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" La représentation
graphique fait partie des systèmes de signes que l'homme
a construits pour retenir, comprendre et communiquer les observations
qui lui sont nécessaires. Langage destiné à
l’oeil, elle bénéficie des propriétés
d'ubiquité de la perception visuelle, elle constitue
la partie rationnelle des images... La graphique tient ses
lettres de noblesse de sa double fonction de mémoire
artificielle et d'instrument de recherche... " Jacques
Bertin
Du graphe symbolique
au design publicitaire, en passant par les plans de divisions mercantiles
du domaine foncier... telle peut être schématiquement
résumée, de mon point de vue, l'histoire de la codification
des plans de villes, étant entendu, au préalable,
que je considère que cette codification contraint simultanément
la forme de la ville et l'expression graphique du plan qui a permis
sa réalisation ou qui rend compte de son état à
un instant donné.
Parce que, depuis les
temps les plus reculés, les communautés d’hommes ont
ressenti un besoin d'ordre, la ville, dès son commencement
ou presque, a été dessinée.
Parce que, petit à
petit, les plans ont fait l'objet d'une normalisation qui a engendré
un langage particulier, à toutes les civilisations correspondent
des types de plans.
Parce que, jusqu'au XIXe
siècle, quel qu'ait pu être le degré de culture
des sociétés et donc de sophistication des représentations,
des volontés ou des réalisations, les plans de ville
ont des airs de famille ; il en va quelquefois de même pour
les villes qui ont pourtant chacune leur spécificité,
tout en présentant les caractéristiques communes du
temps.
Parce que les plans de
villes sont autre chose qu'un plan en deux dimensions, qu'ils recèlent
quantité d'informations, qu'ils font appel à l'imagination
de leurs lecteurs, qu'ils doivent porter au rêve, il est difficile,
voire impossible, d'élaborer des typologies fondées
et claires.
Curieusement l'évolution
de la facture des plans illustre les changements de sens du mot
" code " : à l'origine, " le code
est un recueil de lois et de règlements " ; " par
extension, il désigne un système de préceptes
et de prescriptions. Par analogie, il désigne
également un recueil de conventions constituant un ensemble
de signes (1) ". Plus
récemment, après avoir pris au XIXe siècle
une connotation scientifique, la " codification..., en théorie
de l’information et en sémiotique, correspond à une
idée de déchiffrage, de compréhension de messages
par connaissance ou découverte de leur code(2) ".
Si l'on jette un regard d'ensemble sur l'évolution des plans
de villes, on se rend compte que les systèmes qui ont régi
le dessin des plans varient, pour ce qui concerne les préceptes
et les prescriptions, en fonction des intentions des pouvoirs, et
que l'essence des " messages " qu'ils ont souhaité
imposer ou transmettre est toujours présente.
Parce que, dans toute
représentation, intervient, d'aucuns diront, le talent,
d'autres diront l'habileté du dessinateur
que l'on peut quelquefois qualifier " d’architecte " au
sens figuré.
Parce que la facture
du dessin ne peut seule certifier l’oeuvre d'architecture,
Parce que, ce que " désigne "
le plan est sujet à interprétation et que son unique
vérité se limite aux "contours",
Parce que le dessin qui
représente la ville, s'il est bien exécuté,
est, inévitablement, plus ou moins abstrait, en raison du
fait que le message à communiquer ne se cantonne pas à
la figuration des contours et des limites, qu'il va beaucoup plus
loin : exprimant les symboles de base, il donne une image d'objet
fini, il rend compte des fonctions, il donne une idée de
l’animation et, souvent, il exprime bien d'autres choses,
Parce que ... etc., les
problèmes de décryptage sont complexes.
Force nous est de constater
que la justesse des plans est souvent aléatoire, puisque
le " dessinateur " joue avec les règles et les
codes, mais aussi avec les symboles, puisque de tous temps, dès
qu'il l'a pu, il a utilisé les instruments supplémentaires
que les progrès de la technique ont mis à sa disposition,
pour "faire parler" son plan, pour lui faire dire de plus en plus
de choses. Tour à tour, il a travaillé sur des fonds
plus pérennes et plus souples, il a complété
la projection verticale par des projections horizontales ou obliques,
il a ajouté la couleur, puis les couleurs, il a élaboré
et appliqué des règles sémiologiques, il a
utilisé des matériels de plus en plus performants
et la liste est longue qui va du bâton brûlé
à l'ordinateur qui permet de multiplier les incrustations.
