Gadagne " renvoient à des autorités pour les légendes. Au verso des épreuves, une numérotation au crayon, reprise à l'encre noire, correspond au n° d'ordre de la " Liste des photos du Vieux Lyon ". M. H. Hours, dans son classement du versement des Services techniques, a respecté cet ordre pour la cotation en 1 Ph. C'est ce numéro qui est également affecté par lui à la mention " Cliché Sylvestre ". Cette correspondance est particulièrement intéressante puiqu'elle correspond aux cotes de la collection Sylvestre de la bibliothèque municipale de Lyon.
L'origine des documents est précisée lorsqu'il s'agit du service des Plans : ainsi l'épreuve 1 Ph 92a est-elle annotée : " Cliché 30 x 40 : Service des Plans. N° 31. ". Ce numéro coïncide avec ceux de la " Liste indiquant l'emplacement des photographies suivant les numéros d'ordre " que nous interprétons comme le catalogue des expositions de 1937, de 1938, voire de 1942. Le service de la Voirie a annoté les légendes pour préciser si un bâtiment a été " supprimé ", " démoli ". Telle photographie de Froissart destinée à montrer une fontaine nouvellement mise en place par la Compagnie des Eaux, semble n'avoir d'autre finalité, désormais, que d'enregistrer le souvenir d'édifices promis à la démolition. Un jeu de cartels rédigé, selon le même point de vue orienté, dans cette calligraphie aisément reconnaissable, a été conservé avec les épreuves non classées du versement de 1968.
On peut se représenter très concrètement ces expositions du service de la Voirie par les clichés qui en ont été tirés, véritables photographies dans la photographie (3 Ph 414, 3 Ph 417-418).

Statues désignées pour être fondues, 1941-1945 (3 Ph 324-355)

Un des ensembles les plus intéressants est constitué par ces photographies des statues de bronze désignées pour être fondues dans le cadre de la récupération des métaux non ferreux, entre 1941 et 1945. Les épreuves annotées que nous conservons, si elles permettent d'attribuer sans conteste cette opération à la Voirie municipale, ne nous éclairent pas, en revanche, sur son utilité. S'agit-il de constater simplement et d'enregistrer un enlèvement qui dégrade l'esthétique urbaine ? Comme l'État français s'était engagé à financer le remplacement de ces statues par des oeuvres en pierre, les photographies de la Voirie avaient peut-être leur rôle à jouer dans l'établissement des dossiers de demande de subventions. Ces photographies devaient pouvoir également servir de documentation pour les artistes appelés à exécuter les oeuvres de substitution. Le gouvernement de la Libération qui assuma l'obligation antérieure, assortit néanmoins son financement à la condition selon laquelle les oeuvres en pierre seraient des créations originales.

Clichés du Service immobilier montrant les lieux sinistrés à la suite des bombardements alliés du 26 mai 1944, ainsi que les ponts détruits par l'armée allemande les 1er et 2 septembre 1944 (3 Ph 1-223)

