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Les
premiers plans de Lyon de Laurent Dignoscyo
Laurent Dignoscyo,
alors employé au Mont de Piété, à Lyon,
dessine son premier plan de Lyon en 1818. Il est gravé sur
cuivre par un graveur du nom d'Alexis, et vraisemblablement vendu
en librairie à Lyon. C'est l'époque où le tourisme
prend son essor, et où apparaissent les guides touristiques
des principales villes de France. À Lyon, Cochard et Charvet
sont les principaux auteurs de ces livres, édités
en format de poche. Certains d'entre eux comportent
un plan de la ville encarté dans l'ouvrage lui-même.
Mais, le plus souvent, le plan fait défaut, et le libraire
qui vend le guide suggère aussi l'achat d'un plan(87).
Le plan de Laurent Dignoscyo est bien conçu dans cet esprit,
celui de faciliter au touriste le cheminement dans la ville et le
repérage des monuments principaux. La similitude
de ce plan avec celui, anonyme, qui est encarté dans le guide
de l'étranger à Lyon, de Chambet, publié également
en 1818, est frappante(88).
Ce premier plan
de Laurent Dignoscyo est sommaire, inexact et malhabilement dessiné.
C'est, de toute évidence, l'oeuvre d'un dessinateur débutant,
n'ayant pas suivi de formation cartographique particulière.
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Fig.
9. Évolution de la qualité du dessin chez Laurent
Dignoscyo : plan de Lyon de 1818, détail (Lyon,
Archives municipales, 3 S 695). Reprod. 5 Ph 35587.
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De 1821 à
1829, Laurent Dignoscyo dessine deux autres séries de plans
de Lyon :
La première
série (A 3), éditée par Vegessy, marchand d'estampes,
14 rue Saint-Dominique, à Lyon - la rue même du
domicile de Laurent -, représente la ville dans toute
son étendue, des remparts de la Croix Rousse, jusqu'au confluent
de la Mulatière. Les projets d'agrandissement et d'embellissement
de la ville sont spécifiés et repérés.
Un cartouche est réservé aux environs, en réduction
de la carte de Cassini. Un dessin manuscrit de 1821 (A 2) a probablement
servi d'ébauche à cette série de plans, réédités
au moins à trois reprises de 1821 à 1829.
Les progrès
accomplis par Laurent Dignoscyo depuis son premier plan de 1818,
sont spectaculaires (fig. 9-10). Les inexactitudes ont été
gommées, le trait s'est affermi, et les espaces verts y sont
pittoresquement représentés, dans la tradition des
plans du XVIIIe siècle (fig. 11).
La deuxième
série (A 3), gravée par Tardieu et diffusée
à Lyon par Chambet, obéit à un objectif différent,
celui de ne représenter que le centre de la ville, mais en
donnant la liste complète des rues et des monuments, avec
un repérage correspondant sur le plan. Celui-ci fait également
l'objet de plusieurs éditions, de 1825 à 1835.
Lyon,
ses environs, et ses forts
La première
version de ce plan, éditée en 1835, correspond à
la période pendant laquelle Laurent Dignoscyo travaille dans
les services des Ponts et Chaussées. C'est à ce moment
qu'il acquiert réellement la maîtrise du métier
de cartographe, en particulier celle des techniques de levé
des plans.
L'originalité
de ce plan est multiple : Il représente tout d'abord
un champ étendu des environs de Lyon, de Saint-Genis-Laval
à Rilleux. Il donne ensuite plusieurs cotes d'altitude, mesurées
" par rapport au zéro de l'échelle hydrométrique
du pont de l’Archevêché ". Sa vocation militaire,
enfin, est évidente : Les forts entourant la ville,
notamment, y sont localisés avec une précision certaine.
C'est probablement cette qualité de précision qui
fait que, peu après sa parution, le plan est utilisé
par différents services techniques pour y représenter
leurs projets : projet d'axe routier avenue Berthelot-Choulans,
projet d'amélioration de la navigation, projet de débarcadère
de chemin de fer, etc. Le plan est réédité
en 1844. Il reçoit divers ajouts, reflétant bien son
intérêt militaire. Les casernes, gendarmeries, hôpitaux
militaires, en particulier, y figurent en bonne place.
Le
plan des Brotteaux
En 1837, Laurent
Dignoscyo entre aux Hospices de Lyon. En 1839, il présente
au conseil d'administration des Hospices le " Plan général
des propriétés appartenant aux Hôpitaux civils
de Lyon, situées sur les communes de la Guillotière
et de Villeurbanne, sur la rive gauche du Rhône ".
Ce plan a un
énorme retentissement. Il est largement diffusé, car
le conseil d'administration des Hospices prend la décision
de le faire graver sur cuivre, et d'en tirer mille exemplaires.
C'est la première fois, semble-t-il, qu'un plan précis
et fidèle de la rive gauche du Rhône est publié.
Le quartier est en période d'urbanisation intensive, et le
plan sert de base aux diverses études de voirie et de promotion
urbaine. Les propriétés appartenant aux hôpitaux
y sont clairement délimitées, de même que les
parcelles déjà urbanisées, les équipements
publics, les forts, etc.
De 1839 à
sa disparition en 1876, Laurent Dignoscyo gère le patrimoine
des Hospices. À ce titre, son service a la charge de tenir
à jour les plans de détail des " masses "
- les parcelles - qui le composent. C'est un ensemble
de plus d'une centaine de plans de détail qui se constitue
ainsi progressivement sur ce quartier en pleine évolution.
Le plan de 1839 lui-même n'est cependant pas mis périodiquement
à jour. Mais la documentation cartographique rassemblée
par Laurent sur la rive gauche du Rhône sera largement utilisée,
par lui et par son fils, Claude Joseph, pour l'établissement
de plans ultérieurs, par exemple pour le plan de Lyon au
1:10 000e, en 1847 (planche 19.), ou celui de Lyon
(Guillotière-Brotteaux) au 1:500e (planche 22.2.),
à partir de 1855.
Les
premières cartes départementales d'Eugène Rembielinski
De 1833 à
1837, Eugène Rembielinski, réfugié politique
polonais à Caen, travaille comme graveur en cartographie
au Service du cadastre du département du Calvados. Il se
voit confier, pendant cette période, la gravure de l'atlas
cantonal de ce département. La publication de cette collection
de 34 cartes, à raison d'une carte par canton, établies
au 1:30 000e, s'échelonne de 1839 (canton
de Falaise) à 1842 (canton d'Evrecy). Elles ont été
dressées par le géomètre en chef du cadastre
du département, M. Simon, gravées sur pierre par Eugène
Rembielinski, et éditées par l'atelier de lithographie
de N. Gratia, 9, rue d'Austerlitz à Paris. Eugène
Rembielinski réside dans cette ville depuis 1837. Ce travail
a donc vraisemblablement été réalisé,
d'abord sur place, à Caen, et ensuite à Paris.
En 1841, alors
qu'il travaille comme dessinateur graveur au Dépôt
des Cartes du ministère de la Guerre, Eugène Rembielinski
obtient, du conseil général du Rhône, la commande
de l'établissement de la carte de ce département,
à raison d'une feuille par canton, comme pour la précédente
carte du Calvados, qui lui a certainement servi de référence.