Ainsi, le plan de ville, codifié ou non, se distingue du
dessin des objets finis, parmi lesquels on trouve les dessins d’architecture,
parce qu’il est porteur de constats, d'idées, voire d’idéologies,
de convictions, d'intentions et qu'il est ouvert à l'évolution
de celles-ci et à celle des usages.
Une longue habitude de
la lecture des plans de villes anciens et des projets qui ont présidé
aux réalisations de quelques natures qu'elles soient et une
non moins longue pratique de la représentation des villes,
de la rédaction des projets et de l'usage d'effets plus ou
moins trompeurs (je devrai dire " vendeurs ") m'ont rendu
soupçonneux. Ce doit être la raison pour laquelle,
je tiens que les plans de ville peuvent être mystificateurs
et que, partant, ils sont susceptibles de servir de véhicules
à des propagandes ou simplement à des actions de prosélytisme.
D'autant que de tous temps, les plans de villes ont été
le reflet de volontés d’organisation de la vie des sociétés,
selon des principes philosophiques ou idéologiques : ces
plans ont eu des conséquences sur la vie des hommes, sur
les possibilités de leur épanouissement ou, à
l'inverse, sur les conditions de leur asservissement. En conséquence,
ceux qui prétendent que le dessin de ville peut être
assimilé, voire confondu, avec le dessin d’architecture commettent
une grave erreur : même si ces dessins ont en commun la détermination
ou la qualification de formes, leurs natures diffèrent de
manière fondamentale, car le dessin d'architecture est concret,
le dessin de ville se doit d’être abstrait.
"Codifications"
antiques
Il me paraît intéressant
d'ajouter à l'ambivalence du mot " codification "
l'ambiguïté du titre de ce chapitre, afin de mieux faire
percevoir les difficultés que présentent les lectures
diverses que l'on peut faire d'un plan et la diversité des
interprétations qu'elles peuvent engendrer.
Deux questions viennent
à l'esprit : quelle a été l'origine du dessin
des plans de villes, quelles ont été les étapes
de l'évolution des objectifs, du contenu et des caractères
des plans ? À ma connaissance, bien peu d'auteurs se sont
intéressés à ce problème qui, au fond,
n'est pas d'une importance capitale, bien qu'il ait pu avoir des
conséquences, très relatives certes, sur le degré
de civilisation urbaine. À l'origine, les premiers supports
des plans étaient périssables et seules de rares fouilles
ont permis de mettre au jour des tablettes d'argile datant du troisième
millénaire sur lesquelles étaient gravées des
cartes géographiques. Pour autant, devons-nous en conclure
que des plans de ville ont toujours existé, qu'ils aient
été antérieurs ou postérieurs à
la création de la ville ? Si nous appliquons aux temps les
plus reculés notre actuelle manière de penser quelque
développement que ce soit dans l’espace, nous devons émettre
des doutes : les tracés elliptiques sur la base desquels
ont été édifiés les remparts de pierre
sèche qui défendaient les villages néolithiques
de Stentinello (Sicile) ou ceux de l’île de Pantelleria ont-ils
faits l'objet d'un plan ? Mario Morini(3)
prétend que l’on ne peut déduire des constats faits,
ici et ailleurs, l'existence de normes urbanistiques dès
les premières formes d’associations des hommes et de vie
en communauté. Certes, mais ces voies tracées convergeant
vers un centre, ces murs périphériques, que l’on retrouve
en Mésopotamie, Asie mineure, mer Égée, Afrique
du Nord, ne font-ils pas penser à des plans préétablis
? " Les formes urbanistiques sont données
non seulement par un rapport et un ordre des masses et des espaces,
mais aussi, par l’aspect esthétique des lignes de construction
de l’habitat "(4).