Le commanditaire de ces clichés est le Service immobilier, subdivision des Services techniques depuis la réorganisation de la Voirie municipale au début de la seconde Guerre mondiale. Le timbre humide du service a été porté systématiquement au verso des épreuves conservées. Un jeu complet d'épreuves a été classé dans la sous-série des albums et des grandes suites, sous la cote 2 Ph 1 pour les bombardements alliés du 26 mai 1944, et sous la cote 2 Ph 2 pour la destruction des ponts les 1er et 2 septembre 1944. L'inventaire analytique manuscrit, établi par M. H. Hours, dénombre 318 vues différentes pour la première de ces suites et 107 pour la seconde. Sur cet ensemble de 425 épreuves, il s'en trouve un peu moins de la moitié (212 exactement) pour lesquelles nous conservons les négatifs (3 Ph 1-212). Il faut y joindre quelques négatifs relatifs à des sujets complémentaires, comme l'incendie du dôme de l'Hôtel-Dieu (3 Ph 213-214), le bombardement du 6 aôut 1944 (3 Ph 215-217) et des vues des terrains bombardés et déblayés, prises le 12 septembre 1945 (3 Ph 218-223). Ce sont ces tirages annotés et signés au verso qui ont permis d'identifier, dans bien des cas, les lieux représentés et les photographes. Nous n'avons pas jugé utile de rappeler explicitement, dans chaque notice, la source de l'identification.
Ces clichés ont été réalisés par des photographes professionnels lyonnais, également identifiables grâce aux épreuves signées ou estampillées. Ce sont : Bertrand (successeurs de R. Bioletto), Pac-Brunaud, E. Poix, E. Roger et Sylvestre. Pour celui-ci, on retrouve dans le fonds Sylvestre de la Bibliothèque municipale, des clichés qui relèvent sans doute de la même commande. Comme il s'agit également d'originaux, on peut penser que la maison Sylvestre a doublé partiellement ces deux reportages pour enrichir sa propre documentation.
Seuls les négatifs au format 6 x 6 cm sont identifiés avec l'adresse des prises de vues. Toutefois, le Service immobilier a laissé une liste dactylographiée des clichés des bombardements du 26 mai 1944 avec la localisation précise des lieux sinistrés (15). Cette liste de 193 numéros constitue, en quelque sorte, l'état officiel, autorisé, de ce reportage.
Le même service a réalisé à partir des clichés des bombardements et ceux de la destruction des ponts un album commémoratif dont les Archives municipales conservent quatre exemplaires. L'exemplaire de référence auquel nous renvoyons dans chacune des notices, est classé sous la cote 2 Ph 3. Le service a fait un choix de 284 clichés.
Au sujet des clichés des bombardements alliés de mai 1944, la question des motivations de la commande administrative est, encore une fois, moins simple qu'il n'y paraît à première vue. S'il s'agissait simplement de fournir des documents probatoires pour l'instruction des dossiers d'indemnisation au titre des dommages de guerre, on ne comprendrait pas l'utilité de clichés (représentés par des épreuves isolées ou montées dans l'album) qui montrent avec insistance la présence des anciens combattants (les légionnaires ?) défilant aux funérailles officielles des victimes, leur inhumation au cimetière de Loyasse, et l'organisation des secours sous la férule des volontaires du Secours national... Cette commande n'avait-elle pas aussi une finalité accusatrice à l'égard des alliés ? L'album constitué après coup, se garde bien de mentionner les origines des bombardements alors qu'il n'hésite pas à nommer les Allemands au chapitre de la destruction des ponts.
Sans aller jusqu'à parler d'épurement du fonds, certain fait intrigue : la boîte où étaient rangés les clichés qui montrent le spectacle sordide du Palais de la Mutualité évacué par les soldats allemands, le 2 septembre 1944, contenait auparavant les clichés de la Veillée de l'association Jeune France au théâtre romain de Fourvière, le 13 juillet 1941, qui eux ont disparu...

Autres ensembles

A ces ensembles de première importance, s'ajoutent quelques ensembles accessoires et dont le lien avec les activités des Services techniques n'apparaît pas au premier abord. Que font ici les clichés montrant les derniers aménagements du siège de la caisse d'épargne de Lyon, vers 1930 ? Ou bien ces clichés des Madones des rues de Lyon (15 PH 1/514-541) ?
Au premier abord, dans notre zèle interprétatif nous avons voulu voir dans cette suite une manifestation de la vigilance de la voirie envers tout ce qui peut enfreindre le règlement touchant les saillies autorisées. En tout cas, il semblerait que le photographe ait utilisé le guide d'André George (Les Madones des rues de Lyon, Lyon, H. Lardanchet, 1913). Chacune des vingt-huit Madones photographiées a une illustration analogue dans cet ouvrage abondamment illustré, y compris la statue monumentale dans le clos de l'ancienne institution des Minimes, que son emplacement aurait dû soustraire à la sollicitude tatillonne de la Voirie...
La sous-série 3 Ph contient des clichés sur verre réalisés pour la Bibliothèque de la Ville par son photographe attitré, Henri Testout. Ce sont des vues de locaux nouvellement aménagés, des vues d'exposition, etc. A cet ensemble, peut-être faut-il joindre les quatorze reproductions d'oeuvres d'art ayant figuré à l'exposition rétrospective des artistes lyonnais qui se tint, d'octobre à novembre 1904, dans le tout nouveau Palais municipal des expositions (3 Ph 548-561). Le catalogue officiel où sont reproduits nos clichés, est préfacé par le bibliothécaire de la Ville, Richard Cantinelli (16).
A l'intérieur de la sous-série 15 Ph, un ensemble détonne par son contenu. Il s'agit d'une trentaine de clichés (15 Ph 1/542-573) qui montrent, selon les indications anciennes portées sur les boîtes qui les contenaient, les " Sculpteurs chez eux " (entendons : dans leur atelier) et les " Peintres dans la rue ". Le thème de ces reportages, la date de leur réalisation (vers 1900), l'aspect même des boîtes et des étiquettes, nous portent à croire aujourd'hui que ces clichés ont été rangés par erreur avec ceux des Services techniques. En revanche, ces photographies ne sont pas sans rappeler les sujets des clichés classés dans la sous-série 10 Ph, ensemble, du reste, entré aux Archives à une date et selon des modalités d'acquisition inconnus. La pancarte pour annoncer un concours de photographie à l'arrière plan d'une vue, rappelle celui que la Vie française lançait dans une de ses livraisons. En l'absence de certitude, néanmoins, il a été jugé préférable de maintenir ces clichés dans la sous-série 15 Ph.
A l'inverse de la sous-série 3 Ph, la sous-série 15 Ph (versement des Services techniques) est close : 964 clichés y ont été cotés à ce jour. Pour mémoire, signalons qu'elle contient des négatifs sur film souple (sous les cotes 15 Ph 2/...) et des épreuves papier (15 Ph 3/...).

