Introduction

 

Un document exceptionnel

Si monuments et objets d'art font l'objet de rubriques dans les guides touristiques, d'ordinaire les "monuments graphiques" (dont l'accès au public est au demeurant limité) en sont absents. Ils constituent pourtant un patrimoine parfois plus ancien que l'architecture, et sont bien souvent un témoignage plus évocateur de l'époque qui les a créés qu'un banal objet de musée devant lequel la foule se presse.

Lyon ne fait pas exception en ce domaine : on visite, on décrit, on chante ses monuments romains puis romans puisqu'on n'y peut trouver des vestiges carolingiens ; on s'attarde ensuite devant les édifices gothiques, devant l'architecture renaissance, mais personne ne songe à évoquer les monuments graphiques exceptionnels, que la cité a la chance de conserver.

Parmi les plus remarquables d'entre eux, il faudrait citer les manuscrits carolingiens du scriptorium de Lyon et le plan de la ville vers 1550, dit plan scénographique, qui fait l'objet de la présente édition.

Les premiers ne sont pas notre propos d'aujourd'hui. Qu'on permette, cependant, à celle qui eut, autrefois, la charge et le plaisir de veiller sur eux, de rappeler rapidement que Lyon est, avec Vérone, une des rares villes à avoir conservé sur place une bonne partie de la production de son atelier de copie et de calligraphie de l'époque carolingienne. Une quarantaine de manuscrits antérieurs au XXe siècle, écrits à Lyon, pour lÉglise de cette ville, n'en sont jamais sortis, alors que, c'est bien connu, les collections précieuses de manuscrits ont souvent été dispersées loin de leur lieu d'origine. La bibliothèque municipale de Lyon tient là un de ses trésors. Sait-on seulement que ces manuscrits sont la base des éditions critiques modernes des pères de lÉglise ? Au-delà de leur intérêt scientifique, la beauté de leur écriture onciale, semi-onciale et caroline agit sur la sensibilité esthétique du profane non averti.

Beaucoup plus récent dans le temps, le plan gravé de Lyon aux environs de 1550 fait, lui, la fierté des archives de la ville de Lyon. Non plus que les manuscrits carolingiens de la Bibliothèque municipale, il n'a quitté notre ville. Faut-il rappeler que le plan dit de Bâle est un plan de Paris vers 1550 et qu'il doit son nom le plus courant au fait qu'il est conservé aujourd'hui à l'Université de Bâle ? (Cf. Le plan de Paris par Truschet et Hoyau dit plan de Bâle, commentaire de Jean Dérens, préface de Michel Fleury, Zurich : Zeefels, 1980.)

S'agissant d'un plan gravé, autrement dit le produit d'un procédé de reproduction mécanique qui n'a d'autre raison que la multiplication d'un original, on devrait le regarder comme un exemplaire parmi d'autres. Pas plus, cependant, que l'original dessiné, aucun autre exemplaire de ce qui a été (ou aurait dû être, on ne sait) une série limitée, ne nous est parvenu. Dans pareil cas, l'exemplaire unique ou unicum prend la valeur que devrait avoir son prototype manuscrit disparu.

Ce plan, unique donc, est aussi le premier plan précis de la ville. Jusqu'au milieu du XVIe siècle, en effet, les images de Lyon sont schématiques quand elles ne sont pas purement imaginaires.

Le recensement de ces représentations de la ville jusqu'au plan scénographique fait bien apparaître la valeur du document.

Dans cet examen, on peut remonter à la période gallo-romaine où la ville est figurée sous la forme d'une divinité tutélaire, une femme couronnée de tours, ainsi que le montrent deux médaillons d'applique du musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon. Mais il s'agit là de symboles qui ne cherchent pas à imiter la réalité.

Le Moyen Âge, au contraire, tout en usant de représentations schématiques, y introduit des éléments du site ou de l'architecture urbaine ; mais il ne vise pas à une représentation exacte pour laquelle il faut attendre le milieu du XVIe siècle. On peut le vérifier sur les sceaux de la Ville. Celui de 1271 figure bien, en évidence, le pont de Saône et le château de Pierre Scize. Une "vue" similaire se retrouve sur le sceau de 1320.

