LE GRAND PLAN PARCELLAIRE OU DE DÉTAILS DE LA VILLE DE LYON, 1860-1970
LA CONTRIBUTION DES GÉOMÈTRES PRIVÉS (2)

 

Description des travaux

Fig. 2. Triangulation de L.M. Fouque : croquis des points trigonométriques (Lyon, Archives municipales, 784 Wp 1). Reprod. 5 Ph 35674.

Empruntons à la notice historique, déjà citée, le récit détaillé de la poursuite des travaux :

" Pour que celui-ci [le futur plan] présentât toutes les garanties de précision désirables, il était indispensable qu’il fût rattaché à une triangulation générale enlaçant les points principaux du territoire de la ville dans un seul et unique réseau indéformable.

Un réseau composé de six grands triangles ayant un sommet central commun sur le clocher de l’église de Fourvière, lequel constitue le point n°1 de la triangulation [fig. 2](10), couvre non seulement l'agglomération Lyonnaise, mais s'étend même un peu au-delà, leurs autres sommets étant situés ainsi qu'il suit :

Point n°2 - Clocher de la nouvelle église de Villeurbanne,

Point n°3 - Toiture du grand bâtiment de l'hospice de Saint-Jean de Dieu,

Point n°4 - Tour de la maison Janin située à Sainte-Foy-lès-Lyon,

Point n°5 - Les Massues - aqueducs de Tassin-la-Demi-Lune,

Point n°6 - La Duchère - Fort pare à dos,

Point n°7 - Fort de Montessuy, commune de Caluire.

Le périmètre du polygone formé par la réunion rectiligne des six derniers points qui précèdent, mesure un développement total de 23 kilomètres, 669 mètres, englobant une superficie territoriale de plus de 5000 hectares.

L'élément primordial de cette triangulation est une base mesurée établie rue Garibaldi, entre le boulevard du Nord et le château de la Buire, aujourd'hui démoli. Les projections de ses deux extrémités sont repérées par des bornes en pierre de taille enfouies dans le sol de ladite rue. Cette base a été mesurée avec le plus grand soin deux fois et en sens inverse, au moyen d'un ruban en acier de 40 mètres de longueur préalablement étalonné. La moyenne entre les deux mensurations ressortait à 2301m,973.

Il est à remarquer qu'il n'y eut entre elles deux qu'une différence de 0m,05 seulement, soit 1/46 000 de la longueur moyenne, résultat qui fut jugé assez satisfaisant pour que l'on soit dispensé de toute mensuration ultérieure.

Fig. 3. Triangulation de L.M. Fouque : schéma de la rose des sept points de premier ordre (Lyon, Archives municipales, 925 Wp 261). Reprod. 5 Ph 35375.

 

Cette première base mesurée, servit à établir une seconde base calculée de plus grande longueur, laquelle fut utilisée pour la détermination du réseau principal ou rose des six grands triangles indiqués ci-dessus [fig. 3](11). Ce calcul fut facilité par la disposition de la base mesurée qui coupait, non loin de la normale et à peu près dans son milieu le rayon ou côté Fourvière-Clocher de Villeurbanne, de la rose générale, circonstance qui permit de prendre cette base comme méridienne provisoire pour calculer la longueur de ce rayon ou côté, qui fut trouvé être de 5292m,60 et de déterminer ensuite le rayon ou autre côté opposé Fourvière-les Massues, de deux façons distinctes, en passant, d'une part par les trois triangles de gauche ; d'autre part, par les trois triangles de droite. Les deux résultats ont différé de 0m,075 sur la longueur, et de une seconde cinq dixièmes (1,5") à l'azimut provisoire. De très légères modifications apportées aux angles observés, ont fait disparaître ces différences d'ailleurs extrêmement minimes.