C'est alors une commande passée à un entrepreneur,
Eugène Rembielinski en l'occurrence, qui prend la responsabilité
complète de l'opération. Celle-ci est d'envergure.
La première feuille, celle du canton de Villefranche, est
publiée en 1843, et la dernière, celle de Lyon, en
1855. Quatorze années de travail pour vingt cartes au 1:40 000e,
avec la représentation du relief à l'aide de hachures !
L'entrepreneur
a certainement fait appel à des topographes vacataires pour
les levés de plan, sans doute avec l'appui des techniciens
des Ponts et Chaussées. Il lui a fallu néanmoins coordonner
les opérations. Il s'est chargé personnellement de
la gravure sur pierre, qu'il maîtrise parfaitement. Il a créé,
à cet effet, un atelier de lithographie, installé
à Paris. Il fait effectuer les tirages chez l'imprimeur Kaeppelin,
à Paris. La publication progressive de ces cartes recueille
l'approbation des responsables de la préfecture, préfet
et secrétaire général en tête, et des
membres du conseil général. Terme,
maire de Lyon, et député du Rhône, exprime également
sa satisfaction(89).
Eugène
Rembielinski se voit ensuite confier plusieurs commandes complémentaires :
une réduction en trois feuilles au 1:60 000e,
éditée en 1851, deux autres, au 1:160 000e
et au 1:100 000e, en 1854 et 1868.
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Fig.
10. Évolution de la qualité du dessin chez Laurent
Dignoscyo : plan de Lyon de 1822, détail (Lyon,
Archives municipales, 2 S 630). Reprod. 5 Ph 35588.
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Fig.
11. Traitement de la végétation chez Laurent
Dignoscyo : plan de Lyon de 1822, détail (Lyon,
Archives municipales, 2 S 630). Reprod. 5 Ph 35589.
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Fig.12.
Traitement du bâti chez Laurent Dignoscyo : plan
de Lyon au 1:10 000e, 1847, détail
du quartier des Terreaux (Lyon, Archives municipales, 2 S
574). Reprod. 5 Ph 35585.
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Les
cartes de Laurent Dignoscyo, éditées par Perrin
Avec
l'accord tacite de son employeur, les hospices de Lyon, Laurent
Dignoscyo poursuit, après 1839, une activité de cartographe
indépendant. Dans les contrats qu'il passe avec ses clients
privés, il est spécifié qu'il agit " en
son nom personnel "(90).
D'après
son fils, il établit, en 1844, " pour les études
du chemin de fer ", la carte de Lyon à Marseille(91).
C'est vraisemblablement à partir de ce travail qu'il peut
faire publier, l'année suivante, par l'éditeur lyonnais
Louis Perrin, la carte du cours du Rhône de Lyon à
la mer. Cette publication, dont la Revue du Lyonnais
fait un compte rendu élogieux, se présente sous la
forme d'un volume in-4, comprenant une notice historique et descriptive
des villes et sites jalonnant l'itinéraire
de Lyon à la mer, rédigée par Alfred de Terrebasse(92).
Celui-ci a peut-être bien été, en fait, l'instigateur
de la publication. Quant à la carte, établie à
l'échelle du 1:50 000e, elle constitue un long ruban
plié en accordéon, de six mètres cinquante
de long.
Louis Perrin
avait déjà publié, en 1843, la carte de Lyon
et du plateau bressan, établie par Laurent Dignoscyo à
l'échelle du 1:40 000. Cette carte avait pour objet
de représenter un projet d'alimentation en eau de la ville
de Lyon, à partir de la captation de sources situées
sur le plateau des Dombes. Ce projet, qui recueillait
l'adhésion de plusieurs notables lyonnais, a finalement été
abandonné(93).
Lyon
au 1:10 000e (planche 19.)
Le premier plan
de Lyon à cette échelle résulte de la première
collaboration entre Laurent Dignoscyo et Eugène Rembielinski.
Il est édité en 1847, avec l'approbation de la préfecture
du Rhône, mentionnée sur le plan lui-même.
Laurent Dignoscyo
s'est chargé du levé et du dessin, et Eugène
Rembielinski de la gravure sur pierre. C'est une belle réalisation.
L'échelle choisie permet de faire apparaître clairement
les détails topographiques de la ville. En particulier, les
immeubles y sont représentés avec le dessin de leurs
structures internes, comme les cours intérieures, ce qui
représente une nouveauté pour l'époque (fig.
12). Le plan est réédité plusieurs fois, notamment
en 1848, 1852, et 1857.
En 1855, les
services des Ponts et Chaussées confient à Claude
Joseph Dignoscyo et Eugène Rembielinski le soin d'établir,
à l'échelle de 1:10 000e, les cartes
des cours du Rhône et de la Saône (voir ci-après).
La carte portant le n° zéro, commune aux deux cours, représente
la ville de Lyon.
À cette
époque, vers 1860, la pierre lithographique du plan précédent
de Lyon au 1:10 000e s'avère malheureusement
inutilisable, par suite d'un incident survenu dans l'atelier de
l'imprimeur Kaeppelin. Claude Joseph Dignoscyo et Eugène
Rembielinski demandent alors à l'administration des Ponts
et Chaussées l'autorisation d'éditer à leurs
frais, et pour la vente au public, la carte n° zéro des cours
du Rhône et de la Saône. Cette autorisation leur est
accordée, à condition de modifier le titre du plan.
Celui-ci prend alors l'intitulé suivant : Plan de
la ville de Lyon, dressé en 1863 par MM. de Dignoscyo et
Rembielinski, auteurs des cartes du cours général
du Rhône et de la Saône. Le nouveau plan, contrairement
au précédent, comporte un quadrillage. C'est celui
des cartes du Rhône et de la Saône, qui prend son origine
sur l’arête aval de la culée gauche du pont de la Mulatière.
Comme il a été dit plus haut, le plan est mis en vente
au prix de six francs. Il reçoit un accueil favorable du
public, et il s'en vend huit cents exemplaires en un an et demi.
Plusieurs rééditions suivent, notamment en 1865, 1872
et 1880.
Il existe ainsi
deux versions successives du plan de Lyon au 1:10 000e,
toutes deux gravées par Eugène Rembielinski :
la première, dessinée par Laurent Dignoscyo, de 1847
à 1857 ; la deuxième, dessinée par son
fils, Claude Joseph, de 1863 à 1880.
Les plans
parcellaires de la Guillotière et des Brotteaux (planche
22.1. et 22.2.)
En 1842, la commune de la Guillotière confie
aux géomètres Van Doren et Terra le soin d'établir
le plan détaillé de la rive gauche du Rhône.
Ce travail est terminé en 1847. Il comprend cinquante-huit
feuilles au 1:500e. En 1852, la Guillotière est
rattachée à la ville de Lyon. Celle-ci tente d'utiliser
ce plan pour l'étude des projets d'alignement, mais rencontre
des difficultés d'utilisation laissant supposer que le plan
comporte des inexactitudes. Elle désigne deux experts, Laurent
Dignoscyo et Cassini, à fin de vérifier la fiabilité
du plan. Leur jugement est sévère : de graves
erreurs sont mises en évidence par les deux experts.
