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Cartouches et ornementation
Les plans de Lyon, comme
d'ailleurs les cartes en général, présentent
un intérêt particulier lorsqu'on regarde attentivement
les ornements divers qui accompagnent toujours la stricte représentation
géographique et qui, au-delà des informations attendues,
contribuent au plaisir esthétique. Il s'agit des cartouches
dans lesquels s'inscrivent les titres et les légendes ou
encore les armoiries des dédicataires. Ce système
décoratif est soit inclus dans le plan de l'image soit surimposé
d'une manière autoritaire.
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Fig.
1. Plan de S. Maupin (éd. c. 1714) : vignette
signée Guigou (Lyon, Archives municipales, 1 S 171).
Reprod. 5 Ph 35634.
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L'édition du plan
de Maupin de 1694 dédiée à Pianello de La Valette
donne un exemple d'ornementation particulièrement soignée.
Autour de la représentation même, qui a demandé
plusieurs cuivres, se déploient toutes les informations que
l'on attend : dédicace à l'ancien Prévôt
des marchands, " discours sur la belle situation
et les autres Avantages de la Ville de Lyon ", fondé
sur l'histoire et la géographie et, enfin, liste des églises
et des rues. Ainsi, la carte a un intérêt documentaire
évident, le texte complétant l'image. Dans l'angle
droit s'épanouit une belle composition gravée (fig.
1), signée par V. Guigou artiste sur lequel
on a peu de renseignements(35) ; sur
un socle est représenté le nouvel hôtel de ville
de Simon Maupin, surmonté des armes de la cité et
surtout d'une double corne d'abondance accompagnée de chutes
de fruits et de phylactères qui entourent les armes des Villeroy
et du maréchal de Créqui, dominées par celles
de la royauté. Le style de ce motif décoratif est
généreusement baroque et rappelle certains détails
sculptés du premier hôtel de ville.
Presque simultanément,
la réédition du plan scénographique offre un
parti très différent. Sa gravure même est proche
du modèle du XVIe siècle (planche3.) et l'on retrouve,
disposées un peu au hasard, des " citations " de
ce dernier, comme le phylactère porté par un génie
avec l'inscription Lyon et les têtes d'enfants évoquant
les vents dans les angles, sans oublier l’emblème d'Henri
II, le triple croissant de lune. La différence essentielle
vient des cartouches explicatifs surimposés au bas de la
carte dans lesquels l'histoire ancienne de Lyon est narrée
très succinctement. La forme des cartouches évoque
les motifs de " cuirs " du premier plan mais la coquille
et les festons de lauriers introduisent un aspect plus " versaillais ".
Le graveur Nicolas Tardieu, élève de Girard Audran,
a ajouté les deux figures symboliques du Rhône et de
la Saône (fig. 2) pour lesquelles G. Bruyère
évoque à juste titre les gravures de Raimondi d'après
Raphaël(36). On voit bien que l'on
a ici à faire à un graveur savant et non à
un simple exécutant ; rien ne prouve que Tardieu ait gravé
l'ensemble du plan, son rôle a pu se limiter au motif décoratif.
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Fig.
2. Copie du plan scénographique (1696) : cartouche
avec figures du Rhône et de la Saône, gravé
par Nicolas Henri Tardieu (Lyon, Archives municipales, 2 S
944). Reprod. 5 Ph 35637.
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Par comparaison, l'autre
copie du plan scénographique, exécutée vers
1783 par Moithey montre un système décoratif beaucoup
plus archaïque, imitant les cartouches en cuirs découpés
du modèle, insistant même sur les figures " bellifontaines "
(fig. 7) à la manière de celles attribuées
à Georges Reverdy(37), mais les
deux génies qui présentent au bas du plan les armes
de France (fig. 8), allient l'élégance de Primatice
et la grâce des vignettes de Eisen ; on remarque qu'elles
sont comme installées sur le bord du cadre, ce qui donne
la " distance " nécessaire à la reprise
d'un document ancien.
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Fig.
7. Copie du plan scénographique par Moithey (c. 1783) :
cartouche gauche (Lyon, Archives municipales, 2 S 945). Reprod.
5 Ph 35639.
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Fig.
8. Copie du plan scénographique par Moithey (c. 1783) :
armes de France (Lyon, Archives municipales, 2 S 945). Reprod.