La chronique dite de Nuremberg (Schedel Hartmann). - Liber chronicarum. - Nuremberg : A. Koberger 1493) semblerait, à première vue, faire transition entre les représentations médiévales et les vues précises du XVIe siècle. En fait, la ville figurée sous le nom de Lyon est totalement imaginaire. Du reste, le même bois est repris pour d'autres villes.

Les représentations de la première moitié du XVIe siècle restent encore assez vagues, incluant tout au plus des éléments du site. En 1509, le manuscrit de l'oraison doctorale prononcée, selon l'usage, le 21 décembre, jour de la Saint Thomas, par Pierre Chanet, multiplie donjons et collines, évocation assez conventionnelle d'une ville dans un site qui pourrait être celui du confluent (B.M. Lyon : Manuscrit 1745). Le texte de ce discours se rattache à tout un courant littéraire qui s'applique à montrer l'origine troyenne de nombre de villes de Gaule. Il n'est donc pas étonnant que la tapisserie de 1520 sur le thème de l'Histoire fabuleuse des rois de Gaule, inspirée du même mythe, montre Lyon de façon tout aussi schématique par le confluent de ses deux fleuves. Cette pièce jadis conservée à la cathédrale de Beauvais n'est plus connue aujourd'hui que par des reproductions.

Le milieu du XVIe siècle voit paraître plusieurs vues de Lyon, à la fois pittoresques et exactes, cavalières pour certaines :

- La vue de la rive gauche de la Saône, gravée sur bois par Bernard Salomon, illustre la Saulsaye de Maurice Scève (Scève, Maurice. - Saulsaye, Églogue de la vie solitaire... Lyon : Jean de Tournes, 1547 ; B.M. Lyon Rés. 355985).

- La vue dessinée et gravée par l'architecte parisien Jacques Androuet du Cerceau est presque de la même date. Intitulée La cité de Lyon, elle fut gravée vers 1548 (Paris, Bibliothèque nationale, Cabinet des Estampes, AA5 Réserve). Elle se présente comme un burin en deux planches (283 mm x 734 mm y compris l'encadrement). En 1550, Balthazar van den Bosch la grava à nouveau à partir d'un dessin agrandi de moitié.

- Copiée d'après celle de Du Cerceau, la vue anonyme de Lyon, gravée sur bois, qui se trouve dans lÉpitome de la corographie d'Europe, illustré de pourtraitz des villes plus renomées d'icelle, mis en françois par Guillaume Guéroult (Lyon, B. Arnoullet, 1553, entre les pp. 11 et 12) est plus connue par la réédition qui en a été faite par Jean d'Ogerolles en 1564 pour les Plantz pourtraictz et descriptions de plusieurs villes et forteresses, recueil formé par Antoine du Pinet. Elle sera également reprise dans la Cosmographie universelle de François de Belleforest (Paris, 1575).

- La suite des vues de Lyon, dessinées par l'anonyme Fabriczy, du nom de l'auteur qui les fit connaître, est datée, par critique interne, d'avant 1562. Ces dessins proviennent d'un cahier de croquis utilisé par un artiste hollandais ou flamand qui se rendait en Italie (Stuttgart Staats Galerie n 5789, 5795 recto et verso, 5810).

Enfin, vers 1550, apparaît le plan, dit scénographique, dans lequel on peut voir l'achèvement de cette recherche d'une image précise de la ville. Par rapport aux représentations antérieures, à condition de bien vouloir négliger la tapisserie de Beauvais, le plan de Lyon se caractérise par des dimensions très importantes. A la différence de la vue d'Arnoullet, il présente, en outre, la netteté et la précision de la gravure en taille-douce. Toutes ces innovations font qu'il marque un degré supplémentaire dans la représentation de la réalité.

Ce plan n'est pas explicitement daté. Toutefois, dans une étude "définitive" que nous reproduisons, ici, dans sa quasi-intégralité, l'érudit lyonnais J.J. Grisard a établi que les édifices représentés correspondent à un état qui se situe entre les années 1545 et 1553. Orienté à l'ouest, ce plan figure la ville du sud au nord, en vue cavalière, rue par rue et maison par maison. MM. F. Loizy et F.R. Cottin ont démontré, dans une étude inédite dont nous n'avons pour l'instant que le résultat aimablement communiqué par les auteurs, que le plan a été levé du haut de l'église Saint-Nizier.

La Restauration de 1989

L'importance du plan de 1550 a presque toujours été perçue : chaque siècle le voit reproduit par la gravure. On sait, d'autre part, que des soins lui ont été constamment prodigués.