En Europe, les stations
néolithiques, ou celles datant de l’âge du bronze,
ont des formes identiques et quelques-unes sont parfaitement orientées
selon les points cardinaux (Lan Gouh Melrand) ; les constructions
rectangulaires de Grossgartach (Allemagne) sont parfaitement alignées
en files parallèles, de même à Grimspound (Devonshire,
G.B.). Les villages indiens fortifiés de Floride posent le
même problème. Nous ne saurons vraisemblablement jamais
comment ces formes urbaines ont pu être tracées, mais
leurs similitudes intriguent.
Si l’on accepte l'opinion
généralement admise, suivant laquelle les villes égyptiennes
étaient parfaitement orientées en fonction de préceptes
religieux, nous devrions pouvoir admettre qu'il y eut des plans
préalables et qu'ils étaient codifiés par les
prêtres, d'autant que les murs d’enceinte sont, a priori,
une preuve supplémentaire de ce systématisme des implantations.
Il ne s’agit là que d’hypothèses puisque rien ne nous
permet d’affirmer. L’étude des temples et des nécropoles
montre à l’évidence l'existence de principes de composition
: j’en déduis que ceux-ci ne pouvaient être appliqués
que s’ils avaient fait l’objet de dessins précis et, comme
ces principes se retrouvent au travers des siècles, que ces
dessins faisaient l’objet d’une sorte de normalisation, ainsi que
pourraient l'attester les dispositions des quartiers ouvriers, par
exemple, car nous savons la pratique qu'avaient les Égyptiens
de la géométrie et donc des tracés exacts,
quelques 3500 ans avant Jésus-Christ.
En Inde, depuis les temps
les plus reculés, le plan de la ville est codifié
: l'enceinte représente le périmètre du mandala
et les rues sont orientées nord-sud et est-ouest, selon un
pada (fig. 1). Les îlots ainsi délimités
peuvent être subdivisés, ou non, selon une disposition
qui permet de répartir les diverses castes dans les divers
quartiers. Le dessin (qui s'apparente à la graphique), sur
la base duquel la ville est tracée, est hautement symbolique
et le rapport au cosmos, qui réglera nombre de villes en
Europe au Moyen Âge et à la Renaissance, est une des
règles de répartition des populations et des activités.
Nous ne savons rien avec certitude, si ce n'est que que le " mandala "
est la forme et que l'être ordonné
ou le monde sensible réside dans le " Vastu Purusha
mandala " dont le diagramme géométrique et magique
aurait son explication dans le rite du sacrifice védique.
Du choix du site au dessin de la structure de la ville, toute architecture
respecte les règles du diagramme. Tout se reflète
dans ce carré magique qui est l'image de la terre carrée
issue du cercle, mais qui est aussi le corps de Purusha, l'homme
primordial : l'homme et la terre sont mis en correspondance.
Le temps est intégré dans le mandala par le biais
du zodiaque et le lieu par l'orientation du carré dans les
quatre ou huit directions de l'espace(5).
| Fig. 1. Le manduka mandala
de l’Inde du Nord d’après Andreas Volwahsen. |
 |
Nous pourrions dire aussi
qu'il y avait dans le tracé directeur une sorte d'expression
de zonage très directif et que ce type de dessin urbain n'était
pas unique : il existait des " Vastu Purusha mandala "
circulaires qui ne semblent pas avoir connu de réalisation.
Par contre, les plans en svastika étaient presque courants,
parce qu'ils représentent le symbole solaire des Aryas et
pouvaient se démultiplier jusqu'à régler toute
l'architecture de la ville, jusqu'au dessin des habitations. Ce
qui me paraît important de mettre en évidence n'est
pas tant cette analogie des plans, combinaison de tracés
régulateurs et de graphique, mais plutôt le système
très sophistiqué des rapports entre les diverses parties
de la ville et le jeu savant des proportions.
Chez les Hittites, l'existence
de plans préalables plus ou moins codifiés paraît
encore plus évidente bien que nous n'en ayons aucune trace,
car l'urbanisme hittite oppose à la rigidité orthogonale
de l'urbanisme égyptien, des formes circulaires qui se prêtent
encore moins à la construction spontanée.