5 Ph 35640.
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D'autres plans méritent
intérêt pour leur décor figuré. Celui
de Delamonce, dans son édition de 1701 ou celle de 1768 offre
un motif pittoresque (fig. 3), sous forme d'une scène de
vendanges avec de petits personnages installés sur une sorte
de table contenant la légende du texte, liste des quartiers
et des églises. Est-ce là, déjà, une
plaisanterie inattendue, l'illustration précoce du troisième
fleuve de Lyon, le Beaujolais ? En tout cas, on ne voit aucune
allusion mythologique dans ce petit théâtre de marionnettes
qui s'agite au-dessus d'une sérieuse nomenclature.
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Fig.
3. Plan de F. Delamonce (éd. c. 1750) : cartouche
(Lyon, Archives municipales, 3 S 277). Reprod. 5 Ph 35638.
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On peut, un peu plus
tard, opposer le plan de Jacquemin de 1747 (planche 10.1.) orné
seulement d'une maladroite guirlande de feuillages autour du titre,
dans lequel la nomenclature pratique tient une place essentielle,
en rapport avec le carroyage dessiné, et le superbe plan
de Séraucourt de 1740. Dans ce dernier, l'oeil est d'abord
attiré par les vignettes des édifices qui l'entourent
sur trois côtés, mais il faudra aussi s'attarder sur
les cartouches inscrits dans les marges latérales ;
on reconnaît à droite le couple du Rhône et de
la Saône au milieu des feuillages et des oiseaux symboliques.
Ces figures sont traditionnelles dans l'iconographie lyonnaise et
elles sont encore convoquées pour le décor du plan
de Joubert (fig. 6), mais traitées de manière plus
savante, comme deux statues alanguies dans les plantes aquatiques
qu'aurait dessinées un élève de l'Académie,
sans doute Joubert. En effet, cet artiste traite ses figures en
leur donnant élégance et légèreté
obtenues par un léger déhanchement de la silhouette,
une tête légèrement inclinée par rapport
à l’axe du corps, et la position particulière des
pieds dont l’un est souvent en retrait ou en mouvement. Cette esthétique
se fait particulièrement ressentir dans les compositions
inspirées par Delamonce et gravées par L.M.R. Joubert
à l’exemple de ces planches " Canons " Pour
la Célébration de la Messe non datées (Lyon,
Musée historique des tissus) ou bien de cette Sainte
Marthe, dans son cadre rocaille(38).
L’enrichissement du plan de ville par les vignettes de ses principaux
édifices, est apparu pour la première fois à
Lyon dans le plan géométral de 1735. Séraucourt
a pu s’inspirer de plusieurs plans parisiens du début du
XVIIIe siècle qui présent cette même
disposition, en particulier : le Plan de la ville, cité,
université et fauxbourgs de Paris, comme il est aujourd’huy
avec ses nouvelles rues, places, enceintes et cazernes, levé
sur les lieux par M.r Jouvin de Rochefort, édité
chez Nicolas de Fer, à la Sphètre royale, en
1705 ; le Nouveau plan de Paris et de ses fauxbourgs,
levé par l’abbé Delagrive, 1728 ; le Nouveau
plan de la ville et fauxbourgs de Paris divisé en vingt quartiers,
dédié au prince de Conti, à Paris chez le Sieur
Gaspard de Bailleul, 1732(40).
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Fig.
6. Plan de Joubert (éd. 1773) : cartouche principal
(Lyon, Archives municipales, 1 S 90). Reprod. 5 Ph 35642.
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Pour les derniers plans
(fig. 9), si l'on exclut celui de Morand dont les figures (encore
le Rhône et la Saône) sont particulièrement maladroites,
on note - mais il s'agit de plans de géographes -
un retour à la simplicité. Plus que des stèles,
les cartouches des légendes évoquent des pages de
titre d'ouvrages imprimés, avec élégance, mais
aussi avec la sévérité néoclassique.
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Fig.
9. Plan de Moithey (éd. 1786) : cartouche (Lyon,
Archives municipales, 3 S 694a). Reprod. 5 Ph 35641.
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En contrepoint de cette
rigueur, citons, même s'il n'a pas été étudié
ici, la Carte des environs de Commune Affranchie où sont
représentés les travaux soutenus par cette ville rebelle
pendant les mois d'août et de septembre 1793 dans laquelle
s'inscrit l'histoire de la rébellion : sur la stèle
qui contient le titre, un homme gît au pied d'un obélisque
frappé de la foudre et sur lequel on lit le terrible Lyon
a fait la guerre à la Liberté, Lyon n'est plus
(fig.10). Cette carte gravée par Jean-Pierre Gentot - fils
du graveur Balthazar Gentot - d'après le dessin d’un
capitaine du génie de l'armée des Alpes renoue
avec éclat avec la tradition des plans de ville : représenter
à la fois la topographie et l'histoire, car la carte n'est
jamais un document neutre. Elle est lourde d'allusions et porteuse
de messages.