Figure 1
L'Ange tenant le cartouche de Lyon, après la restauration de Dignoscyo en 1842.
Figure 2
Le même Ange gravé en 1872 d'aprés le précédent.
Figure 3
L'Ange de la gravure originale remis au jour par la restauration de 1989.

Ceux de ces soins qui lui ont été apportés, au siècle dernier, avaient fini, pourtant, par mettre en cause sa survie même. Le noircissement progressif de la colle employée rendait illisible le document. Le durcissement de cette colle avait également provoqué des fentes et des craquelures du papier. Ces deux phénomènes paraissaient progresser selon le témoignage des chercheurs qui avaient pu examiner le plan à trente ans d'intervalle. Cette impression, peut-être subjective, était corroborée par un fait précis : en 1872, le plan était assez lisible pour qu'on ait pu en donner une reproduction gravée ; en 1989 on ne pouvait plus lire la nomenclature des rues, et les inscriptions des cartouches. Il fallait se reporter à la reproduction de 1872 pour bien distinguer les tracés sur un ensemble noirâtre, durci et craquelé. Il était devenu impossible de déterminer objectivement si on avait affaire à un manuscrit ou à une estampe, encore moins s'il s'agissait d'une gravure sur bois ou d'un cuivre. Ces considérations nous amenèrent à en envisager la restauration. Accomplie à la fin de 1989, elle rendait au public un document, sans doute lacunaire, mais lisible et, qui plus est, d'une grande beauté avec ses cartouches renaissance.

Débarrassé des couches de colle, de vernis et de pigments apposés au XIXe siècle, ce burin très usé, avec ses traces de couleurs anciennes, et sa chaude patine, se révélait d'une incontestable valeur esthétique. La confrontation avec l'édition donnée en 1872 fait apparaître combien celle-ci avait affadi un tracé vigoureux. Exacte sur le plan documentaire, cette reproduction donnait de la partie décorative une vision molle et Saint-Sulpicienne. A la décharge des éditeurs du plan en 1872, on se doit, cependant, d'ajouter que cette déformation est peut-être imputable à la restauration dont s'est acquitté Laurent de Dignoscyo en 1842.

Ce fait est particulièrement sensible à l'examen du visage de l'Ange porteur du cartouche Lyon. La figure 1 montre ce visage avant la restauration de 1989 et la figure 2 l'interprétation gravée qui en avait été faite en 1872. On ne saurait faire grief aux graveurs de 1872 de la mollesse du tracé et du noeud grossièrement décoratif qui surmonte la coiffure de l'Ange. Ne retrouve-t-on pas ces mêmes défauts sur le plan de 1842 ? Mais si on se reporte à la figure 3, où l'on peut voir ce visage débarrassé de tous les ajouts de la restauration de 1842, on découvre un beau et doux visage féminin, d'une grâce sans mièvrerie, qu'embellit encore un discret noeud de cheveux. Sous le dessin fade et froid du fac-similé de 1872, c'est la délicatesse et la sensibilité inimitables de l'original qui réapparaît.

A la lumière de cet exemple, on comprendra qu'il ait paru utile de reproduire l'état original retrouvé et de le faire avec la plus grande fidélité possible grâce aux moyens que la photogravure met maintenant à notre disposition.

La ville de Lyon a bien voulu entendre la demande des Archives Municipales en faveur de cette entreprise et accepter de financer une édition des planches en couleur, la plus proche possible de l'original. Il a paru judicieux de réaliser cette édition à l'occasion du 31e congrès des archives de France qui doit se tenir à Lyon en octobre 1990. C'est là, nous l'espérons, le moyen de témoigner d'une restauration qu'on s'accorde à qualifier d'exemplaire, mais c'est surtout l'occasion de faire connaître, hors de Lyon, un document unique à tous égards.

Présentation de lÉdition

Il nous paru indispensable de joindre à la reproduction des vingt-cinq planches du plan de Lyon vers 1550 un ensemble de textes, d'approches et d'intérêts divers, pour éclairer, autant qu'il se peut, l'origine et la valeur de ce document.

Des questions en suspens

Ce plan reste, en effet, par bien des aspects, énigmatique : on ne sait toujours pas pour qui, quand, et par qui il a été fait. La consultation des Archives municipales n'apporte de lumière que sur sa conservation et sa restauration. Par contre, les érudits ont scruté, en vain, les comptes de la Ville dans l'espoir d'y trouver trace de la dépense ; elle a dû être importante, surtout si on tient compte du travail de levé du plan, du dessin, de la gravure enfin.