Le souci d'ordre, d'un
ordre social réel ou idéal, combiné avec une
vision structurée du cosmos, domine l'urbanisme chinois :
la qualité du site d'implantation répond aux préoccupations
de respect du " yin " et du " yang " du pays,
donc à des règles précises qui déterminent
l'orientation et renvoient à une sorte de volonté
de mise en ordre de l'univers qui implique une recherche d'harmonie.
On retrouve le carré des préceptes de l'Inde. Les
historiens parlent de "canons" dont le respect nous donne une impression
de cité romaine, dans laquelle le plan aurait une fonction
de contrôle social. La différence tient au fait que
rien ne rappelle le centre des villes européennes à
partir duquel se répartiraient populations et activités.
À la manière de Téotiuhacan, les axes qui portent
le développement paraissent avoir été pensés
et résulter d'une conception à très grande
échelle. Cette codification de la conception des villes chinoises
varie avec le temps. Les traditions de dessin des plans des cités
des Shang (XVIe-XIVe siècles avant
Jésus-Christ) qui persistent du temps des Zhou, sont caractérisées
par le carré d'enceinte, l'orientation selon les points cardinaux,
les plates-formes rituelles et les quartiers spécialisés.
La religion codifie la conception et la réalisation.
Au VIe siècle,
la tradition évolue et la partition de la ville répartit
selon trois unités spatiales l'aristocratie, l'artisanat
et le commerce, alors que les agriculteurs sont contenus au-delà
des murs. Au temps des Qin et des Han, la multiplication des quartiers
séparés par des rues paraît être la caractéristique
dominante, alors que l'enceinte sur plan carré persiste.
La nouveauté réside dans la "naissance" d'urbanistes
dont le plus célèbre est sans conteste Yu Wenkai (555-612)
qui introduit quelques notions venues d'ailleurs (les Barbares).
Les Tang développent l'organisation des quartiers, au point
que le poète Bai Juyi a pu dire " Dix mille maisons
ressemblent à une partie d'échecs. Les rues sont comme
des lopins maraîchers ". Avec les Song (fig. 2),
les plans deviennent plus libres jusqu'à ce que les Yuan
et les Ming reviennent au système des quartiers fermés
et aux formes dérivées du carré. Qu'il s'agisse
des murailles, des portes, des quartiers ou des tours (du Tambour
et de la Cloche), tout paraît codifié, mais les données
précises nous manquent pour nous permettre d'énoncer
une quelconque théorie, selon les divers types de régimes
plus ou moins policés, ou plus ou moins militarisés.
| Fig. 2. Plan de Pingjiang.
Dynastie des Song (1127-1279). |
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Je suppose que les plans
faisaient l'objet d'un dessin raffiné, mais je me garderai
bien de faire quelque commentaire que ce soit en raison des connaissances
trop limitées que j'en ai.
La Mésopotamie,
en raison de la multiplication des fouilles, nous permet, si ce
n'est d'affirmer, du moins de dire avec plus ou moins de certitude
que des plans préalables à la construction des établissements
humains existaient dont la nature varie avec le degré d'avancement
des civilisations. Si l'on compare les plans de Dur Sharrukin et
de Babylone, villes marquées l'une par une silhouette qui
veut exprimer toute la puissance de Sargon II, l'autre par la sophistication
de son plan, il apparaît à l'évidence que des
militaires ont imposé des règles rigides, des dimensionnements
codifiés ayant pour bases des jeux de modules dont le plan
de Borsippa (fig. 3) est l'exemple le plus significatif. La similitude
des plans carrés nous fait penser à un système
normalisé donc à une codification des plans dont on
est certain qu'ils existaient et qu'ils étaient dessinés
sur cuir et ne pouvaient, en raison de la qualité du support,
être d'une très bonne qualité graphique.
Le plan
de Persepolis, pour lequel j'ai pu mettre en évidence un
tracé régulateur basé sur deux svastikas inversées
ayant leur " centre " à l'emplacement du trône
de Darius(6), résulte d'études
de tracés géométriques symboliques qui ont
du guider les urbanistes du temps. Nous n'avons cependant, à
ma connaissance, aucune trace de documents pouvant confirmer cette
affirmation.
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Fig. 3. Plan de Borsippa et tracé
régulateur à partir d’un module carré
découvert par E. Egli en 1959.