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Fig.
10. Plan de J.P. Gentot (1793) : cartouche (Lyon, Archives
municipales, 2 S 22a). Reprod. 5 Ph 35643.
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Un cas exemplaire :
le plan de Séraucourt 1735-1740
Il nous a paru intéressant
de rassembler sur un plan de Lyon particulièrement bien documenté
et d'une qualité esthétique supérieure à
celle de tous les autres le faisceau de questions que pose l'étude
des plans gravés.
Tout
d'abord, son auteur, Claude Séraucourt (1677-1756) est assez
bien connu(41); nous ne signalerons ici
que le fait que son père était en relation d'affaires
avec la famille Demasso. Séraucourt se présente à
la fois comme graveur, marchand d'estampes, rue de Flandre, paroisse
Saint-Paul, et comme géographe. Les Archives municipales
gardent la trace d'un paiement en 1735 pour une première
édition de son plan :
" Mandement
pour le sieur de Serocourt graveur ordinaire de cette ville
de la somme de six cent livres pour la valeur de [blanc]
Exemplaires du nouveau plan géométral de
toute la ville de Lyon qu'il a gravé cette année
à ses dépens et qu'il a déposé
aux archives "(42).
Mais, en 1740, Séraucourt
demande encore des subsides :
" en
présentant un plan géométral de la
Ville de Lyon qui lui avoit coûté plusieurs
années de travail sans compter les frais très
considérables pour mettre cet ouvrage en état ".
Il poursuit en avançant
que " de mille exemplaires qu'il en avoit tirés,
ils lui sont presque tous demeurés invendus ", ce
qui détermina le remontrant à supplier le consulat,
quelques années après, d'acheter les planches de ce
plan " pour les déposer aux grandes archives "(43).
On lui accorde mille livres, bien que, selon le demandeur, ces dernières
en valent cinq fois plus. Le document comporte une autre négociation.
Arguant des modifications qu'il a dû faire à son plan,
Séraucourt demande une pension viagère :
" en
dédommagement des grands frais qu'il a fait pour
cet ouvrage qui l'a entièrement ruiné mais
encore pour l'aider à subsister le reste de ses jours
étant dans un âge très avancé ".
Le graveur insiste sur
le fait que :
" son
plan avait paru susceptible de plusieurs augmentations,
afin de le mettre dans un état de perfection qui
ne laissa rien à désirer au Consulat pour
un ouvrage de cette espèce auquel il a eu la bonté
de donner son approbation "(44).
Cette requête pleine
de sous-entendus s'éclaire si l'on consulte le plan lui-même.
Il existe bien en deux éditions, la première, de 1735,
est très rare et ne se rencontre, à notre connaissance,
qu'au département des cartes et plans de la Bibliothèque
nationale de France (cote Ge A 91) et aux Archives nationales (N
II Rhône 2 et 5) (planche 9.1.) ; elle porte une dédicace
à Camille Perrichon (1678-1768), prévôt des
marchands de 1730 à 1739 en l'absence de Nos Seigneurs
les Gouverneurs, richement entourée de ses armoiries.
La seconde édition, la plus répandue, datée
de 1740, porte une dédicace à Monseigneur le Duc
de Villeroy, etc. avec ses armes (fig. 4), tandis que l'autre
cartouche (fig. 5) donne la liste et les armes du prévôt
des marchands, Hannibal Claret de Fleurieu, et des échevins.
Le titre inscrit sur une banderole dans le haut du plan indique
bien que le plan a été gravé en 1735, augmenté
et vérifié en 1740. La consultation du journal de
Léonard Michon(45) donne la clef
de l'énigme : Séraucourt, devant
l'irritation du duc de Villeroy provoquée par l'importance
donnée au prévôt de 1735, le redoutable Camille
Perrichon, dont Séraucourt grava le portrait(46),
dut reprendre son plan pour modifier la dédicace, ce qui
condamna son édition de 1735 à la mévente.
Ainsi s'expliquent ses déboires et ses requêtes.
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Fig.
4. Plan de Cl. Séraucourt (éd. 1740) :
cartouche gauche (Lyon, Archives municipales, 1 S 10a). Reprod.
5 Ph 35636.
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Fig.