Quand bien même la Ville n'aurait pas financé directement cette entreprise, on pourrait s'attendre à trouver dans les délibérations municipales quelque écho de la réalisation d'un document aussi exceptionnel et dont l'établissement a dû demander plusieurs mois. Mais les délibérations n'en disent rien. Ce silence laisse à penser qu'il ne s'agit pas d'une initiative de la Ville elle-même.

On revient alors au document lui-même pour remarquer la présence en nombre des croissants figurés : trois croissants entrelacés en haut de la planche 3, un croissant dans la main de l'ange porteur du cartouche "LYON", les croissants sur les grands cartouches inférieurs, enfin, le croissant sur le Jeu de Paume d'Ainay. Le rapprochement avec le croissant emblématique de Henri II et de Diane de Poitiers s'impose. On retrouve ces mêmes emblèmes sur le plan de Paris. Leur présence de ces emblèmes fait évidemment penser à une origine royale de la commande mais, encore une fois, aucune pièce d'archives ne vient étayer cette hypothèse. On sait, du reste, que le plan de Paris qui porte les mêmes emblèmes, n'est pas une commande du Roi.

La date de réalisation du plan n'est pas plus assurée. Nous renvoyons à l'étude de Grisard, déjà citée, qui la fixe, par critique interne, entre 1545 et 1553.

L'éditeur du plan reste tout aussi mystérieux. L'érudit Georges Péricaud affirme, sans donner la source de son renseignement, qu'il s'agit d'une édition de Charles Pesnot et Maurice Roy. Ces deux éditeurs lyonnais dont le travail est décrit dans la Bibliographie lyonnaise de Baudrier, paraissent bien peu importants pour s'être chargé d'une telle entreprise. En outre, il s'agit d'un travail de taille-doucier, et non de typographe, pour lequel Pesnot et Roy paraissent n'avoir eu ni la qualification ni le matériel adéquats.

Le dessinateur du plan n'a pas non plus signé son oeuvre. Les deux cartouches prévus aux planches d'angles 21 et 25 restent désespérément vides... et aucune planche n'est signée. On peut d'ailleurs s'interroger sur cette vacuité : est-elle voulue pour insérer, selon l'occasion, des dédicaces différentes ? Ou bien, au contraire, correspond-elle à un stade d'inachèvement du travail ? Autrement dit, y a-t-il eu, jamais, d'autres exemplaires que celui conservé aux archives de Lyon, lequel serait un premier tirage avant que toute la lettre ne fût complétée ?

Toutes ces questions restent sans réponse. Néanmoins, il nous a paru nécessaire de rassembler, d'une part, des recherches à partir des documents d'archives et des sources imprimées, d'autre part, des contributions qui éclairent certains aspects de l'établissement du plan. Ainsi, seront retracées l'histoire du document, celle de sa conservation, celle encore de la perception qu'on en a eue à différentes époques.

Les contributions

Le bref recensement des représentations de Lyon jusqu'au milieu du XVIe siècle, que nous avons donné plus haut, a fait apparaître le plan scénographique comme une sorte d'aboutissement des représentations de la ville. D'ailleurs, une fois ce sommet atteint, il est frappant de constater que, pendant trois siècles, il servira de modèles, plus ou moins lointain, aux représentations de la ville. En conclusion de cet ouvrage, l'article de Gérard Bruyère sur la Fortune critique du plan de Lyon au XVIe siècle à travers ses reproductions gravées s'attache à étudier la descendance directe du plan en s'appuyant sur un catalogue qui se voudrait exhaustif et précis.

La très savante étude de Jean Boutier, Cartographies urbaines dans l'Europe de la Renaissance, cherche inversement à replacer le plan de Lyon dans tout un contexte scientifique et artistique. Un mouvement, né en Italie à la fin du XVe siècle, sort la carte du livre et lui donne, à la fois, grandes dimensions et indépendance. La représentation concerne, dès lors, la ville prise comme un ensemble. Les villes méditerranéennes sont les premières à être figurées. Viennent ensuite les villes d'Europe du Nord. Le plan de Lyon en 1550 prend place au nombre des grandes réalisations que sont Vienne en 1547, Strasbourg en 1548, Paris en 1553 et Amsterdam en 1554. Mais si cet aboutissement survient en milieu du XVIe siècle, ce n'est pas un hasard. Des recherches similaires amènent à élaborer, à la même époque, des plans précis de grandes villes, plans eux aussi de grande dimension. Le document publié aujourd'hui n'est donc pas isolé. Enfin, comme le rappelle J. Boutier, le cas de plans gravés connus à un seul exemplaire s'applique à des villes telles qu'Anvers et Augsbourg.