En 1854, Gustave Bonnet prend la direction des services
de la voirie de Lyon, appelé à ce poste par le préfet
Vaïsse. Il décide de faire procéder à
l'établissement d'un nouveau plan de ce quartier; tâche
qu'il confie à Claude Joseph Dignoscyo. Ce choix n'est pas
innocent. Gustave Bonnet sait que Laurent Dignoscyo, en tant qu'inspecteur
des propriétés des Hospices, est l'auteur d'un plan
de la rive gauche du Rhône, au 1:5000e, qu'il a
publié en 1839, et dont on reconnaît unanimement la
qualité. Ce plan n'a cependant pas été révisé,
depuis 1839, mais son auteur, par ses fonctions aux Hospices, a
rassemblé une documentation cartographique inégalable,
et parfaitement à jour, sur ce quartier. Sans aucun doute,
cette documentation sera susceptible d'être utilisée
par son fils, Claude Joseph, pour l'aider dans l'important travail
qui lui est confié.
Mais les projets en cours ne peuvent attendre l'établissement
complet du nouveau plan projeté. Gustave Bonnet demande alors
des plans partiels du quartier. Tel est le cas pour le tracé
du cours de Brosses, notre actuel cours Gambetta. Claude Joseph
Dignoscyo signe, à cet effet, en 1855, le " plan
d'une partie du 3e arrondissement de Lyon, levé et dessiné
par J.C.J. Dignoscyo fils, chargé du levé général
du 3e arrondissement ". Les emprunts au plan des Brotteaux
de 1839 sont reconnaissables : l'échelle est la même,
1:5000e, et les propriétés foncières
y sont indiquées de façon similaire. Cette échelle
est particulièrement agréable pour les projets d'ensemble,
car elle donne aisément la vue générale d'un
quartier, sans occulter les détails fondamentaux. Gustave
Bonnet en a certainement apprécié les avantages, et
l'on peut facilement comprendre qu'il ait, quelques années
plus tard, donné son accord à la publication du plan
général de la ville, en six feuilles (planche 23.),
et à la même échelle.
Pour le plan détaillé de la Guillotière
et des Brotteaux, Gustave Bonnet demande la réalisation d'une
triangulation préalable. Elle se traduit par l'édition,
en 1856, d'un canevas trigonométrique au 1:10 000e
signé par de Dignoscyo père et fils. Compte
tenu des obligations professionnelles de Laurent aux Hospices, il
est vraisemblable d'attribuer à Claude Joseph la principale
part des opérations de triangulation. Celle-ci est spécifiée
commencée le 1° août 1855, et terminée en
1856. Elle s'appuie sur une base de 956,20 mètres, mesurée
sur le cours Lafayette. Elle déborde largement le territoire
de la rive gauche du Rhône, pour se raccorder au reste de
la ville par une quinzaine de points, tels les clochers de Fourvière,
de Saint-Irénée, des Chartreux, de Saint-Georges,
de Saint-Nizier, de Saint-François, etc. Les distances sont
données avec une précision du centimètre, valeur
réaliste communément admise à l'époque,
quoique peut-être illusoire pour les longues distances. De
plus, contrairement aux autres opérations de triangulation,
antérieures et postérieures, le canevas est gravé
et reproduit à plusieurs exemplaires, ce qui laisse supposer
l'existence d'une équipe d’opérateurs sur le terrain,
chargés du levé des plans, et coordonnés par
un maître d'oeuvre unique.
Le plan parcellaire lui-même est établi
au 1:500e. Il comprend soixante-et-une feuilles de 1
m x 0,6 m, distribuées en deux parties rassemblant les feuilles
1 à 36, et 37 à 61. Les archives municipales de Lyon
détiennent la collection complète de six atlas reliés,
au format de 1,12 m x 0,73 m. Deux de ces atlas constituent les
exemplaires de la minute manuscrite des plans,
les quatre autres atlas constituent deux exemplaires d'expéditions,
également manuscrites, sur lesquelles on peut reconnaître
les mises à jour successives(94).
Ces plans n'ont en effet jamais été reproduits par
la gravure. Deux atlas d'expéditions sont présentés
sous une reliure en cuir pleine peau, aux coins de laiton, et décorées
du blason de la ville, ce qui en fait une oeuvre de grand prestige.
Une date figurant sur l'une des minutes laisse supposer que l'opération
d'établissement des plans était achevée en
1857, ce qui correspond, du reste, à la date du règlement
financier de l'opération.
À la demande de Gustave Bonnet, Claude Joseph
Dignoscyo effectue, à la même date, une réduction
au 1:2000e de ce plan parcellaire, destinée à
être reproduite par la gravure. L'ensemble est réparti
sur huit feuilles du même format, 1 m x 0,6 m. Les archives
municipales de Lyon conservent notamment deux atlas relatifs à
cette édition. Le premier comporte les minutes manuscrites,
ainsi que les premières épreuves de l'imprimeur graveur
Lemaître. Le deuxième rassemble les huit feuilles du
tirage définitif, dont l'édition date de 1860.
Sur ce plan parcellaire du quartier de la Guillotière
et des Brotteaux, on peut formuler deux remarques :
La première s'applique au titre même
du plan : Les feuilles du 1:2000e sont titrées
" Plan général de la ville de Lyon "
suivi de l'indication du secteur représenté, par exemple
" Rue Impériale-Palais de Justice-Fourvières ".
L'appellation de " Plan de la Guillotière et des
Brotteaux ", sous laquelle la " notice historique
des plans de Lyon "le désigne, si elle est plus précise,
n'est donc pas conforme aux intentions du concepteur, Gustave
Bonnet en l'occurrence. De toute évidence, celui-ci avait
déjà, en 1855, établi son projet d'ensemble
d'un plan parcellaire de l'ensemble de la ville, dont le plan cité
constitue la première réalisation(95).
La deuxième remarque a trait à la
trame d'assemblage des feuilles au 1:500e : Les
bords de feuille sont définis à partir du méridien
et de sa perpendiculaire passant au sommet du dôme de l'Hôtel
de ville, avec un décalage de 100 mètres à
l'est et au nord. Cette trame d'assemblage, définie pour
les plans de la Guillotière et des Brotteaux exécutés
en 1856-1857, sera également, par la suite, appliquée
aux plans parcellaires des autres quartiers, avec cependant une
numérotation différente. Cette observation confirme
bien l'existence d'un projet général conçu
par Gustave Bonnet dès 1855.
Les plans parcellaires de la Guillotière
et des Brotteaux, de Claude Joseph Dignoscyo, seront utilisés
par la Voirie municipale pendant environ trente ans, jusqu'en 1887,
date à laquelle une nouvelle opération de triangulation
et de levé de plans de la partie sud de la Guillotière
sera confiée aux géomètres Mermet et Vernay.
Cette opération sera terminée en 1890. Entre temps,
une opération similaire, pour la partie centrale de la Guillotière,
aura été réalisée en 1868-1870 par Grisard,
pour la triangulation, et par Simon, pour le levé des plans.
La deuxième
série des cartes départementales d'Eugène Rembielinski
L'accueil réservé à la publication
des cartes des départements du Calvados et du Rhône
pousse d'autres départements à se doter de documents
similaires. Ils s'adressent tout naturellement à Eugène
Rembielinski.
