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2.1.
Benoît
VERMOREL (1814-1885)
Plan
topographique historique de la ville de Lyon en 1350, établi
d’après les terriers de cette époque avec le recensement
cadastral de 1493 dans la partie où les documents plus anciens
font défaut, dressé par Benoît Vermorel, vue
d'ensemble.
Manuscrit
sur calque, colorié.
Dimensions :
47 x 72,5 cm.
Lyon,
Archives municipales, 1 S 181/13
2.2.
Idem,
détail : Plan du quartier Saint-Nizier-Terreaux.
Dimensions :
55 x 72 cm.
Lyon,
Archives municipales, 1 S 181/11
Le
travail de Benoît Vermorel prend la suite des travaux de restitution
historique entrepris sur la ville romaine d'après l'archéologie
et ouvre la série des travaux établis d'après
les archives. C'est à la ville médiévale que
s'attache le voyer Vermorel pour en tracer, d'après les terriers,
et les documents d'assiette des impôts, les " Nommées "
de 1493, une première reconstitution historique.
A
l’époque de la parution de l’Historique des rues de la
ville de Lyon (Lyon, 1879), ouvrage dans lequel B. Vermorel expliquait
sa méthode et livrait ses premiers résultats, Nizier
du Puitspelu (Clair Tisseur) saluait en ces termes l’entreprise
et son auteur :
" Voici
une oeuvre dont il n'existe d'analogie pour aucune ville :
oeuvre unique en son genre, immense, qui ne peut se comparer
à n'importe quelle oeuvre de bénédictin,
qu'il s'appelle Du Cange ou Mabillon ; une histoire
de Lyon, mais une histoire en documents, qu'on touche au
doigt, où il n'y a pas de marge pour la théorie,
l'hypothèse, l'interpolation ; histoire qui
ne procède pas par des descriptions que chacun voit
de façon différente dans son imagination,
selon son gré, ou par le récit de faits contournés
au biais de l'auteur, mais racontée par des objets
matériels, par ce qu'il y a de plus clair et de plus
précis au monde, des plans graphiques ; l'histoire
où l'on ne narre pas les choses, mais où on
les fait voir.
[...]
Cette
oeuvre extraordinaire est celle d'un Lyonnais modeste, qui
ne s'est jamais produit, dont quelques savants seuls appréciaient
jusqu'à ce jour l'érudition. C'est M. Vermorel,
ancien voyer-chef de la ville de Lyon, présentement
attaché au service des archives municipales.
Pour
ce travail immense de vingt-cinq années, accompli
jour par jour ou plutôt nuit par nuit, il fallait
inventer une méthode. Car enfin la première
pensée qui se présente est celle-ci :
Comment a-t-il été possible de reconstituer
l'histoire, et ce qui est plus extraordinaire encore, la
configuration de chaque propriété depuis six
cents ans ? [...]
Tel
est ce travail admirable. Renonçant à une
reproduction par la voie de la gravure, qui dépasserait
les ressources d'un seul homme, M. Vermorel a généreusement
donné son plan et son manuscrit à la ville
de Lyon, dans les archives de laquelle il est déposé.
Et
maintenant, ne semble-t-il pas à tous ceux qui s'intéressent
à l'histoire de notre ville, qu'il incombe à
notre administration municipale de ne pas laisser inutiles
ces trésors d'érudition, et d'entreprendre
la publication de ce travail, dont il serait facile d'échelonner
les frais sur un grand nombre d'exercices ?
Tous
les amis des sciences historiques espèrent que le
conseil municipal tiendra à compléter l'oeuvre
honorable qu'il a déjà commencée et
à élever par cette publication, un véritable
monument à la patrie lyonnaise. " (Lyon,
Bibliothèque municipale, Fonds général,
Ms. 6069).
Malheureusement
le travail de Vermorel ne fut jamais imprimé. Conservé
aux Archives municipales (fonds 3 II et plans 1 S 181/1-34), il
fut largement utilisé par les auteurs lyonnais de ce siècle,
notamment A. Kleinclausz qui s’est plu à le reconnaître
dans l’ouvrage qu’il dirigea sous le titre de Lyon des origines
à nos jours : la formation de la cité (Lyon,
1925). L’entreprise de Vermorel a été poursuivie sur
d’autres bases par Joseph Pointet, d’une part, François-Régis
Cottin et Francisque Loizy, d’autre part.
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