Mais l'étude menée sur cet ensemble fait aussi ressortir que pour être parti d'un mouvement qui touche toute l'Europe, la réalisation du plan de Lyon ne laisse pas moins d'occuper une place éminente pour bien des raisons. Un certain nombre d'entre elles tiennent à la matérialité de cet objet. L'objet, sa conservation, ses restaurations comporte une description précise du plan suivie de son histoire et de ses restaurations. Je me suis personnellement attachée à rédiger cette partie.

Les dimensions du document sont d'abord hors de l'ordinaire. Beaucoup plus grand que le plan de Paris (1,30 m x 0,96 m), le plan de Lyon (1,70 m x 2,20 m) occupe une surface presque double. Il comporte vingt-cinq feuilles au lieu de huit seulement pour le plan de Paris. Il excède, de même, par ses dimensions le plan de Rome de 1551. Sa technique est également un élément qui le classe à part : c'est un document gravé sur cuivre alors que ses contemporains le sont souvent sur bois. Le choix de cette technique permet, certes, une précision plus grande, mais est significatif d'une destination différente. La gravure sur bois autorise une large diffusion. L'impression est simple et le support ne s'use pas au cours des tirages. La taille-douce, au contraire, demande une presse spéciale et un savoir-faire qui introduit des variations entre les exemplaires du tirage. De plus, les tailles s'usent très rapidement sous l'action de la presse. Le tirage ne peut être que limité. Le recours au procédé de la gravure en taille-douce semble donc indiquer qu'il n'entrait pas dans les intentions des auteurs du plan de créer un document de grande diffusion. Le but visé était plutôt celui de la qualité.

L'apport du plan à la connaissance de la topographie de Lyon a toujours été pris comme une donnée. Il convenait de vérifier la confiance qu'on pouvait lui prêter en le confrontant aux documents d'archives. Jacques Rossiaud a bien voulu se charger de ce travail que seul un historien maîtrisant parfaitement tous les aspects de la vie urbaine pouvait entreprendre en rédigeant Du réel à l'imaginaire : la représentation de l'espace urbain dans le plan de Lyon au XVIe siècle. On trouvera dans cette étude, appelée à faire date, l'inventaire minutieux, non seulement de tous les éléments topographiques du plan, mais encore de ceux qui évoquent la vie sociale. En confrontant ces éléments avec la réalité des textes, il peut ainsi évaluer la part d'imaginaire qui affecte la représentation et en expliquer les raisons. De même, seul un historien pouvait essayer de cerner les rapports entre ce document et la politique d'urbanisme de la ville.

Après la représentation topographique de la ville, les ornements du plan présentent une indéniable valeur esthétique. L'artiste qui les a exécutés, n'a pas eu soin de signer son travail. Aussi, ne les a-t-on jamais véritablement étudiés. Leur qualité d'invention et de dessin en font, pourtant, un des chefs d'intérêt du plan. Pour cela même, une étude iconographique et stylistique de ces ornements nous a paru nécessaire. Gérard Bruyère l'a tentée, ici, dans ses "Notes sur les ornements du plan de Lyon au XVIe siècle". Celui-ci s'est également efforcé d'identifier leur auteur. S'il n'arrive pas à une conclusion formelle, il a de bons arguments pour incliner à penser qu'ils sont l'oeuvre de Georges Reverdy, le graveur mal connu du fameux Promptuaire des Médailles (Lyon, 1553).

On trouvera, dans le sommaire qui suit, ces études groupées en deux parties :

La première réunit tout ce qui touche à l'objet lui-même (description, conservation, restauration) ainsi qu'à son histoire.

La seconde rassemble les études qui, soit replacent le plan de Lyon dans un contexte plus large, soit s'efforcent d'éclairer son origine.

Lyon, septembre 1990

Jeanne-Marie Dureau

Archiviste de la ville de Lyon

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