Sous-série 10 Ph

Comme il vient d'être dit, la provenance des 274 négatifs sur verre (dont quarante-deux stéréophotographies) cotés dans cette sous-série, n'a pu être établie malgré l'aide de nos prédécesseurs. Rien n'empêche, dès-lors, de se demander si ces clichés n'étaient pas joints au versement de 1968 des Services techniques.
Quoi qu'il en soit, nous avons identifié dans cet ensemble facilement isolable des reportages de presse effectués au tournant du siècle pour le périodique lyonnais La Vie française (1894-1901). Du fait des lacunes des collections locales, nous n'avons pu conduire à son terme ce travail d'identification. Pour trois reportages, nous avons retrouvé les livraisons où ont été publiées certaines photographies. Il s'agit de la relation du voyage officiel de Félix Faure à Saint-Étienne en 1898, des courses de Lyon, la même année, et des élections sénatoriales du Rhône au palais de justice de Lyon en janvier 1900. Il importe de noter que chacune des photographies publiées est accompagnée de la mention " Cliché La Vie française ". D'autres reportages, publiés ou non dans des années que nous n'avons pu consulter, ont néanmoins été identifiés : la course de tricycles et de voitures automobiles Lyon-Uriage du 22 août 1897 (selon toute vraisemblance), la cérémonie de l'inauguration du monument à Sadi Carnot, place de la République, le 4 novembre 1900, lors de la visite du président de la République Émile Loubet, etc.
L'auteur de ces clichés est resté anonyme. On connaît mieux en revanche le directeur de cette publication, René Mollard, lequel reçut les palmes académiques en 1898 et fut loué à cette occasion pour son esprit d'avant-garde dans le Salut public. C'est son nom qui figure, selon des graphies fluctuantes, sur certaines plaques de verre. Sans doute faut-il reconnaître ce personnage et son entourage dans les clichés de caractère intime, pas toujours réussis du reste, qui déparent un peu la qualité de ce fonds.
Le fonds de la Vie française offre également un bon sujet d'exercice pour l'identification des élégants et des élégantes des courses de Lyon (sans doute ces noms que le journal énumère complaisamment dans ses colonnes à l'occasion de manifestations mondaines diverses). Un jour, on devra ajouter à notre index les noms de diverses personnalité du " Tout Lyon ", enfin identifiées grâce à des informations dont nous ne disposions pas.