Un réseau de triangulation de 2ème ordre s'appuyant sur la rose générale, et soudés entre eux, a été établi ensuite par le même triangulateur, Mr Fouque, dans les 1er, 2ème, 4ème et 5ème arrondissements de la ville ; et quelques uns aussi, mais en très petit nombre, dans les 3ème et 6ème arrondissements (rive gauche du Rhône). Les points de second ordre, placés sur des lieux accessibles, tels que des toitures de maisons et de monuments, des clochers, dômes, forts, ponts, etc., offrant des chances de longue durée, servirent pour la plupart de points de stationnements. Ils sont représentés sur les lieux par le sommet de cônes en bois mobiles, encastrés en grande partie dans des bornes en ciment, et plus rarement dans des appareils en fer [fig. 4](12). Ces cônes, qui s'enlèvent à volonté, font place, le moment venu, à l'instrument servant à la mesure des angles. Le réseau de 2ème ordre a pour but de fournir, non seulement des points de stationnement, mais aussi des bases pour la détermination des points de 3ème ordre, spécialement destinés à repérer les opérations d'arpentage.

Fig. 4. Cône de signalisation, dessin à la plume et au lavis (Lyon, Archives municipales, 938 Wp). Reprod. 5 Ph 35615.

 

Les points de tous ordres sont calculés et rapportés à une méridienne unique et à sa perpendiculaire qui l'une et l'autre passe par le dôme de l'Hôtel de Ville où elles se croisent. L'orientation de la méridienne est déduite de trois points de la Carte de France fournie par le dépôt de la Guerre, savoir Fourvière-observatoire, clocher de l'ancienne église de Villeurbanne, et clocher de L’église de Cuire. L'instrument qui a servi à la mesure des angles est un théodolite de Brunner [fig. 5] de 0m,22 de diamètre, donnant directement les cinq secondes (0° 00' 05"), portant quatre verniers et une lunette unique et excentrique. Les angles des triangles de premier ordre ont été mesurés par la méthode dite de réitération, par six séries représentant 96 lectures. Ceux des triangles de deuxième ordre par la mesure dite de répétition, par deux ou trois séries d'angles quadruples ou sextuples suivant les exigences des opérations. Enfin les angles des triangles de 3ème ordre ont été mesurés également avec la même méthode de répétition, suivant deux séries au moins d'angles quadruples. Les faibles différences trouvées pour les longueurs des côtés communs des triangles de tous ordres, calculés au moyen des angles ci-dessus, démontrent qu'ils ont été mesurés avec une grande précision.

Les calculs de tous les points se divisent en calculs préliminaires et en calculs définitifs. Dans les uns et les autres, l'approximation dans les chiffres a été poussée jusqu'au dixième de seconde (0°00'00"1) pour les angles, et au millimètre (0m,001) pour les lignes.

Fig. 5. Théodolite de Brunner grand modèle, 1860. Dépôt des archives municipales de Lyon à Géomusée. Reprod. 5 Ph 35660.

Les calculs préliminaires font répartir ainsi qu'il suit les différences obtenues pour les longueurs des côtés communs :

1°- Dans la rose des triangles de premier ordre, cette différence ne dépasse pas 1/40 000, alors que le cahier des charges accorde pour tous les réseaux une tolérance de 1/3000. (Celle accordée pour les triangles de la carte de France est de 1/30 000). 2°- Dans les triangles de 2ème et 3ème ordre, les calculs ne font reporter pour les longueurs des côtés communs que des différences inférieures à six centimètres (0m,06) quelle que soit la longueur de ces côtés, lesquels n'atteignent pas le tiers de la tolérance accordée. Les calculs définitifs sont effectués après l'opération dite de balancement des angles, qui consiste à modifier les angles des triangles primitifs de manière à annuler autant que possible les différences résultant des calculs préliminaires quelques minimes qu'elles soient. On est arrivé ainsi à faire de la triangulation dont il s'agit un tout homogène dans tout son ensemble et dans ses parties.

Les pièces de cette triangulation se composent :

1°- Du registre des angles observés, comprenant onze gros volumes contenant ensemble 6599 pages.

2°- Des registres des calculs effectués comprenant trois volumes contenant ensemble 2548 pages.

3°- D'un registre trigonométrique de 129 doubles pages, contenant, entre autres indications, la désignation de l'emplacement des points trigonométriques, les angles des triangles, la longueur de leur côté, les coordonnées rectangulaires de leurs sommets, et enfin des croquis indiquant la situation topographique de chaque point.