Ainsi, sont successivement produites les cartes
des départements de l'Ain (1855), de la Saône-et-Loire
(1856), de la Haute-Vienne (1858), de l'Isère (1864), et
peut-être aussi de quelques autres. Claude Joseph Dignoscyo
cite, par exemple, la carte du département des Basses-Alpes,
document qui n'a cependant pas été identifié
jusqu'à maintenant(96).
Le parc de
la Tête-d’Or
Le premier plan représentant le parc de la
Tête-d’Or date de 1856. C'est un plan manuscrit en cinq couleurs
dessiné par Laurent Dignoscyo. Il est intitulé " Plan
du domaine de la Tête-d’Or, avec la lône de ce nom,
et les fortifications ". Établi à l'échelle
du 1:2000e, il sert de pièce justificative à
l'acte de cession des terrains des Hospices à la ville de
Lyon, le 27 novembre 1856. L'auteur n'a certainement pas éprouvé
de grandes difficultés pour l'établir, puisque le
domaine de la Tête-d’Or faisait partie du patrimoine des Hospices,
et que Laurent Dignoscyo avait donc à sa disposition les
plans levés dans un passé récent.
Entre 1856 et 1860, le préfet
Vaïsse fait aménager par le paysagiste Denis Bühler
le parc de la Tête-d’Or, " campagne de ceux qui n'en
ont pas "(97). L'aménagement
pratiquement terminé, la Voirie municipale commande à
Claude Joseph Dignoscyo le plan du Parc réaménagé.
Le levé est exécuté par ce dernier en 1860,
après une triangulation préalable, et fait l'objet
d'un plan manuscrit établi à l'échelle du 1:1000e,
plan jamais reproduit, et malheureusement non identifié jusqu'à
maintenant.
La même année, Gustave Bonnet charge
Claude Joseph Dignoscyo d'en établir une réduction
au 1:2000e pour être reproduit par la gravure.
Il semble, du reste, y avoir eu un malentendu à ce sujet :
l'ingénieur de la Voirie en charge du dossier prétend
avoir commandé un plan en noir, et Claude Joseph lui livre
un plan en couleur. Ils ont dû finalement trouver un accord,
puisque le plan existe sous les deux versions, noir et couleur.
Ils sont tous deux datés de 1860, et établis
à l'échelle de 1:2000e(98).
Ce plan semble avoir connu un bon succès de diffusion, puisque
l'année suivante, en 1861, Gustave Bonnet fait exécuter
quelques corrections pour une diffusion supplémentaire de
cent exemplaires. Le musée Gadagne conserve la minute de
l'exemplaire annoté par Bonnet.
Enfin, en 1863, Claude Joseph Dignoscyo signe une
autre version du plan du parc de la Tête-d’Or, établi
au 1:5000e, et vraisemblablement extrait du plan de Lyon
en six feuilles, à cette échelle, qui vient d'être
publié. Ce plan comporte, dans un cartouche, une vue perspective
du parc. Il est réédité en 1877, mais sans
la vue perspective.
Les cartes
des cours du Rhône et de la Saône
En 1855, Claude Joseph Dignoscyo et Eugène
Rembielinski se voient confier par les services des Ponts et Chaussées
un travail d'une importance considérable : l'établissement
des cartes au 1:10 000e des cours du Rhône
et de la Saône. Réalisé en dix ans, de 1855
à 1866, ce travail se concrétise par un ensemble d'environ
cent vingts feuilles au format de 80 x 50 cm.
Le cours de la Saône fait l'objet de quarante-quatre
feuilles, de Lyon à Jonvelle. Celui du Haut Rhône,
de Lyon au Parc, en amont de Seyssel, représente environ
vingt feuilles, et celui du Bas Rhône, de Lyon à Donzère,
environ cinquante-quatre feuilles. Les cartes se présentent,
soit en atlas, souvent incomplets, soit en exemplaires séparés,
dont certains sont aquarellés. Il faut y rajouter quelques
soixante feuilles du cours du Rhône de Donzère à
la mer, exécutées, selon les dires de Claude Joseph
Dignoscyo, entre 1870 et 1874(99). Cette
dernière production n'a pu encore être identifiée
à ce jour.
Les notices des atlas précisent les conditions
d'exécution des opérations. Tout d'abord, une trame
d'assemblage des cartes est établie (fig. 13). Elle est basée
sur un quadrillage de méridiens et de perpendiculaires dont
l'origine correspond à l’arête d'aval de la culée
gauche du pont de la Mulatière. Quant aux opérations
de levé et d'établissement des plans, " elles
ont pris pour base une triangulation spéciale rattachée
à celle de la carte du dépôt de la Guerre. Le
levé s'est étendu sur une zone comprenant de chaque
côté une largeur moyenne de 300 mètres à
partir de la berge. Au-delà, le plan a été
déduit des plans des cadastres qu'on a révisés
en y indiquant tous les changements survenus depuis leur confection ".
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Fig.
13. Trame d'assemblage des feuilles des cartes du cours du
Rhône et de la Saône au 1:10 000e,
1857-1866 (Lyon, Archives municipales, 450028). Reprod. 5
Ph 35618.
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Pour cet important travail, Claude Joseph Dignoscyo
et Eugène Rembielinski ont évidemment bénéficié
du concours actif des agents des Ponts et Chaussées. Comme
pour l'établissement des cartes cantonales du département
du Rhône, ils assurent, outre leurs tâches personnelles
de dessinateur et de graveur, la coordination de l'ensemble des
opérations. Leur vocation d'entrepreneurs en cartographie
est, ici encore, clairement affirmée. Ils n'hésitent
pas, et ne s'en cachent pas, à utiliser des travaux antérieurs,
si cela peut accélérer la réalisation. À
l'inverse, le travail accumulé pourra être réutilisé,
comme ce sera le cas pour la feuille n° zéro, qui sera rebaptisée
Plan de la ville de Lyon, et largement diffusée auprès
du public (voir ci-dessus).
Peut-être trouve-t-on une réutilisation
de ce genre dans la carte des bassins du Rhône et de la Saône,
établie par Claude Joseph Dignoscyo, sous la direction d'un
professeur de faculté, J. Fournet, pour illustrer vraisemblablement
les travaux de ce dernier en la matière.
Le plan de
Lyon en six feuilles (planche 23.)
En 1860, Laurent et Claude Joseph Dignoscyo présentent
à Gustave Bonnet un important travail qu'ils viennent d'achever
et qu'ils ont entrepris de leur propre initiative, sans avoir reçu
de commande préalable de l’administration. Il s'agit du plan
général de la ville de Lyon, réparti sur six
feuilles, établi à l'échelle du 1:5000e.
Gustave Bonnet est visiblement séduit par
la qualité de ce travail, et par l'intérêt qu'il
présente pour les services de la Voirie municipale, qu'il
dirige depuis maintenant cinq ans. Il demande donc à la municipalité
d'acquérir le plan, ce qui se concrétise par un traité
signé le 14 juillet 1860.
La version officielle de la genèse de ce
plan est qu'il a été entrepris par ses auteurs plus
de dix ans auparavant, soit vers 1850. Bien qu'effectivement aucune
commande officielle n'ait été passée aux Dignoscyo
avant 1860, il est néanmoins permis de penser que Gustave
Bonnet avait, depuis 1855, connaissance du travail qui était
en cours d'établissement, qu'il l'avait vraisemblablement
encouragé, et que l'acquisition ultérieure du plan
était hautement probable.