Sous-série 38 Ph

En 1995, la Société lyonnaise de Transports en commun (T.C.L.), dirigée par M. Claude Rat, remettait, à titre de don, aux Archives municipales, la collection de photographies constituée par ses soins. Cette collection composée d'environ 20 000 documents (négatifs, diapositives et tirages) a été classée dans la série des fonds photographiques entrés par voies extraordinaires, sous la cote 38 Ph. Aux termes d'un contrat de don qui fixe les modalités de consultation et d'exploitation des photographies remises, la Société donne une autorisation permanente et générale de communication, selon les lois, décrets et règlements qui régissent les archives publiques, à compter de la date d'achèvement des travaux de classement et d'inventaire du fonds. Des clauses particulières, précisées au contrat, limitent l'utilisation et la reproduction des documents concernés aux recherches de caractère historique. Toute utilisation commerciale devra être soumise à l'autorisation préalable de la Société jusqu'en 2050 révolu. La publication de ces clichés devra être accompagnée de la mention " Cliché X / Société lyonnaise de Transports en commun " avec rappel du nom du photographe s'il est connu conformément à la législation sur le droit d'auteur.
Pour mémoire : la Société lyonnaise de Transports en commun a remis, à titre de don, à la même date, les archives concernant la gestion et le fonctionnement de la Société. Ce fonds, enregistré sous la cote 75 II, ne peut être consulté sans autorisation préalable, sollicitée par écrit pour chaque demande de communication, jusqu'en 2050.
Les premières photographies de la collection des T.C.L. datent d'une époque (le dernier tiers du XIXe siècle) où l'ancêtre de la Société avait pour raison sociale le nom de Travaux et Transports (T.T.), nom et sigle qui allaient bientôt s'effacer devant ceux de sa filiale, créée en 1879, la compagnie des omnibus et tramways de Lyon (O.T.L.). Concessionnaire de 1879 à 1941, des principales lignes de transports en commun lyonnaises, la Société O.T.L. se vit confier par la suite l'affermage d'un réseau dont la propriété revint à la ville de Lyon et au département du Rhône, auxquels se joignit, à sa création, la communauté urbaine. Le fonds 38 Ph permet de suivre sur près d'un siècle l'extension du réseau, l'aménagement des dépôts et l'évolution du matériel roulant, avec l'électrification des tramways (1894-1900), l'apparition des premiers autobus (1924), suivis des premiers trolleybus (1935), jusqu'à la mise en service des oblitérations automatiques (1972) et l'inauguration du métro (1976). Le personnel y apparaît également à l'occasion d'innovations comme ce trolleybus à receveur assis, le premier à voir le jour en France (1941). De nombreux reportages rendent compte de la politique promotionnelle de la Société. Des voyages d'étude en Europe et dans le monde sont l'occasion de rapporter une documentation photographique sur les transports étrangers. Ces photographies constituent également un intéressant témoignage sur l'évolution de la ville, les rapports entre le centre et la périphérie, les liens avec les banlieues, les transformations du paysage urbain, etc. L'un des aspects de ce fonds qui n'est pas le moins attachant, tient à la permanence des lignes de transports à travers les décennies. Le chiffre 7 évoquera toujours cet itinéraire chargé de sens, " Perrache-Brotteaux ", que Tancrède de Visan a consacré dans le titre d'un roman. Ce sont là aussi des lieux de mémoire.
Les trois cent cinquante clichés sur verre du fonds des T.C.L. ont été réalisés entre 1870 et 1950 environ. Leurs auteurs ne sont pas connus avec certitude. On peut déjà néanmoins attribuer plusieurs d'entre eux à la maison Sylvestre. Une tradition veut, tant il est vrai qu'on ne prête qu'aux riches, que les beaux clichés des sites pittoresques soient l'oeuvre de Théo Blanc et d'Antoine Demilly. Il n'y a pas à s'étonner de rencontrer ce type de photographies artistiques dans un fonds majoritairement technique ou institutionnel. Ces clichés ont été réalisés dans un but promotionnel. Leur reproduction ornait les trains des lignes touristiques, comme celle de Lyon à La Balme, en Isère.
Jusqu'au milieu de ce siècle, le fonds de photographies des T.C.L. n'a pas fait l'objet, semble-t-il, de soins particuliers. Un bon inventaire des clichés sur verre avait néanmoins été établi, qui nous a été fort utile pour le classement de cette partie du fonds. Tous les clichés n'y figurent pas. Nous donnons pour les clichés concernés les cotes topographiques de cet inventaire. A partir de 1945, M. Jean Arrivetz, responsable de la signalétique et de la publicité dans la Société, prend en charge ce fonds et le met en valeur. Il l'enrichit de ses productions personnelles et passe commande auprès de photographes professionnels de sujets nouveaux. M. J. Arrivetz est l'auteur d'une remarquable Histoire des transports à Lyon (Lyon, 1966) à laquelle on ne peut que renvoyer le lecteur qui voudrait s'orienter aisément dans la sous-série 38 Ph. L'illustration de cet ouvrage puise du reste largement dans la collection des T.C.L. Ce travail de mise en valeur fut poursuivi par M. Gérard Bamet, alors chargé des relations publiques au service marketing. Au début des années 1980, à la faveur d'un appel au public lyonnais, la collection s'enrichit de reproductions de photographies mises à disposition par des collectionneurs privés. M. G. Bamet a mis au point une classification appropriée à la collection des T.C.L. Les Archives municipales ont entrepris de suivre au plus près ce classement compte tenu des contraintes de la cotation.