Commencée en 1861, la triangulation de Fouque a été terminée en 1869.

Elle a donc duré 7 années (on a vu plus haut qu'elle ne comprend pas la détermination des points de 2ème et 3ème ordre dans les 3ème et 6ème arrondissements, rive gauche du Rhône). Les points trigonométriques déterminés par cette triangulation sont au nombre total de 385 points, savoir :

Points de 1er ordre 7

id. 2ème 89

id. 3ème 289

Total égal 385 points

Au fur et à mesure des besoins du levé du plan des quartiers de la rive gauche du Rhône (3ème et 6ème arrondisst), des triangulations partielles se rattachant entre elles et à la grande triangulation générale de Fouque, ont été successivement exécutées par M.M. Grisard, et l'association Mermet et Vernay. Les nouveaux points déterminés par eux sont au nombre de 240 [...].

Nombre total de points de tous ordres actuellement déterminés : 625 points.

Il ne reste plus à trianguler actuellement, pour l'achèvement complet de la triangulation de la ville, que les quartiers excentriques de Montchat et de Montplaisir dans le 3ème arrondissement, et ceux des Massues et du Point-du-Jour dans le 5ème. On peut évaluer le nombre de point à déterminer dans ces quartiers à 138, savoir 25 de second ordre et 113 de 3ème ordre. Le nombre de points trigonométriques déterminés par la triangulation générale et complète de la ville, s'élèvera ainsi à 763 points [...].

Bien que menée fractionnellement, cette triangulation n'en constitue pas moins une oeuvre parfaitement homogène dans son ensemble aussi bien que dans ses parties. Le territoire englobé dans la Commune de Lyon mesurant une étendue totale et approximative de 4400 hect., le nombre de points trigonométriques se trouvent répartis de la manière suivante : un point principal de 1er ordre pour 628 ha 57a un point de second ordre ou de stationnement pour 27 ha 00 a un point de troisième ordre pour 7 ha 42a.

Ou bien encore, en ne tenant compte que du nombre total de points, sans distinction de leur ordre, un point pour 5 ha 76a"(13) .

 

Les points de tous ordres sont calculés et rapportés à une méridienne unique et à sa perpendiculaire qui l'une et l'autre passe par le dôme de l'Hôtel de Ville où elles se croisent. L'orientation de la méridienne est déduite de trois points de la Carte de France fournie par le dépôt de la Guerre, savoir Fourvière-observatoire, clocher de l'ancienne église de Villeurbanne, et clocher de L’église de Cuire. L'instrument qui a servi à la mesure des angles est un théodolite de Brunner [fig. 5] de 0m,22 de diamètre, donnant directement les cinq secondes (0° 00' 05"), portant quatre verniers et une lunette unique et excentrique. Les angles des triangles de premier ordre ont été mesurés par la méthode dite de réitération, par six séries représentant 96 lectures. Ceux des triangles de deuxième ordre par la mesure dite de répétition, par deux ou trois séries d'angles quadruples ou sextuples suivant les exigences des opérations. Enfin les angles des triangles de 3ème ordre ont été mesurés également avec la même méthode de répétition, suivant deux séries au moins d'angles quadruples. Les faibles différences trouvées pour les longueurs des côtés communs des triangles de tous ordres, calculés au moyen des angles ci-dessus, démontrent qu'ils ont été mesurés avec une grande précision.

Les calculs de tous les points se divisent en calculs préliminaires et en calculs définitifs. Dans les uns et les autres, l'approximation dans les chiffres a été poussée jusqu'au dixième de seconde (0°00'00"1) pour les angles, et au millimètre (0m,001) pour les lignes.

Les calculs préliminaires font répartir ainsi qu'il suit les différences obtenues pour les longueurs des côtés communs :

1°- Dans la rose des triangles de premier ordre, cette différence ne dépasse pas 1/40 000, alors que le cahier des charges accorde pour tous les réseaux une tolérance de 1/3000. (Celle accordée pour les triangles de la carte de France est de 1/30 000). 2°- Dans les triangles de 2ème et 3ème ordre, les calculs ne font reporter pour les longueurs des côtés communs que des différences inférieures à six centimètres (0m,06) quelle que soit la longueur de ces côtés, lesquels n'atteignent pas le tiers de la tolérance accordée. Les calculs définitifs sont effectués après l'opération dite de balancement des angles, qui consiste à modifier les angles des triangles primitifs de manière à annuler autant que possible les différences résultant des calculs préliminaires quelques minimes qu'elles soient. On est arrivé ainsi à faire de la triangulation dont il s'agit un tout homogène dans tout son ensemble et dans ses parties.

