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L'évolution
de l'expression graphique entre le Schéma directeur d'aménagement
et d'urbanisme (Sdau) de l'agglomération lyonnaise de 1978
(planche 29.2.) et le Schéma directeur actuel approuvé
en 1992 (planche 30.1.) illustre le passage désormais
consacré du dessin manuel à l'outil informatique.
Mais cette remise en cause des codes graphiques traditionnels traduit
également une mutation plus profonde : celle de la planification.
En 1992, l'outil informatique est mis au service d'un " Sdau
nouveau " à travers lequel la planification stratégique
et de valorisation se substitue à la planification traditionnelle
programmatrice et de contrôle.
Il s'agit moins
de représenter une réalité géographique
d'affectation des sols que de produire une image de concepts, d'enjeux,
d'intentions et de communiquer un langage identitaire sur un horizon
consensuel.
Le plan 1978
L'élaboration
du Sdau de 1978 fait suite à la loi foncière de 1967,
tout en s'intégrant dans les orientations définies
par les documents de planification précédents, plus
particulièrement par le schéma de l'aire métropolitaine
Lyon - Saint-Étienne - Grenoble établi par l'ORganisation
d’Étude et d’AMénagement (Oréam).
Les fonctions
du Sdau sont définies de la manière suivante :
-
" exprimer et [...] justifier un parti d'aménagement
à réaliser durant une période de l'ordre
de 30 ans et [...] proposer des phases de réalisation.
[Le Sdau] doit exprimer ce qui, en matière
de prévisions d'aménagement à long
terme, devrait être intangible, donc échapper
aux fluctuations conjoncturelles ".
-
" faire apparaître la structure générale
de l'agglomération en distinguant : la destination
générale des sols, l'organisation de la circulation
et des transports, la prévision pour les grands équipements "(1).
Un des principaux
objectifs du Sdau de 1978 a été " d'éviter
le gigantisme excessif " de l'agglomération pour ne
pas dépasser 1 700 000 habitants à l'horizon
2010. Le parti adopté visait à hiérarchiser
et restituer dans l'espace urbain les fonctions de centralité
pour en rapprocher les services des utilisateurs.
Un deuxième
objectif correspondait à la conservation des sites d'axes
ou coupures vertes agricoles ou boisées et des espaces verts
de loisir.
Dans ses objectifs,
le Sdau de 1978 était très marqué par une notion
de contrôle de l'expansion, de régulation de la croissance
que justifiaient le contexte de développement de l'époque
et le rôle majeur de l'État. La planification urbaine
s'affirmait alors comme une planification programmatrice des investissements
publics et de la stratégie de l'État sur les territoires
locaux. En organisant le foncier, dans ses usages et la répartition
de ceux-ci, la planification visait à produire un espace
urbain organisé, mis en ordre, selon une vision très
précise de la ville et de son devenir.
Dès lors,
l'expression graphique du Sdau de 1978, normalisée par les
services techniques de l'État de l'époque s'inscrit
dans une logique de plan très descriptif des règles
d'usage des sols et des programmes d'équipements. L'expression
détaillée (plus de 60 signes en légende) des
zonages et des densités correspondantes, des équipements
et infrastructures l'emporte sur celle des orientations et enjeux
d'aménagement.
Le Schéma 1992
La planification
traditionnelle est confrontée à une remise en cause
assez radicale. La manière de voir la planification en terme
de prévision n'est plus pertinente. Les décalages
entre les prévisions du Sdau de 1978 et la réalité
quinze ans plus tard, notamment en terme de démographie et
de créations de nouvelles centralités attestent désormais
de ce futur non prévisible. L'arrêt de la croissance
dans les centres urbains, la crise économique ou la pénurie
des finances justifient désormais plus une stratégie
de développement que de contrôle.
De plus, le
" Sdau nouveau " s'inscrit dans le nouveau contexte de
la mise en place de la décentralisation de 1983 qui accorde
aux élus locaux une plus grande responsabilité dans
la gestion de leur territoire. Le processus de planification généré
par la procédure de révision de l'ancien Sdau et l'élaboration
d'un nouveau Schéma directeur en juillet 1985 devrait donc
par-delà les clivages politiques savoir rassembler ces partenaires
non unanimes. L'élaboration du nouveau Sdau sera animée
par une volonté de faire quelque chose de radicalement neuf.
Le " Sdau
nouveau " va donc s'orienter vers une démarche de prospective
en termes " d'atouts de développement et de défis
à relever " susceptible de développer une communauté
de pensée et d'intérêts des différents
acteurs urbains. La stratégie d'image, fondée sur
une " Eurocité rayonnante et attractive " présidera
à cette démarche.
Pour que l'image
s'impose, la méthode d'élaboration va décliner
une série d'innovations.
Le " Sdau
nouveau " sera non seulement le sujet d'une importante campagne
de communication, mais aussi, un grand moment de communication.
Une animation
importante du milieu des élus, des techniciens, de certains
décideurs a été organisée.