Le plan présenté à Gustave
Bonnet en 1860 comporte six feuilles de 70 x 55 cm qui peuvent s'assembler
pour former un grand panneau de 2,10 x 1,10 m. Il a été
établi " par réduction
au pantographe des plans cadastraux préalablement révisés,
complétés par de nombreux levés particuliers.
Les assemblages combinent les triangulations du Génie Militaire
et du Cadastre "(100).
Après acquisition du plan, Gustave Bonnet décide de
le faire reproduire, après toutefois une révision
générale. Il charge Claude Joseph Dignoscyo de cette
double opération. Le mode de reproduction retenu est l'autographie.
Le tirage est confié à l'imprimeur lithographe Courtot.
Les premières feuilles sortent en 1861, et le tirage complet
date de 1863. Il est publié en quatre versions : en
noir, sans courbes de niveau ; en noir, avec courbes de niveau ;
en couleur, sans courbes de niveau ; en couleur, avec courbes
de niveau.
L'administration municipale en autorise la vente
au prix de six francs la feuille. Le premier tirage de 1863, de
quinze cents exemplaires, est accueilli favorablement par le public.
Un an après, en 1864, Claude Joseph Dignoscyo
en réalise une réduction au 1:40 000e,
vraisemblablement pour le seul amour de l'art. Cette réduction,
qui reste à l'état de manuscrit en trois couleurs,
jamais reproduit par la gravure, peut être considéré
comme une démonstration du talent de miniaturiste de son
auteur, étant données ses dimensions réduites
et l'abondance des détails représentés. Probablement
conservé dans la collection personnelle de l'auteur jusqu'à
la fin de sa vie, il fait partie actuellement de celle du musée
Gadagne (fig. 14).
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Fig.
14. Réduction du plan de Lyon en six feuilles au 1:40 000e,
plan manuscrit de Claude Joseph Dignoscyo, 1864 (Lyon, Musée
Gadagne). Reprod. 5 Ph 35474.
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Fig.
15. Plan de l'Île-Barbe au 1:5000e, plan
manuscrit de Laurent Dignoscyo, 1870 (Lyon, Musée Gadagne,
s.n.). Reprod. 5 Ph 35488.
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Six ans plus tard, en 1870, Laurent Dignoscyo dessine
un plan de l’Île-Barbe au 1:5000e. Utilisant vraisemblablement
la base cartographique du plan en six feuilles, cet extrait s'en
distingue par un degré de détails nettement supérieur.
Les parcs et jardins de ce quartier y sont représentés
notamment avec un souci de précision qui pourrait laisser
penser que le plan est destiné à l'un des propriétaires
de ces luxueuses résidences. Manuscrit en couleur, il est,
comme le précédent, conservé par le musée
Gadagne (fig. 14). C'est une des dernières oeuvres personnelles
connues de Laurent Dignoscyo. En 1870, il a soixante-quinze ans.
Il lui reste six ans à vivre.
En 1882, le plan en six feuilles, qui date de vingt
ans, a besoin d'une révision. Celle-ci est confiée
à Jules Rembielinski, qui travaille depuis 1880, date de
la mort de son père, dans le cabinet lyonnais de son oncle,
Claude Joseph Dignoscyo. Les feuilles de cette deuxième édition
du plan en six feuilles comportent ainsi la double signature Rembielinski
et de Dignoscyo del. Le mode de reproduction choisi est alors
l'héliogravure. Les tirages sont exécutés par
l'imprimeur parisien Lemercier, qui en tire quinze cents exemplaires
en 1888. La numérotation des feuilles et les cartouches contenant
titres et légendes diffèrent de la première
édition de 1863.
Trois ans auparavant, en 1885,
alors qu'il effectue les opérations de révision, Jules
Rembielinski réalise lui-même deux assemblages héliographiques
en couleur du plan, pour la Voirie municipale, peut-être pour
être exposés(101). Les archives
municipales de Lyon conservent un exemplaire qui correspond à
cette description.
Le plan en six feuilles, sous ses deux éditions
de 1863 (planche ) et 1888, constitue une des oeuvres maîtresses
de la cartographie lyonnaise de la deuxième partie du XIXe
siècle. Sa quatrième version de 1863 notamment, en
couleurs et courbes de niveau, peut être considérée
comme le dernier grand plan de Lyon établi avec un parti
résolument esthétique.
Les environs
de Lyon au 1:40 000e
Au début de l'année 1864, Gustave
Bonnet passe commande à Laurent Dignoscyo d'une carte des
environs de Lyon au 1:40 000e. Un travail similaire
a pourtant été entrepris, depuis quelques années,
par les services de la voirie. Il a été confié
à des géomètres vacataires, payés en
régie, c'est-à-dire au temps passé. Gustave
Bonnet n'est pas satisfait de l'avancement du travail, et charge
Laurent Dignoscyo de le reprendre complètement
et de l'achever, moyennant un prix forfaitaire convenu. Un traité,
passé entre Gustave Bonnet et Laurent Dignoscyo le 15 janvier
1864, concrétise leur accord(102).
L'auteur de la notice historique sur les plans de
Lyon note cependant que Claude Joseph Dignoscyo et Eugène
Rembielinski, tirant parti de l'établissement de la carte
du département du Rhône au 1:40 000e
et des cartes des cours du Rhône et de la Saône, avaient
déjà, à la même époque, dans leurs
cartons, le dessin quasi-achevé d'une carte des environs
de Lyon au 1:40 000e, et que Gustave Bonnet souhaitait
l'acquérir. Les deux affirmations ne sont probablement pas
contradictoires.
Toujours est-il qu'en réalité, c'est
Claude Joseph Dignoscyo qui dessine la carte dans un délai
record, puisqu'il remet son dessin à Gustave Bonnet en 1865.
Comme indiqué dans un paragraphe précédent
consacré à Eugène Rembielinski, c'est ce dernier
qui est chargé de sa gravure sur pierre. La carte est éditée
en 1869 par Lemercier, qui effectue un premier tirage de deux mille
exemplaires.
La notice historique, déjà citée,
est particulièrement élogieuse sur cette réalisation :
" Par la finesse et la pureté
du trait et des écritures, la perfection des indications
typographiques et autres détails, cette gravure sur pierre,
qui a toute la netteté d'une gravure sur cuivre, avec un
ton général plus doux, peut être considérée
comme une oeuvre de premier mérite, on peut dire même
une oeuvre d'art "(103). Mise
en vente par la Ville au prix de quatre francs l'exemplaire, elle
est mise à jour à trois reprises, en 1874, 1884 et
1894, avec au moins une édition intermédiaire en 1882,
et chaque fois des tirages d'environ mille exemplaires.
Avec la première publication de cette carte
en 1869, Gustave Bonnet termine la mise en oeuvre de son projet
cartographique lyonnais, qu'il a probablement conçu, dans
ses grandes lignes, peu après son arrivée à
Lyon. Il dispose en effet d'une panoplie complète et cohérente
de plans établis à différentes échelles,
chacun étant adapté aux types d'études à
conduire : une carte du Grand Lyon au 1:40 000e ;
un plan de Lyon au 1:10 000e ; un plan de Lyon
en six feuilles au 1:5000e (planche 23.). Ces trois documents
sont signés Dignoscyo et/ou Rembielinski.