Les pièces de cette triangulation se composent :

1°- Du registre des angles observés, comprenant onze gros volumes contenant ensemble 6599 pages.

2°- Des registres des calculs effectués comprenant trois volumes contenant ensemble 2548 pages.

3°- D'un registre trigonométrique de 129 doubles pages, contenant, entre autres indications, la désignation de l'emplacement des points trigonométriques, les angles des triangles, la longueur de leur côté, les coordonnées rectangulaires de leurs sommets, et enfin des croquis indiquant la situation topographique de chaque point.

Commencée en 1861, la triangulation de Fouque a été terminée en 1869.

Elle a donc duré 7 années (on a vu plus haut qu'elle ne comprend pas la détermination des points de 2ème et 3ème ordre dans les 3ème et 6ème arrondissements, rive gauche du Rhône). Les points trigonométriques déterminés par cette triangulation sont au nombre total de 385 points, savoir :

Points de 1er ordre 7

id. 2ème 89

id. 3ème 289

Total égal 385 points

Au fur et à mesure des besoins du levé du plan des quartiers de la rive gauche du Rhône (3ème et 6ème arrondisst), des triangulations partielles se rattachant entre elles et à la grande triangulation générale de Fouque, ont été successivement exécutées par M.M. Grisard, et l'association Mermet et Vernay. Les nouveaux points déterminés par eux sont au nombre de 240 [...].

Nombre total de points de tous ordres actuellement déterminés : 625 points.

Il ne reste plus à trianguler actuellement, pour l'achèvement complet de la triangulation de la ville, que les quartiers excentriques de Montchat et de Montplaisir dans le 3ème arrondissement, et ceux des Massues et du Point-du-Jour dans le 5ème. On peut évaluer le nombre de point à déterminer dans ces quartiers à 138, savoir 25 de second ordre et 113 de 3ème ordre. Le nombre de points trigonométriques déterminés par la triangulation générale et complète de la ville, s'élèvera ainsi à 763 points [...].

Bien que menée fractionnellement, cette triangulation n'en constitue pas moins une oeuvre parfaitement homogène dans son ensemble aussi bien que dans ses parties. Le territoire englobé dans la Commune de Lyon mesurant une étendue totale et approximative de 4400 hect., le nombre de points trigonométriques se trouvent répartis de la manière suivante : un point principal de 1er ordre pour 628 ha 57a un point de second ordre ou de stationnement pour 27 ha 00 a un point de troisième ordre pour 7 ha 42a.

Ou bien encore, en ne tenant compte que du nombre total de points, sans distinction de leur ordre, un point pour 5 ha 76a"(13) .

 

Commencée en 1861, la triangulation de Fouque a été terminée en 1869.

Elle a donc duré 7 années (on a vu plus haut qu'elle ne comprend pas la détermination des points de 2ème et 3ème ordre dans les 3ème et 6ème arrondissements, rive gauche du Rhône). Les points trigonométriques déterminés par cette triangulation sont au nombre total de 385 points, savoir :

Points de 1er ordre 7

id. 2ème 89

id. 3ème 289

Total égal 385 points

Au fur et à mesure des besoins du levé du plan des quartiers de la rive gauche du Rhône (3ème et 6ème arrondisst), des triangulations partielles se rattachant entre elles et à la grande triangulation générale de Fouque, ont été successivement exécutées par M.M. Grisard, et l'association Mermet et Vernay. Les nouveaux points déterminés par eux sont au nombre de 240 [...].

Nombre total de points de tous ordres actuellement déterminés : 625 points.