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On sait peu de choses
sur les tracés des villes phéniciennes ou hébraïques
; par contre, on peut affirmer que les palais crétois ont
été bâtis à partir de plans dans lesquels
on remarque des constantes significatives d'un système. La
Crète, l'île aux 90 cités, donne une idée
de ce que pouvait être dans l'antiquité une tradition
d'urbanisme basée sur la culture et la politique. Paradoxalement,
la civilisation mycénienne, que l'on sait moins raffinée,
ne donne pas lieu à des formes de villes similaires : d'après
le résultat des découvertes faites à ce jour
(qui réclament donc une prudence extrême dans les conclusions),
elles semblent ressortir à un beau désordre qui exclut
l'idée de plan et, surtout, de normalisation.
En Grèce primitive,
il ne semble pas y avoir eu de plans réglant le tracé
des villes, même si les temples paraissent avoir fait l'objet
d'un certain systématisme dans leurs orientations ; il faut
attendre les premières manifestations de la démocratie
dans la " polis " pour assister à des tentatives
de mise en ordre des quartiers résidentiels. Le paradoxe
de la cité grecque tient au fait que ce sont les colonies,
fondées à l'initiative privée, qui ont développé
des plans de ville selon une typologie politique : les colonisateurs
prenant la "mère patrie" comme référence de
gestion politique, ont inventé un modèle de ville
répondant à des codes précis qui, en schématisant
à l'extrême, donneront naissance au système
grec inventé par Hippodamos de Milet, lors de la reconstruction
de cette ville après sa démolition par les Perses
(494). À partir de cette "invention", selon Aristote, qui
n'en est pas une, d'après moi car les Mésopotamiens
utilisaient déjà la grille orthogonale, s'élabore
une codification des formes de villes sur des principes politiques,
philosophiques, hygiéniques (Hippocrate) et géométriques
qui autorisent les variantes (fig. 4). La leçon qu'il faut
retenir des Grecs anciens réside dans la nature de la codification
d'où est déduite la règle et non le
règlement, différence qui a permis la diversité
des compositions urbaines et a donné naissance à des
villes qui ont chacune leur personnalité.
Il en va tout autrement
chez les Romains qui étaient gens de principes, d'ordre,
d'harmonie et de méthode, qui étaient avant tout gens
pratiques et dessinaient fort élégamment. Il n'est
donc pas étonnant que la fondation des camps et des villes
ait donné lieu à l'écriture de règles
strictes : le centurion qui fixe " l'umbilicus soli "
et trace les voies avec sa " gnoma ", le fait toujours
de la même manière et ne se préoccupe du site
et de la topographie que dans la mesure où son utilisation
sert ses intentions.
La colonisation romaine
est basée sur deux principes fondamentaux : les limites dont
le caractère sacré découle des lignes "célestes"
tracées par les Augures et l'orientation systématique.
Les fondations des villes romaines laissent peu de place à
l'improvisation et à l'invention ; tout est réglé
à l'avance : le cardo, le decumanus et leurs
dimensions, la position du forum, les portes selon le rythme cadastral
de la " centurie ". Seule Rome déroge à
ces principes rigides et tous les Empereurs se firent une gloire
d'édifier leur propre forum. On ne saurait oublier la " splendeur
du décor " qui est partie de la composition et autorise
l'invention, la fantaisie et la prouesse technique.
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Fig. 4.
Schéma des fouilles conduites par Robinson sur le site
de la ville à tracé " hippodamique "
d’Olynthe construite en 432 av. J. C. sur le golfe de Cassandre
et détruite par Philippe en 348.
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1-
Le Robert, Dictionnaire historique de la langue française.
2-Ibid.
3-Atlante di Storia
dell'Urbanistica, Milan, Hoepli, 1963.
4-Ibid.
5-Selon Andreas VOLWAHSEN
in Architecture universelle : Inde, Fribourg, Office du livre, 1968.
6-Charles DELFANTE, in
Grande histoire de la ville, Paris, A. Colin, 1996.
Pierre LAVEDAN, L'urbanisme au Moyen Age, Paris, Arts et métiers
graphiques, 1974.
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