Par ailleurs, les services de la Voirie, qu'il dirige,
travaillent à la réalisation du grand projet d'un
plan parcellaire de la ville, au 1:500e et au 1:2000e.
Le premier travail achevé dans ce sens est celui des plans
de la Guillotière et des Brotteaux, disponibles depuis 1857
pour le 1:500e, et 1860 pour le 1:2000e, et signés également
Dignoscyo. Les plans parcellaires d'autres quartiers sont en cours
d'établissement par d'autres équipes de géomètres,
depuis 1861, date du début de l'opération de triangulation
de Fouque. En 1869, vingt feuilles au 1:500e ont déjà
été gravées par Séon. Il faudra cependant
attendre 1887 pour que la Voirie municipale reprenne à son
compte le projet d'une édition des plans parcellaires au
1:2000e.
Il est vrai que Gustave Bonnet n'est plus là
pour insuffler son dynamisme naturel à ses équipes
de la Voirie municipale : pratiquement éliminé
du pouvoir local après les événements de 1870,
il décède en effet en 1872.
Reproduction
des plans parcellaires de Lyon au 1:500e
Au fur et à mesure de leur établissement
par divers géomètres, tels Vignat, Mermet, Vernay,
les feuilles du plan parcellaire de Lyon au 1:500e sont
gravées sur zinc par Joanny Séon, graveur attaché
à la Voirie municipale. De 1865 à 1883, date de son
décès, Séon grave ainsi cinquante feuilles,
qui sont imprimées chez Fugère Frères, " les
seuls qui disposent de presses de la dimension convenable ".
Le format des feuilles est en effet de 1 x 0,60 m.
En 1884, les services de la Voirie municipale s'interrogent
sur le mode de reproduction à adopter pour la suite de l'opération.
La gravure sur zinc utilisée jusqu'alors présente
deux inconvénients. Tout d'abord elle revient cher. Le tirage
d'une feuille coûte plus de six cents francs, alors qu'en
autographie il revient à environ cent cinquante francs. Ensuite,
elle nécessite un tirage humide qui induit des déformations
du papier, ce qui est considéré comme rédhibitoire.
La Voirie municipale prend donc la décision de retenir le
procédé autographique pour la reproduction des plans.
Elle confie l'établissement des calques autographiques à
Jules Rembielinski, et le tirage à l'imprimeur parisien Monrocq.
De 1884 à 1892, Jules Rembielinski reçoit
de la Voirie municipale quatre commandes successives. Pendant cette
période, cent trente-deux feuilles du 1:500e sont
reproduites en autographie par le couple Rembielinski-Monrocq. En
1896, la Voirie municipale décide, une nouvelle fois, de
changer de procédé de reproduction. Elle choisit le
procédé dit " autophotographique " mis
en oeuvre par l'imprimeur parisien Gentil. Une commande de soixante-cinq
calques pour ce procédé est passé en 1897 à
Jules Rembielinski. Il n'est pas certain que ce dernier ait pu honorer
cette commande. Son décès proche, en 1901, en est
peut-être la cause.
Les tirages exécutés de 1865 jusqu'à
la fin du XIXe siècle, soit par Séon-Fugère
jusqu'en 1883, soit par Rembielinski-Monrocq ensuite, ne sont pas
signés, probablement en application de consignes générales
de la Voirie municipale, à partir d'une certaine époque,
puisque cette absence de signature se retrouve sur d'autres plans
de la même période. Leur identification n'est donc
pas évidente, car seules la date, malheureusement souvent
absente, et la qualité de la reproduction, peuvent servir
de guides. Quelques exemplaires détenus par les archives
municipales de Lyon permettent néanmoins de faire la différence.
L'atlas 1541 Wp 65, daté de 1867-1869, appartient vraisemblablement
à la première édition, celle de Séon-Fugère,
alors que les atlas 1541 Wp 67 et 69, datés de 1890 et 1898,
correspondent à la deuxième édition, celle
de Rembielinski-Monrocq. Le dernier rassemble dix-sept feuilles
du quartier des Brotteaux, ce qui correspond à une commande
passée à Jules Rembielinski en 1892.
À noter que la notice historique déjà
citée attribue à Jules Rembielinski, à l'occasion
de la commande de quarante calques autographiques qui lui est confiée
en 1888, la révision des plans correspondants " exécutée
sur le terrain ".
Les plans
généraux de Lyon au 1:2000e
En 1887, la Voirie municipale reprend le projet
d'établissement de plans parcellaires de la ville au 1:2000e,
à partir d'une réduction des plans au 1:500e.
Une partie de ce projet avait déjà été
réalisé en 1857-1860 avec les huit feuilles au 1:2000e
des quartiers de la Guillotière et des Brotteaux, dessinées
par Claude Joseph Dignoscyo et imprimées par Lemercier. En
1887, une centaine de feuilles au 1:500e sont disponibles
en version imprimée, mais aucune réduction au 1:2000e
n'en a été tirée.
G. Bonnet avait pourtant, au cours de la période
1860-1870, plusieurs fois souligné l'intérêt
de cette échelle du 1:2000e, et la notice historique
rappelle son argumentation : " Le
plan parcellaire est précieux, on peut dire indispensable,
pour les études de détail des projets de la Ville.
Sa trop grande dimension le rend impropre à être utilisé
pour les études d'ensemble. D'où la nécessité
d'établir un plan à une échelle plus restreinte,
celle du 1:2000e "(104).
Cette échelle est, de plus, à cette époque,
imposée par la législation pour les plans d'enquêtes
d'expropriation.
Considérant, en outre, que le travail déjà
réalisé au 1:500e recouvre la majeure partie
de la partie urbaine de la commune de Lyon, la Voirie décide
d'en faire effectuer la réduction au 1:2000e.
Ceci représente dix-huit feuilles, sur le total prévu
de trente-et-une feuilles correspondant à l'ensemble du territoire
de la commune. Les commandes des réductions et de l'établissement
des calques autographiques sont confiées à Jules Rembielinski,
et celles des tirages à l'imprimeur parisien Lemercier.
Ces commandes sont datées de 1887 pour les sept premières
feuilles, et de 1892 pour les onze suivantes(105).
Les archives municipales de Lyon conservent deux atlas correspondant
à ces éditions du plan parcellaire au 1:2000e.
Les feuilles ne comportent pas de signature. Sur l'une des feuilles,
figure la date du tirage : 1898.
Le plan de
la commune de Lyon au 1:10 000e
En 1889, la Voirie municipale constate que le plan
de Lyon existant à cette échelle, dont la dernière
mise à jour date de 1880, présente un grave défaut :
conçu en 1847, il n'intègre évidemment pas
les extensions ultérieures de la commune, et ne recouvre
donc pas la totalité de son territoire, à l'est comme
à l'ouest. Il est donc décidé de confier à
Jules Rembielinski l'établissement d'un nouveau plan au 1:10 000e,
recouvrant un champ plus étendu que l'ancien. Dans
sa soumission, Jules Rembielinski signale qu'il conserve, dans ses
archives, la minute manuscrite du plan établi en 1847 par
son grand-père, Laurent Dignoscyo, et qu'il compte s'en servir
comme base de son travail, en le mettant au préalable complètement
à jour(106).