Il ne reste plus à trianguler actuellement, pour l'achèvement complet de la triangulation de la ville, que les quartiers excentriques de Montchat et de Montplaisir dans le 3ème arrondissement, et ceux des Massues et du Point-du-Jour dans le 5ème. On peut évaluer le nombre de point à déterminer dans ces quartiers à 138, savoir 25 de second ordre et 113 de 3ème ordre. Le nombre de points trigonométriques déterminés par la triangulation générale et complète de la ville, s'élèvera ainsi à 763 points [...].

Bien que menée fractionnellement, cette triangulation n'en constitue pas moins une oeuvre parfaitement homogène dans son ensemble aussi bien que dans ses parties. Le territoire englobé dans la Commune de Lyon mesurant une étendue totale et approximative de 4400 hect., le nombre de points trigonométriques se trouvent répartis de la manière suivante : un point principal de 1er ordre pour 628 ha 57a un point de second ordre ou de stationnement pour 27 ha 00 a un point de troisième ordre pour 7 ha 42a.

Ou bien encore, en ne tenant compte que du nombre total de points, sans distinction de leur ordre, un point pour 5 ha 76a"(13) .

Une seconde notice historique de 1921 nous apprend que l'orientement de la méridienne qui résulte de calculs sur trois points de la carte d’État Major établie par le ministère de la Guerre " a été vérifié par observations astronomiques en 1864 par Mrs Leverrier et Barbier astronomes, directeur et astronome adjoint de l'Observatoire de Paris. Les discordances furent légères et l'orientement déduit des calculs adoptés "(14).

Le 23 août 1865, le signal de triangulation situé sur le clocher de Villeurbanne est démoli à la demande du curé, les observations sur ce point étant terminées.

Levé et rapport du plan de la ville

Fig. 6. Nivellement général de la ville de Lyon, exécuté en 1857 par Bourdalouë, Bourges, Impr. et lithogr. de Jollet-Souchois, 1858 : opérateurs et lecteurs du nivellement (Lyon, Archives municipales, 1 C 6911). Reprod. 5 Ph 35669.

 

" Dès que la triangulation générale de la ville fut commencée on se préoccupa du levé du plan de détails en vue duquel elle était exécutée. Point n'était besoin, en effet, pour procéder aux opérations de ce levé, d'attendre que cette triangulation fut achevée ; il suffisait pour que le plan d'une partie quelconque de la ville puisse être établi, que des points trigonométriques y soient déterminés en nombre suffisant. On procède donc par quartiers, à des levés partiels, au fur et à mesure que tel ou tel quartier était triangulé. C'est ainsi que les travaux de la triangulation et ceux du levé de plan furent exécutés pour ainsi dire, simultanément. Le plan parcellaire ou de détails est rapporté à l'échelle du 1:500e (0m,02 = 1m,00) d'après la carte d'assemblage dressée pour arrêter la position de ces feuilles. Il se composera de 342 feuilles ou portion de feuilles représentant la totalité de la Commune de Lyon. Chaque feuille mesure 1m,00 de longueur sur 0m,60 de largeur, et représente ainsi, lorsqu'elle est complète une étendue du territoire de 15 hectares.

Ledit plan comporte tous les détails nécessaires à la distinction de chaque propriété, et à la conformation des parcelles, des monuments, avec leur armature intérieure, les voies publiques de toute nature avec toutes les installations qu'elles contiennent : trottoirs, plantations, fontaines, candélabres, bouches d'arrosage, kiosques, etc. ; les cimetières avec leurs détails ; et enfin les constructions de toute nature.

Chaque feuille de plan est accompagnée d'un registre indiquant l'emplacement la nature de chaque parcelle, ainsi que le nom de son propriétaire(15).

Le plan parcellaire de la Commune de Lyon est actuellement établi pour toute la partie urbaine, ou ville proprement dite. Il reste à dresser celui de la partie suburbaine ou banlieue. On procède depuis deux ans déjà au levé du quartier excentrique des Rivières, de Gerland et de la Mouche (partie sud du 3ème arrondissement). Ce travail étant aujourd'hui très avancé, il figure comme terminé dans les renseignements statistiques qui suivent.