5. Plan de Cl. Séraucourt (éd. 1740) :
cartouche droit (Lyon, Archives municipales, 1 S 10a). Reprod.
5 Ph 35635.
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En 1740, il demande,
outre une rente viagère de trois cents livres, qui lui sera
servie à peu près régulièrement jusqu'à
sa mort en 1756, l'autorisation d'entretenir les planches conservées
dans les archives et d'en tirer des estampes qui lui seront payées
séparément. Ces tirages seront destinés à
des cadeaux diplomatiques. Ainsi, le registre des dépenses
pour 1742 fait-il état de la fourniture par Séraucourt
de " deux plans de la ville pour les fermiers des octrois
(25’), deux plans de la ville et vue de Fourvière à
cadre doré présentés à Mgr le cardinal
de Tencin (40’) ", de " douze
plans remis au secrétaire pour les étrangers de considération
(24’) " et de " deux plans pour les nouveaux échevins
(4 sols) "(47). On voit par là
que le consulat considérait le plan de Séraucourt
comme un cadeau qui honorait à la fois la ville et le destinataire
tout en portant une signification politique affirmée par
cette guerre des dédicaces.
Le coût élevé
du plan dressé par Séraucourt s'explique aussi par
son ambition. De grandes dimensions (1,190 m x 1,360 m),
il nécessita plusieurs cuivres pour la représentation
même de la ville et aussi pour les vignettes qu'il imagina
d'y faire figurer, pour la première fois à Lyon, sans
compter les ornements. Ces vignettes représentent
les principaux monuments de Lyon, antiques et modernes et on a pu
en retrouver les prototypes chez d'autres graveurs comme Jean-François
Cars, François de Poilly, B. Gentot ou Ferdinand Delamonce(48).
Ce dernier est particulièrement impliqué dans l'élaboration
du plan car il pourrait être l’" inventeur ", sinon
le graveur, des cartouches sujets de discorde, qui sont particulièrement
soignés, dans un style un peu archaïque, évoquant
les motifs de Bérain, plus riches d'ailleurs
dans la seconde édition que dans la première(49).
D'autres informations
peuvent être tirées de l'examen du plan de Séraucourt.
Par exemple, la grande banderole déployée au-dessus
de la ville indique que le graveur s'est fait aider pour la " vérification "
géométrale du père Grégoire, de l'ordre
franciscain de Picpus. Un " hommage " est discrètement
rendu à son ordre par le fait que certaines éditions
comportent une extension du plan vers le bas qui permet d'inclure
en grisé le couvent de Picpus au faubourg de la Guillotière
avec la légende couvent du Tiers-Ordre de saint François.
Le
plan de Séraucourt offre un dernier sujet d'intérêt :
il fut copié dans une réduction publiée à
Londres en 1746(50). Le département
des cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France
conserve, en effet, en deux exemplaires, un Plan de lion, levé
par le Sr C. Séraucourt, vérifié et orienté
par le R.P. Grégoire, de lion. Le premier (Ge D 986)
(planche 9.2.) comporte, dans l’angle supérieur droit, la
dédicace To Philip Furh Esqr, this plan of Lion is Humbly
inscribed by his most humble servt. J. Rocque 1746.
John Roque était un graveur et marchand d’estampes londonien
spécialisé dans la cartographie. Il grave et publie
en 1746 deux cartes de Londres et de ses environs conservées
au British Museum. On trouve aussi en haut du plan un cartouche
portant l'autorisation de publication : published according
to act of Parliament et le nom du graveur R. Parr sculp.
Remigius Parr, graveur au burin et architecte,
est un artiste anglais né à Rochester en 1723. Il
grave des vues de Londres et des portraits(51).
Le second plan (Ge DD 2987) donne l'échelle en mesures anglaises
et comporte, dans l'angle inférieur droit, l'indication :
A
correct Plan of Lion with Views of the publick Buildings.
Surveyd by the Sr Séraucourt' et aussi "London. printed
and sold by M.A. Roque, the Corner of Round Court
Strand.
Successeur de l’enseigne
de J. Roque, M.A. Roque édite et vend des estampes. Dans
les deux exemplaires, il s'agit d'une copie fortement réduite
(c. 0,480 m x 0,680 m) et simplifiée, puisqu'un
certain nombre de vignettes ont disparu. Mais l'existence de ces
copies anglaises demanderait à être explicitée,
dans un contexte d'échanges entre les deux pays, plus important
pour la gravure que dans d'autres domaines. Qui sont le graveur
et l'éditeur londoniens ? Pourquoi cette édition
anglaise ? Nous n'avons pu le découvrir à ce
jour.