Le nouveau plan est achevé, dans sa version
manuscrite, en 1891, quinze mois après notification de la
commande. La méthode appliquée pour la mise à
jour du plan de 1847 est basée : " pour
la partie urbaine, sur une réduction au pantographe des plans
au 1:500e et au 1:2000e, pour la partie suburbaine,
sur l'utilisation des plans cadastraux comme canevas, révisés
et complétés par des opérations effectuées
sur le terrain, et par des documents divers dans les services. "(107)
Le plan manuscrit est établi sur une seule
feuille de 1,05 x 0,92 m. En 1894, la Voirie décide de le
faire reproduire par l'autographie par l'imprimeur Lemercier. Un
premier tirage de cinq cents exemplaires sort en 1895. L'exemplaire
gravé est établi sur deux feuilles, car Lemercier
ne possède pas de presse suffisamment importante pour l'imprimer
sur une seule.
En 1898, il en est tiré une réduction
au 1:20 000e par l'imprimerie de lithographie et
d'héliographie Veuve Léon Delaroche à Lyon.
Cette version est évidemment plus maniable, mais au détriment
de sa lisibilité, compte tenu de l'abondance des détails
représentés.
Deux mises à jour du plan au 1:10 000e
se succèdent, en 1898 et en 1900. Aucun de ces tirages n'est
signé, comme il semble que ce soit devenu la règle
à cette époque. Un an avant sa mort, en 1901, Jules
Rembielinski a ainsi la satisfaction de constater que le succès
de son plan nécessite une troisième édition,
satisfaction sans doute teintée d'un peu d'amertume de ne
pas voir son nom y figurer. En 1906, l'ingénieur en chef
de la ville note que " les services municipaux et le public
usent très fréquemment de ce plan. La consommation
annuelle est d'environ 300 exemplaires. Il faut
donc envisager à bref délai un tirage important. "
Il propose une édition entièrement nouvelle, pour
tenir compte des modifications intervenues en six ans. Mais nous
sommes alors au XXe siècle, et Jules Rembielinski
n'est plus là pour assurer la mise à jour(108).
Le plan de
Lyon en relief
C'est une oeuvre tardive de Claude Joseph Dignoscyo.
Ce plan ne comporte pas de date, mais il représente l'état
de la ville aux environs de 1880-1890. Le plan est établi
à partir d'un tirage sur papier, en trois couleurs, au 1:30 000e,
avec courbes de niveau dessinées en rouge. Le relief est
obtenu par gaufrage du papier, s'appuyant vraisemblablement sur
un moule déduit des courbes de niveau. D'après les
indications portées sur le plan, ce procédé
est appliqué par un spécialiste allemand ou autrichien
du nom de Streffleur. L'éditeur du plan est la papeterie
Mercier à Lyon, qui s'en déclare propriétaire.
Les archives municipales de Lyon en détiennent un exemplaire.
On en trouve d'autres dans des collections particulières
lyonnaises.
Artistes oubliés et praticiens
confirmés
Artistes
oubliés
Les analyses précédentes concernent
exclusivement l'activité cartographique des membres de la
dynastie Dignoscyo-Rembielinski. Mais on sent bien que leur réussite
professionnelle s'est développée à partir de
réelles aptitudes artistiques.
C'est probablement ce double aspect - la technique
et l'art - qui explique en partie leurs succès :
les cartes et les plans qu'ils dessinent, disons-le sans réticence,
sont beaux. Le soin qu'ils apportent à calligraphier les
inscriptions, à guillocher leurs cadres, à symboliser
les espaces verts, montrent qu'ils ne se contentent pas d'un simple
travail de technicien.
Eugène Rembielinski se qualifie lui-même
" d'artiste ", ainsi qu'on a pu le voir précédemment,
dans une de ses lettres adressée à Gustave Bonnet,
confirmant ainsi la haute idée qu'il se fait de son métier.
Il est vrai qu'il hausse l'art de la gravure sur pierre appliquée
à la cartographie jusqu'à un degré proche de
la perfection. Comme on aimerait retrouver les fac-similés
de cartes anciennes qu'il a gravées au début de sa
carrière, sous l'autorité de Champollion-Figeac, Letronne
et Jomard, qui appréciaient visiblement ses talents artistiques !
Laurent Dignoscyo dépasse, lui aussi, les
simples capacités du dessinateur de plans. On sait avec quelle
minutie et quel sens esthétique il a restauré, en
1842, le plan scénographique de Lyon de 1550. L'élévation
de la façade de l'Hôtel-Dieu, qu'il a dessinée
en 1838, démontre également ses qualités de
dessinateur d'architecture.
Mais combien d'oeuvres de Laurent, (qu'on peut qualifier
d'oeuvres d'art, même s'il ne s'agit évidemment que
d'art mineur), établies en marge de son activité de
cartographe, ont été égarées, et peut-être
perdues à jamais ? On en connaît
l'existence grâce aux témoignages de ses biographes,
et aux catalogues des ventes publiques du début du XXe
siècle. Ses biographes, Audin et Vial(109)
notamment, citent nombre de cartes historiques décrivant
les territoires autour de Jérusalem, d'Antioche, de Constantinople,
etc, ainsi que plusieurs dessins et aquarelles représentant
des paysages lyonnais, comme le pont de la Guillotière ou
l'église de Fourvière. Confirmation en est donnée
par les catalogues de deux ventes publiques. La
première, en 1911, liste plus de soixante pièces,
blasons ornés et aquarellés, dessins de personnages
du Moyen Âge, dessins de vitraux, etc. La seconde, en 1929,
propose à la vente " cent dessins, calques et aquarelles,
signés et datés de 1832 ", réunis
dans un album in-folio(110).
Que sont devenus ces témoignages du talent
de dessinateur de Laurent Dignoscyo ? Il est possible qu'un
certain nombre d'entre eux se trouvent actuellement dans des collections
privées lyonnaises. Souhaitons que le hasard nous permette
de pouvoir, un jour prochain, les identifier, et probablement les
admirer.
Praticiens
confirmés
Le terme de praticien, dans son sens premier, " celui
qui maîtrise la pratique de son art ", convient tout
particulièrement pour caractériser l'activité
professionnelle des quatre membres de la dynastie Dignoscyo-Rembielinski.
Sauf peut-être Eugène Rembielinski, qui a dû
recevoir en Pologne une formation de graveur en cartographie, ils
ont appris leur métier en le pratiquant et en se perfectionnant
progressivement, pour finalement acquérir une maîtrise
de leur art supportant largement la comparaison avec celle de leurs
confrères officiellement certifiés.
Leur sens de l'organisation, la vision pragmatique
qu'ils ont de leur métier, la complémentarité
de leurs talents, qu'ils mettent en commun, sont parmi les raisons
qui expliquent leur réussite. En particulier, ils se constituent,
au fil des années, une documentation cartographique de premier
ordre sur la région lyonnaise, qu'ils n'hésitent pas
à réutiliser, comme on a pu s'en rendre compte ci-dessus
à plusieurs reprises, pour de nouvelles réalisations.
C'est cette organisation, qu'on pourrait caractériser sous
la dénomination " d'agence de cartographie ",
qui leur permet de démontrer à leurs clients l'efficacité
dont ils font preuve pour honorer leurs commandes.