On a déjà vu que l'ensemble de l'agglomération Lyonnaise recouvre une superficie totale d'environ 4400 hect. et que le plan parcellaire se composera de 342 feuilles ou parties de feuilles.

La partie de cette agglomération dont le plan est actuellement établi mesure une superficie de 2628 ha répartis en 174 feuilles ou portions de feuilles.

Les différentes régions de la banlieue de la ville dont le plan est encore à établir mesurent ainsi une superficie totale de 1772 hect. et les feuilles ou portions de feuilles restant à constituer, sont encore au nombre de 168 feuilles "(16).

L'état du financement est à la date du 15 mai 1894 :

Triangulation : dépenses réalisées pour 485 points : 22 267 F pour la détermination des points, 19 676 F pour les frais accessoires (échafaudages, bornes, signaux et repères etc.), soit 41 943 F au total, il reste à réaliser : 9 240 F. Prix de revient d'un point trigonométrique : 35,62 + 31,48 = 67,10 F.

Levé et rapport du plan d'ensemble à l'échelle du 1:500e : dépenses réalisées pour 174 feuilles dont 56 reproduites par la gravure et 116 par l'autographie : 166 290,45 F. Il reste à réaliser 78 709,55 F soit au total 245.000 F. Prix de revient par hectare : 57,74 F.

Le nivellement général de la ville, lui, a coûté 16.000 F(17). Il a été réalisé à la suite du nivellement général du cours du Rhône entre la Méditerranée et Genève, effectué par Bourdalouë, en 1857 (fig. 6 et 7).

Fig. 7. Nivellement général de la ville de Lyon, exécuté en 1857 par Bourdalouë, Bourges, Impr. et lithogr. de Jollet-Souchois, 1858 : porte-mire (Lyon, Archives municipales, 1 C 6911). Reprod. 5 Ph 35670.

 

Les géomètres

" Différents géomètres ont effectué le lever de détails sur triangulation de Fouque, ce sont MMrs Vignat, Raymond(18), Billaud(19) et Mermet(20) ".

Balthazard Vignat

Balthazard Vignat est employé en 1859 et 1860, en qualité de géomètre à traitement fixe, au service municipal de la Voirie. Il est chargé du tracé des alignements des rues et du levé d’un nouveau plan parcellaire du quartier de Perrache. À la fin de la rédaction de ce dernier, en 1861, à l’instigation de l’ingénieur en chef Bonnet, il s’établit à son compte pour continuer la confection du plan parcellaire de toute la partie de la Ville située à l’ouest du Rhône, comprenant le premier, le second, le quatrième et le cinquième arrondissement.

Il habite successivement place Napoléon en 1862, au 9, route du Bourbonnais en 1864 et au 37, rue (ou place) de la Pyramide de 1865 à 1876.

Il signe une soumission conforme au cahier des charges le 1er octobre 1861 et commence immédiatement les travaux : " La surface totale à lever annuellement sera de soixante-dix hectares environ "(21). Le territoire à lever est divisé en quatre zones. Les prix accordés vont de trente à cent francs l'hectare suivant les difficultés de chaque zone. Ni la superficie totale, ni le délai d’exécution ne sont indiqués.

Le 7 août 1864, les feuilles de Vaise sont annoncées comme imminentes par B. Vignat. Il réclame les calculs de la triangulation de Fouque pour la prochaine zone, il a attendu dix-huit mois pour avoir ceux de la zone terminée : " Tous les jours de mauvais temps de ces dix-huit mois ont été perdus pour moi, j'aurai pu les employer au rapport de mon plan.[...] Mr Fouque m'a donné sa triangulation [...] sur vingt-cinq bouts de papier au lieu d'un registre "(22).

Le 1er janvier 1865, la vérification des feuilles livrées n'est pas effectuée. Il se plaint des lenteurs des règlements et, pratiquement chaque mois, il adresse une supplique pour tenter d'accélérer la procédure. Le 2 mai 1869, il lui est même répondu qu'il ne touchera rien avant janvier 1870, par manque de crédits(23).

Le 11 avril 1867, il lui faut de nouveaux points trigonométriques car les candélabres du quai Saint-Vincent qui servaient de repère ont été déplacés. À la même époque, une petite polémique s'installe pour l'omission sur les plans livrés, de détails réclamés par Grisard, le vérificateur, et qui ne sont pas dus d'après le géomètre.