Le fait prioritaire
n'est plus la production d'un programme spatial mais l'organisation
d'un débat, la circulation d'informations, de paroles, d'images
thématiques de manière à faire émerger
une culture commune et de là, organiser les comportements
des différents acteurs urbains.
Dans cette perspective,
il s'agit moins d'organiser le territoire géographique que
de structurer ces différents acteurs à l'intérieur
de ce territoire.
Dans ce contexte,
fabriquer l'image cartographique du Sdau devenait un exercice périlleux.
L'Agence d'urbanisme, maître d'oeuvre de la révision
du Sdau, eut en charge l'élaboration de cette cartographie.
Une première difficulté, inhérente au principe
du dessin était de ne pouvoir représenter que ce qui
est représentable, à savoir, l'espace, les territoires
géographiques. Or, l'objet à planifier, était
plus d'ordre thématique que géographique. Il s'agissait
d'évoquer l'espace social, économique, culturel...
Une seconde difficulté résidait dans la nature juridique
du Sdau ; celui-ci, quoique non imposable au tiers reste un
document de droit opposable au Plan d'occupation des sols (Pos),
aux Zones d’aménagement concertées (Zac), aux grands
travaux d’équipement. Or, cette expression du droit et principalement
celle de destination des sols, s'effectue en référence
à l'espace et à ses limites au travers d'un document
cartographique imposé par la loi.
Afin de contourner
ces difficultés, la méthode retenue consista à
produire deux cartes, dessinées à la même échelle
du 1:50 000e et juxtaposées, l'une représentant
les règles d'occupation, l'autre les orientations d'aménagement.
En annexe de ces deux cartes, sept pictogrammes disposés
en bandeau, viennent illustrer et localiser les orientations de
développement des principaux domaines d'enjeux.
Ces deux cartes
deviendront indissociables l'une de l'autre ; l'une ne se lisant
pas sans l'autre.
Une carte
de destination générale des sols
C'est la carte
réglementaire qui localise précisément les
différentes affectations du territoire. Elle s'exprime dans
un graphisme traditionnel, simplifié du fait de l'abandon
des principes de zoning fin des différentes fonctions et
densité (17 signes).
Une carte
des orientations fondamentales d'aménagement
Une légende,
en bas de carte, indique en manière d’avertissement, que
cette carte est l'expression schématique des orientations
fondamentales d'aménagement du schéma directeur. Sans
aucun doute, cette carte innove. Son expression " anguleuse "
et colorée ne fait référence à aucun
autre graphisme connu en la matière.
L'extrême
schématisation du dessin suggère quelques éléments
repérés de la géographie du paysage et de l'ère
urbaine. Le flou de la représentation ne fait que signifier
l'espace ; la représentation du réel n'est plus
le fait prioritaire et s’accommode volontiers de cette incertitude
des lieux.
L'allusion aux
territoires est discrète, elle s'effectue au travers du tracé
fin d'un dessin de fleur dont les pétales déploient
l'ensemble des territoires autour de l'espace centre.
Ponctuellement,
des ronds, des patatoïdes, carrés, parfois renseignés
du nom d'un lieu, désignent des sites plus particuliers du
développement (nouveaux points d'appui, centralité
). Seule une graduation de la taille des figures géométriques
permet d'évoquer une éventuelle hiérarchie
entre les centres.
Enfin, deux
axes majeurs de développement, schématisés
par le dessin d'une flèche tendue sur un arc émergent
de ce dispositif. Ce dessin aisément repérable, deviendra
ultérieurement une figure emblématique du schéma
directeur. Allusion à la mobilisation des forces tendues
vers l'avenir ?
Le " Sdau
nouveau " a recherché des méthodologies nouvelles
pour inaugurer un nouveau type de planification : faire acte
d'image et de parole pour mobiliser les énergies locales.
En cela, la synthèse graphique du Sdau est représentative
de cette volonté d'échapper à la sphère
géographique pour mieux exprimer des concepts et ouvrir le
débat sur des objectifs communs. Il n'en demeure pas moins,
que l'espace de la carte se limite à deux dimensions et qu'il
ne sait restituer qu'une infime partie des dimensions urbaines.
Joëlle
Diani
Géographe-urbaniste
Agence d’urbanisme de la Communauté Urbaine de Lyon
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Annexe
3
Assemblage
du plan de Lyon de L. B. Coillet au 1:900e. Existe dans l'inventaire
fait à la fin octobre 1818 par Gaud, ingénieur
du Cadastre. Ce plan au 1:900e n'est pas une réduction
du plan au 1:300e ; il a été tracé directement
sur le terrain à partir des données prises.
Chacune des 15 feuilles correspond exactement à 9 feuilles
du plan au 1:300e. ces feuilles (format 0,65 m x 1,00 m) sont
cotées 2 S 502/1 à 2 S 502/12, 2 S 967, 2 S
968, 2 S 969). Reprod. 5 ph 35754.
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1-In
Rapport de présentation des conclusions de la C.L.A.U. (Commission
locale d'aménagement et d'urbanisme), mars 1996.
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