Et cette efficacité est redoutable, comme
le montrent quelques exemples :
Laurent Dignoscyo, embauché par les hospices
de Lyon en septembre 1837, présente son plan des Brotteaux
au conseil d'administration de cette institution en janvier 1839,
soit à peine plus d'un an après son arrivée.
Claude Joseph Dignoscyo réalise en deux ans,
de 1855 à 1857, la triangulation et l'établissement
des plans parcellaires de la Guillotière et des Brotteaux,
ce qui représente soixante-et-une feuilles au 1:500e
et huit feuilles au 1:2000e. Par comparaison, l'établissement,
en version gravée, de cinquante-six feuilles au 1:500e
relatives aux autres quartiers, sera ensuite réalisée
en vingt-deux ans, de 1861, date du début de la triangulation
de Fouque, jusqu'en 1883, date du décès du graveur
Séon, par d'autres équipes de géomètres.
Eugène Rembielinski et Claude Joseph Dignoscyo
mettent dix ans pour établir les quelques cent vingt feuilles
au 1:10 000e des cours du Rhône et de la Saône,
de 1855 à 1866.
Jules Rembielinski établit en quinze mois
la nouvelle carte de la Commune de Lyon au 1:10 000e
que la Voirie lui commande en 1889.
Dans ce domaine aussi, on aimerait savoir ce que
sont devenues les archives de l’" agence " Dignoscyo-Rembielinski.
Détenues, jusqu'en 1901, par Jules Rembielinski, elles ne
sont pas mentionnées dans son inventaire après décès.
Sans doute ont-elles été dispersées, et les
chances de les retrouver, même en partie, sont malheureusement
bien improbables !
C'est pourtant en partie grâce à elles
que les quatre membres de la dynastie ont pu jalonner, par leurs
signatures, quatre-vingts années de la cartographie lyonnaise
du XIXe siècle.
Pierre Sarocchi
|
Annexe
3
Assemblage
du plan de Lyon de L. B. Coillet au 1:900e. Existe dans l'inventaire
fait à la fin octobre 1818 par Gaud, ingénieur
du Cadastre. Ce plan au 1:900e n'est pas une réduction
du plan au 1:300e ; il a été tracé directement
sur le terrain à partir des données prises.
Chacune des 15 feuilles correspond exactement à 9 feuilles
du plan au 1:300e. ces feuilles (format 0,65 m x 1,00 m) sont
cotées 2 S 502/1 à 2 S 502/12, 2 S 967, 2 S
968, 2 S 969). Reprod. 5 ph 35754.
|
 |
87-
Pierre-Yves SAUNIER, " Les guides touristiques de Lyon ",
Géographie et cultures, n° 13, printemps 1995.
88-CHAMBET, Guide de
l'étranger à Lyon, Lyon, 1818.
89-Paris, Archives nationales,
BB11 539 (5418X4), dossier de naturalisation de Eugène Napoléon
Rembielinski, apostilles de Terme, maire de Lyon et député
du Rhône, Jomard, membre de l'Institut, et Despres, député
du Rhône, à une lettre d'Eugène Rembielinski
au ministre de la Justice, à la date du 5 août 1846.
90-À titre d'exemple,
voir le traité entre la ville de Lyon et Laurent Dignoscyo,
à la date du 15 janvier 1864 (Lyon, Archives municipales,
925 Wp 249, " carton 54, dossier 13, pièce 2 ").
91-Ibid., 322 Wp, non
classé, 4e article, " Nomenclature [...] ", notice
multigraphiée, rédigée sans doute par Claude
Joseph Dignoscyo, vers 1889.
92-Revue du Lyonnais,
t. 24, année 1846, p. 84. La notice historique et descriptive
est présentée sans nom d'auteur. La revue du Lyonnais
respecte cet anonymat. En revanche, l'Armorial des bibliophiles
de Lyonnais (1907), en attribue explicitement la rédaction
à Alfred de Terrebasse. L'exemplaire conservé aux
archives municipales de Lyon comporte une dédicace de ce
dernier " à mon ami Verne ", ainsi que sa signature
en fin de texte.
93-Charles Guillemain,
Histoire des eaux publiques de Lyon, Lyon, 1934.
94-La minute comporte
les cotes du levé, et les bâtiments y sont indiqués
par des hachures grises. L'expédition ne comporte pas de
cotes, et les bâtiments y sont indiqués par des lavis.
(Cf. notice historique précitée).
95-Deux articles de la
Revue du Lyonnais, parus dans la rubrique " Chronique locale
" (peut-être deux articles rédactionnels ?), en
1858 et 1859, semblent confirmer cette hypothèse. D'après
ces articles, la ville de Lyon aurait eu de plus, à cette
époque, l'intention de confier à l'équipe Dignoscyo-Rembielinski
la totalité de l'établissement du plan parcellaire
de Lyon au 1:500e, représentant environ deux cents feuilles.
On sait que tel ne fut pas le cas, puisque la suite du travail fut,
à partir de 1861, confié à d'autres géomètres.
96-Lyon, Archives municipales,
322 Wp, non classé, 4e article, " Nomenclature [...]
", notice multigraphiée, rédigée sans
doute par Claude Joseph Dignoscyo, vers 1889.
97-Jean-Pierre GUTTON
(dir.), Les lyonnais dans l'histoire, 1985, article " Vaïsse
", rédigé par Jean-Charles BONNET.
98-Lyon, Archives municipales,
332 Wp 14, " carton 2, dossier 388 ", lettre de Delerue,
ingénieur adjoint, à Claude Josph Dignoscyo, à
la date du 25 octobre 1860.
99-Ibid., 322 Wp, non
classé, 4e article, " Nomenclature [...] ", notice
multigraphiée, rédigée sans doute par Claude
Joseph Dignoscyo, vers 1889.
100-Ibid.
101-Ibid., 322 Wp,
non classé, 4e article, lettre de l'ingénieur en chef
au maire de Lyon, à la date du 21 décembre 1885.
102-Ibid., 925 Wp 249,
" carton 54, dossier 13, pièce 2 ".
103-Ibid., 938 Wp non
classé, Notice historique sur les plans de la ville de Lyon,
[1894].
104-Ibid.
105-Ibid., 322 Wp,
non classé, 4e article, soumissions à la date.
106-Ibid., 322 Wp,
non classé, 5e article, soumission.
107-Ibid., 938 Wp non
classé, Notice historique sur les plans de la ville de Lyon,
[1894].
108-Ibid.,
944 Wp 25, rapport de l'ingénieur voyer Morel, à la
date du 30 mars 1906.
109-Marius Audin et
Eugène Vial, Dictionnaire des artistes et ouvriers d'art
du Lyonnais, Paris, 1918-1919, t. 1er, ad voc.
110-Catalogue d'estampes
et [de] dessins anciens provenant d'une collection lyonnaise, vente
le mardi 2 mai 1911, Me Bernoud, commissaire-priseur, P. Randin,
expert, Lyon, 1911, pp. 170-171, n° 1381-1382, 1384-1386. Catalogue
de la collection Paul Dissard, ancien conservateur des musées
de Lyon : gravures, dessins, aquarelles, vieux papiers [...] : vente
aux enchères les 18, 19, 20 et 21 21 mars 1929 et 14-17 mai
1930, Me Bussilet, commissaire-priseur, Lyon, 1929, p. 52, n°
602.
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