B. Vignat s'adresse au maire pour continuer le plan interrompu depuis le 15 octobre 1870, à cause des événements(24). L'ingénieur adjoint fait un rapport où il indique, le 5 décembre : " Le service a toujours été satisfait des travaux de M. Vignat qui fait preuve d'exactitude et de talent. Nous proposons de répondre à ce géomètre que l'administration est disposée à lui confier de nouveaux travaux lorsque les circonstances et les besoins le permettront "(25). Le 1er mars 1871, il précise : " Les travaux confiés à Monsieur Vignat [...] ont dû être ajournés et les circonstances ne permettent pas encore d'en autoriser la continuation [...] mais il importe essentiellement que pour les parties de ces travaux qui étaient commencées, les frais payés pour les croquis et l'arpentage ne soient pas perdus et que le pétitionnaire soit autorisé à procéder à leur achèvement "(26).

La correspondance du 5 mai 1871 confirme la demande du géomètre : " j'attends avec impatience parce que je suis sans travail depuis le mois d'octobre "(27).Il lui sera seulement accordé de finir quatre feuilles dont les travaux sont en cours.

Un nouveau cahier des charges sera dressé en 1873 pour lui permettre de terminer les travaux qui lui ont été confiés en 1861. Il est identique au premier sauf le dernier article : L’administration se réserve, dans le cas ou elle voudrait donner une grande impulsion à ses travaux, de pouvoir employer plusieurs géomètres au levé du plan de la Ville et aux mêmes conditions que celles contenues dans le présent cahier des charges, sans que le géomètre qui déjà aurait soumissionné, puisse élever aucune protestation en demande d’indemnité pour les quartiers ou emplacements que l’administration croirait devoir leur confier à lever "(28). Les prix sont les mêmes que douze ans auparavant.

B. Vignat décède subitement au mois de décembre 1876. Il vient de terminer vingt feuilles de la presqu’île de Perrache, du cours du Midi à la pointe du pont de la Mulatière, soit cent soixante-dix hectares à cinq francs l’un, qui seront réglés aux héritiers(29).

E. Simon

" En 1868, Monsieur Grisard conducteur principal du service de la Voirie, continue la triangulation [...]. Elle s'appuie et se rattache à la triangulation générale de Fouque. Le géomètre Simon a été chargé du lever de détails "(30).

E. Simon est installé au 34, rue Saint-Jean à Lyon. Il est chargé en juillet 1868 de lever l’équivalent de dix feuilles, du Rhône à la voie ferrée des Brotteaux, entre la rue Moncey et la Grande rue de la Guillotière, sauf la caserne de la Part-Dieu.

Son travail terminé, E. Simon se plaint des conditions qui lui ont été faites :

" Mr Delarue supposait sans doute qu’on pouvait lever bien au-delà des 70 hectares indiqués au cahier des charges pour tâche d’une année de travail, puisque les prix de l’hectare y varient de 30 à 100 francs et en tenant compte de l’imprévu toujours à la charge de l’entrepreneur.

Ainsi, 1° le géomètre n’a su que tardivement que contrairement à tous les précédents, la moitié du Rhône lui serait retiré.

2° la configuration angulaire et scindée de la zone a nécessité l’emploi de 20 feuilles pour une surface que 10 eussent pu renfermer.

3° la triangulation retardée a fait perdre le travail d’un long hiver en modifiant l’ordre à suivre dans les travaux.

4° la confection du croquis a bientôt démontré que les constructions volantes sur les terrains des Hospices étaient des plus irrégulièrement chargées de détails très multipliés depuis les anciens plans, sans cesser pendant le cours des opérations contrairement à ce qui s’est produit au centre de la ville, etc., etc., d’où une aggravation considérable et imprévue des charges.