Archives versus collection

Pour des raisons que nous ne pouvons analyser ici, l'image photographique ne se laisse pas réduire facilement à un contexte constitutionnel déterminé. Même dans le cas, bien trop rare, d'une photographie dont on disposerait du bon de commande ou de l'ordre de mission, on constaterait que la finalité initiale se laisse parasiter par des motifs accessoires. Par parenthèse, l'index général du catalogue est là pour faire un sort à ces motifs secondaires. Aussi, une diplomatique de la photographie est-elle d'autant plus nécessaire que le subjectile photographique, a fortiori dans le cas d'un cliché sur verre, est peu adapté pour supporter les différents modes de validation de l'autorité (signatures, cachets, etc.) (17). D'où notre souci de relever les mentions et les numéros portés sur les clichés lorsque l'occasion se présente.
Cet excès de signification de l'image photographique est la raison qui fait que ce type de document reste d'une utilité, sinon permanente, du moins prolongée pour le producteur. Un service comme celui de la Voirie municipale n'a consenti à " démobiliser " son fonds photographique qu'à l'occasion du transfert d'une partie de ses compétences à la communauté urbaine et du déménagement qui s'en suivait. A l'intérieur même des services, la photographie est détournée de sa finalité première et perd son statut d'archives pour un statut simplement documentaire. Comme le montrent l'exemple de la Voirie et celui de la Société lyonnaise des Transports en commun, un fonds photographique, pour peu qu'on lui porte quelque intérêt, s'organise très vite en collection.
Tel cliché, peut-être réalisé à l'origine pour montrer la rue de la Barre avant la construction du bureau des télégraphes, ne sera plus légendé désormais qu'en fonction de l'ancien atelier d'Antoine Lumière qui y figure (3 Ph 458). Ou bien serait-ce l'inverse : la Voirie réutilisant un cliché Lumière pour mettre en valeur une transformation urbaine ? La mémoire du contexte institutionnel est gommée volontairement, ou s'efface d'elle-même. Le cliché est réutilisé à la façon d'un palimpseste. Rien de moins stable, au fond, que les bords d'un contexte. " Fragile mémoire ", en effet.