Conclusion
Si l'on considère
l'ensemble des deux siècles, on voit que la représentation
de la ville sous forme de plan gravé a toujours un sens précis.
Tout d'abord vouée exclusivement à sa célébration,
elle évolue peu à peu de l'histoire ancienne à
la modernité. Il aurait été intéressant,
mais un peu long, de faire le relevé précis des dédicaces
qui se trouvent sur les plans les plus ambitieux (plus rarement
sur ceux des géographes) et l'on aurait vu nettement comme
celles-ci glissent de l'hommage aux échevins ou au Gouverneur,
à Mr Frère du Roi, et, pour finir,
avec le dernier plan de Moithey de 1789, au peuple français.
Cependant, même avec une dédicace officielle, qui lie
le plan à l'assentiment du pouvoir, le plan répond
aussi à l'intérêt des géographes et sert
les ambitions des architectes, sans que les diverses intentions
se démarquent nettement. Enfin, associant le relevé
topographique, le texte et l'ornement presque toujours très
soigné, le plan gravé est une des formes les plus
riches et les plus intéressantes de l'estampe en taille-douce,
dont, paradoxalement, les auteurs, dessinateurs, géographes
ou graveurs, sont souvent restés dans l'ombre.
Marie-Félicie
Perez
Professeur
d’histoire de l’art, université Lumière Lyon 2
Sylvie
de Vesvrotte
Ingénieur
d’études au Centre national de la recherche scientifique
Bibliographie
sommaire
Jacques-Jules Grisard,
Notice sur les plans et vues de la ville de Lyon, de la fin du
XVe siècle au commencement du XVIIIe siècle, Lyon,
1891.
Marius Audin, Bibliographie
iconographique du Lyonnais, t. II, 2ème partie, fascicule
1, Plans et vues générales, Lyon, 1910.
Alain Charre, Catalogue
des vues et plans de Lyon au XVIIIe siècle, mémoire
de maîtrise, université Lyon 2, 1972, dactylogr.
Le plan de Lyon vers
1550, édition critique sous la dir. de Jeanne-Marie Dureau,
Lyon, Archives municipales, 1991.
35-Toutes
les pièces qu'il a gravées dont la plupart sont destinées à l'illustration
d'ouvrages, portent la signature : V. Guigou.
36-G. BRUYÈRE,
art. cit., 1990, p. 74
37-G. BRUYÈRE,
art. cit., 1990, p. 75.
38-Paris, Bibliothèque
nationale de France, Département des estampes, Rd3 et Rd
mat 3, sainte Marthe.
39-Paris, Archives nationales,
Section Archives de la Seine.
40-Baptisé
à Lyon en 1733, il épouse, en novembre 1756, Louise
Duflos fille du graveur et marchand d'estampes Nicolas-Simon Duflos.
Il hérite en 1754 du fonds d'estampes et de l'enseigne de
son père et demeure établi comme graveur, éditeur
et marchand d'estampes jusqu'au début du XIXe siècle
Grande rue Mercière.
41-S.
de VESVROTTE, art. cit., 1996.
42-Lyon,
Archives municipales, BB 300, fol.148 r°.
43-Ibid.,
BB 305, fol.138 r°.
44-Ibid.
45-"
Journal de Lyon ou mémoires historiques de ce qui s'est passé
de plus remarquable dans la ville de Lyon et dans la province, depuis
le commencement du XVIIIe siècle vers l'année mil
sept cent jusqu'à présent " (avril 1744), année
1740, septembre, fol. 80. Le manuscrit original est conservé
au musée historique de Lyon ; une photocopie est consultable
aux archives départementales du Rhône.
46-S.
de VESVROTTE, art. cit., 1996, p. 46, reprod.
47-Lyon,
Archives municipales, CC 3226, fol.180 v°.
48-S.
de VESVROTTE, art. cit., 1996, p. 48.
49-En
effet, l'exemplaire du fonds Galle (Lyon, Archives du Rhône,
A2) porte sous chaque cartouche, presque illisible et effacée,
la signature Delamonce inv. C'est aussi le cas de celui des archives
municipales de Lyon
(1 S 10a).
50-Ces
deux plans ont été signalés dès 1972
par Alain Charre (op. cit., n° 10 bis et 11 ter) ; ils ont été
examinés à nouveau pour cette publication.
51-Il
a également gravé, d'après H. Gravelot, Les
divertissemens de la Loterie.
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