De ces dernières, il est infailliblement résulté qu’au lieu de pouvoir réaliser annuellement 100 hectares en rapport avec le prix de 45 francs ou plutôt de 35 francs seulement puisque 10 francs sont absorbés par les déboursés pour aides et faux frais, il n’a pu en être levé que 45 hectares x 35 francs net = par an la somme de 1.575 francs incontestablement frustatoire [sic]. Mais le géomètre a foi dans la haute justice et l’équité de Monsieur l’inspecteur général pour remédier dans la mesure du possible à une situation si anormale "(31).

La réception définitive aura lieu le 5 août 1870 après plusieurs relances.

 


10- Ibid., 924 Wp 1, L.M. Fouque, " Triangulation de la Ville de Lyon : registre des opérations exécutées dans les 1er, 2e, 4e et 5e arrondissements, 1860-1869 ".
11- Ibid., 925 Wp 261, L.M. Fouque, " Triangulation de la Ville de Lyon : cahier de calculs ".
12- Ibid., 938 Wp non classé, cône de signalisation, plume et lavis, reproduit sur le cliché sur verre 15 Ph 1/398.
13- Ibid., 938 Wp non classé, " Notice historique sur les plans de la ville de Lyon ", [1894], pp. 20-28.
14- Ibid.
15- Lyon, Archives municipales, 4 S et 1541 Wp 37, matrices du plan au 1:500e, un registre par feuille, quelques manques.
16-
Ibid., 938 Wp non classé, " Notice historique sur les plans de la ville de Lyon ", [1894], pp. 28-29.
17-
Ibid., 925 Wp 249, carton 54, dossier 3, prix de revient de l'ancien et du nouveau plan de Lyon et du nivellement exécuté par Bourdalouë : états des dépenses [1869].
18-
Benoît Raymond n'est intervenu que sur des portions des feuilles 87, 102, 115, 118 et 119 pour un total de 24 ha 18 ca, vérifiées par le conducteur Grisard le 27 juin 1868.
19-
Billaud ou Billand n'est cité que dans un rapport de l'ingénieur du 5 novembre 1870 sur l'arrêt des travaux en cours avec Vignat, Billand et Simon pour diminuer les dépenses du Service. Ses travaux n'ont pas été localisés bien que devant représenter une vingtaine d'hectares. Peut-être ne s'agissait-il que de travaux en rapport avec la défense, antérieurs à la Guerre de 1870 (Lyon, Archives municipales, 322 Wp 4). Ou bien faut-il le confondre avec le géomètre Billiaux dont on relève le nom sur un croquis de la feuille n° 56, levée justement en 1870, croquis conservé dans les archives du cabinet Jean-François Perraud, géomètre-expert à Lyon (planche 24.2.).
20-
Ibid., 938 Wp non classé, " Notice historique sur les plans de la ville de Lyon ", [1894], dactylogramme, 1921.
21- Ibid., 925 Wp 249, dossier 14, pièce 1, E. Faucheux, " Plan de Lyon : levé du géomètre : cahier des charges ", 1er octobre 1861, 11 p. ms.
22-
Ibid., pièce 3, lettre de B. Vignat à l'ingénieur en chef, 7 août 1864.
23-
Ibid., pièces 5-7, 9, 10 et 13, lettres des B. Vignat les 23 octobre, 27 novembre et 14 décembre 1866, 29 avril et 4 mai 1867, 2 mai 1869.
24-
Ibid., 322 Wp (4), lettre de B. Vignat au maire de Lyon, 28 novembre 1870.
25-
Ibid., 925 Wp 249, dossier 14, pièce 14, rapport de l'ingénieur, 5 décembre 1870.
26-
Ibid., pièce 15, Celler, rapport de l'ingénieur, 1er mars 1871.
27-
Ibid., pièce 16, lettre de B. Vignat, 5 mars 1871.
28-
Ibid., 322 Wp (4), cahier des charges, 3 mars 1873.
29-
Ibid., " Sommes dues aux héritiers Vignat ", 26 mars 1877.
30-
Ibid., 938 Wp non classé, " Notice historique sur les plans de la ville de Lyon ", [1894], dactylogramme, 1921.
31-
Ibid., 984 Wp 4, E. Simon, " Notes et observations confidentielles du géomètre Simon à Monsieur l'inspecteur général des Ponts et chaussées ", 9 février 1870.

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