1 Images de Rhône-Alpes, sous la dir. de Jeanne-Marie Dureau, Sirpab, 2e éd., 1990.
2 Lyon, Archives municipales, 2 E 163, acte n° 3635, du 30 octobre 1815. L'enfant, à qui l'on donne les prénoms de Louis Antoine Joseph, est fils de Louis René Froissart et de son épouse Barthélemye Désirée Martinon.
3 Lyon, Archives municipales, 332 Wp, en particulier les articles 2 à 9.
4 Lyon, Archives municipales, 2 E 672, acte n° 9495. G. Bonnet évoque ce décès dans une lettre à l'ingénieur Kleitz, le 23 mars 1861 (332 Wp 3).
5 " Inventaire au 1er janvier 1875 des photographies contenues dans des atlas ", avec mention des trois caisses qui renferment les plaques de verre (Lyon, Archives municipales, 925 Wp 6, dossier 12, pièce n°4). Au vrai, les " atlas " en déficit étaient des recueils factices.
6 Musée historique de Lyon, Les premiers photographes lyonnais au XIXe siècle, exposition organisée avec le concours de Guy et Marjorie Borgé, Lyon, 1990, p. 51, n° inv. N 3475.38 (Ancienne place des Minimes, côté de Fourvière) et N 3475.39 (idem, côté de Saint-Just). Les auteurs les datent d'avant 1870.
7 Lettre adressée par le secrétaire général pour le préfet du Rhône à l'ingénieur en chef de la Voirie, le 9 décembre 1874, au sujet des cuivres historiques et des clichés photographiques " qui ont coûté de fortes dépenses à la Ville " (Lyon, Archives municipales, 925 Wp 6, dossier 12, pièce n°1).
8 Lyon, Archives municipales, 923 Wp 253.
9 Guy et Marjorie Borgé, Nicolas Crispini, Lyon passé et présent sous le même angle, Paris, Genève, Slatkine, 1987, pp. 72-[73], ill. (détail ; coll. Borgé). - Musée historique de Lyon, op. cit. - Archives municipales de Lyon, Trésors des Archives, catalogue de l'exposition, Lyon, palais Saint-Jean, octobre-décembre 1990, ff. 65-66, ill. en noir.
10 Musée des beaux-arts de Lyon, Portraitistes lyonnais, 1800-1914, catalogue de l'exposition, Lyon, juin-septembre 1986, pp. 46-48, ill. (notice par Élisabeth Hardouin-Fugier).
11 Coffret. H. 0,360 m ; L. 0,300 m ; Profondeur 0,120 m. Inscription à l'encre brune ancienne sur papier contrecollé : " PANORAMA de LYON. 1870 / PAR / F. ARMBRUSTER ".
12 Le texte de la page de titre imprimée est le suivant : " 1889-1891 / VILLE DE LYON / CONSTRUCTION DU PONT DU MIDI SUR LE RHÔNE / ALBUM DES TRAVAUX ". Suivent les noms des artisans de l'entreprise, à commencer par le Dr Gailleton, maire de Lyon.
13 Lettre du 12 avril 1888 (Lyon, Archives municipales, 923 Wp 253).
14 Cf. la soumission de Jacques Garcin, photographe, pour la réalisation de clichés photographiques des ponts de Lyon, 28 février 1894 (Lyon, Archives municipales, 925 Wp 299, carton n°81/2, dossier 4, pièce n° 25) ; ainsi que la lettre de recommandation de Fabrègue en faveur de Garcin pour l'illustration d'une notice du service de la Voirie sur les ponts de Lyon, à la date du 28 février 1894 (ibid., pièce n° 26). Nous pensons avoir identifié le grand album de l'exposition de 1894 dans des documents non cotés des Archives municipales.
15 " Bombardement des trois quartiers de la ville de Lyon : photographies des lieux sinistrés ", avec numéros d'ordre et " emplacements " (localisations), 9 f. dactylogr. joints à l'album 2 Ph 1 dont il est question plus loin. Quelques erreurs de localisation ont été corrigées par M. Henri Hours.
16 Catalogue illustré de l'exposition rétrospective des artistes lyonnais : peintres et sculpteurs, dressé par M. Eug[ène] Vial ; préf. par M. R[ichard] Cantinelli, Lyon, Impr. A. Rey, [1904], XII, 169 p., [43] pl. h.t., ill. en noir et en coul.
17 On ne saurait trop conseiller au chercheur, désireux d'utiliser de manière critique le document photographique, de lire le n° 172 de la Gazette des Archives (1er trimestre 1996) dans lequel sont publiés les actes du colloque organisé par l'École nationale des Chartes et la Bentley historical Library de l'université d'Ann-Harbor (Michigan, États-Unis), Paris, 6-10 juillet 1992 et Ann-Harbor, 5-9 juillet 1993 ; en particulier la communication d'Élisabeth Parinet, " Diplomatique et photos institutionnelles ", pp. 88-93, et celle de Nancy Bartlett, " Peut-on appliquer la diplomatique à la photographie ? ", pp. 94-102.

 

 

Index de l'introduction :

Les Fonds photographiques aux archives municipales de Lyon

L'instrument de recherche

Contenu des sous séries concernées

sous série 3 Ph et15 Ph
Travaux du second Empire et inondation de 1856
Panorama de la ville de Lyon par le photographe Jean François Ambruster
Clichés réalisés entre 1880 et 1920 environ, par le service des ponts de la Voirie municipale
Clichés de l'exposition universelle de 1894
Clichés de réalisations de divers services techniques de la ville
Vues pour expositions
Statues désignées pour être fondues
Clichés du service immobilier montrant les lieux sinistrés à la suite des bombardements alliés du 26 mai 1944, ainsi que les ponts détruits par l'armée allemande les 1er et 2 septembre 1944
Autres ensembles
Sous-série 10 Ph
Sous-série 38 Ph

Archives versus collection

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