1ère partie

Historique du plan de 1550

 

Historique du plan de 1550

Le XIXe siècle (surtout après 1840) a bien perçu l'intérêt du document. Les contemporains insistent sur le fait de l'avoir découvert dans un dangereux état d'abandon. Du coup, des efforts importants ont été faits pour conserver et mettre en valeur ce plan. On l'a restauré en 1842 de façon malencontreuse, certes, mais aussi bien que l'époque le concevait, c'est-à-dire en privilégiant l'apparence du document par rapport à sa "santé". On en a fait, en 1872, une reproduction aussi fidèle que le permettaient les moyens techniques existants. Par ailleurs, plusieurs articles lui ont été consacrés.

Mais tous ces efforts en faveur du document n'ont pas eu que des effets bénéfiques.

Il a été dit plus haut, d'une part, que la restauration avait introduit des produits qui se sont révélés à la longue nocifs pour le document et l'ont fragilisé, d'autre part, qu'elle l'avait "embelli" pour le mettre au goût de l'époque. Ceci a eu deux conséquences : altérer l'original et induire en erreur les auteurs de la reproduction donnée trente ans après la restauration.

La reproduction, publiée en 1872 par les soins de la Société de topographie historique de Lyon, a, sans doute, protégé le document en rendant inutile la manipulation directe de l'original mais, d'un autre côté, si elle a permis une connaissance exacte d'un point de vue documentaire, elle a complètement gommé l'aspect esthétique du plan. Elle a été si bien diffusée qu'elle a fait oublier l'original et que les études se réfèrent couramment à elle, sans prendre garde qu'il y a une distance notable entre le plan de 1550 et sa copie par les graveurs Séon et Dubouchet en 1872.

Les études, prenant appui sur le plan, ont eu le mérite d'attirer l'attention sur le document et, nous le verrons ci-après, celui aussi de bien le restituer dans la lignée des plans généraux de la ville. Toutefois, ils n'ont, en réalité, apporté des certitudes que sur un seul point : celui de la date des édifices représentés, grâce à l'article de Grisard, reproduit dans la présente édition. Ces travaux, au reste, présentent le gros inconvénient de prendre le plan pour une image fidèle de la réalité. Il ne vient à l'esprit de personne qu'on peut, malgré la précision des tracés, avoir affaire à une vue prospective ou, inversement, à un état passé qui n'aurait pas été mis à jour au même moment sur toutes les feuilles du plan, ou même, actualisé sur toutes les feuilles et qui peut,donc, juxtaposer des réalités qui n'ont jamais été concomitantes. En un mot, le document est perçu comme un document historique, sa valeur esthétique est entièrement ignorée, mais ce document n'est absolument pas critiqué. Vulgarisé par la reproduction de 1872, il commence une carrière qui en fait la source d'affirmations non étayées.

Enfin, lorsque, dès les premiers soins donnés au plan de 1550, nous nous sommes heurtés à ces travaux divers effectués sur le plan au XIXe siècle, la notion de "découverte" du document nous a frappée : elle est mise en avant, en 1840, par l'archiviste Grandperret, qui dit avoir trouvé le plan au fond d'un placard. Dans son discours, cela est synonyme d'abandon et de méconnaissance. La même appréciation est sous-jacente en 1872 aux travaux de reproduction entrepris par la Société de topographie historique, présidée par Martin-Daussigny, au travail de gravure supervisé à lÉcole des beaux-arts par Léon Charvet. On la retrouve encore dans les articles de Brouchoud, Charvet, Grisard. Ce dernier dit, en effet, parlant du plan comme d'une estampe : "[...] en 1840, elle fut trouvée en morceaux dans un sac de toile oubliée au fond d'un placard des archives de l'Hôtel de Ville où elle était reléguée."

Les considérations critiques, par lesquelles nous avons commencé ce texte, conduisent à prendre une certaine distance avec ce qui est dit ou fait autour du plan au XIXe siècle. Elles amènent à comprendre la manière dont les époques qui précèdent la nôtre, ont connu et perçu le plan de 1550 et à se demander s'il a été autant négligé qu'on le dit en 1840. De plus, il est logique de penser éclaircir quelques-uns des points qui demeurent obscurs dans l'étude du plan de 1550, en se reportant aux circonstances qui l'ont conduit aux archives municipales de Lyon, et plus largement, en cherchant ce qu'on a dit du plan du XVIe au XVIIIe siècle. On peut croire a priori que les siècles qui nous ont précédés, plus proches de la réalisation de cette estampe, avaient une meilleure connaissance de son origine. C'est pourquoi nous avons essayé de scruter ce qui a été dit du plan avant sa "découverte" vers 1840 d'une part et recherché sa trace dans les anciens inventaires des archives d'autre part. Les mentions, fruits de cette quête, sont données in extenso en appendice à ce texte.

A collecter et à lire les textes concernant le plan de Lyon en 1550, on s'aperçoit qu'il y a deux périodes dans sa carrière : jusqu'en 1780, le plan a servi de document de base pour des plans généraux de la ville et a été utilisé par les architectes. Dans cette très longue tranche chronologique, il n'est pas mentionné par les inventaires des archives. Après 1780, c'est l'intérêt historique du document qui prime sur son utilité, et on le voit alors figurer dans les Archives de la Ville.

Première période :

le plan instrument de référence pour les travaux d'urbanisme et la réalisation des autres plans généraux de la ville

Le plan de 1550 sert à établir des plans généraux de la Ville au XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. On peut le comprendre parce que ce sont les changements profonds apportés par Morand et Perrache qui le rendent totalement désuet à la fin du XVIIIe siècle. On trouvera dans l'article de Gérard Bruyère, in fine, la description détaillée de ces reproductions qui copient et réduisent le plan de 1550. Disons brièvement, en renvoyant à ces pages pour plus de précisions, qu'il a été reproduit par la gravure en 1572, 1696, et 1780.

Au milieu des plans des villes d'Europe, pour représenter Lyon, c'est une réduction du plan de 1550 qui est donnée par Braun en 1572.

Lorsque le père Ménestrier veut illustrer son Histoire civile ou consulaire de la ville de Lyon, parue en 1696, c'est le plan de 1550 qu'il fait reproduire par le graveur Tardieu.

Enfin, vers 1780, l'ingénieur géographe Moithey en fait, à son tour, une reproduction gravée et réduite.

Dans les deux premiers cas, le plan figure dans un livre pourvu d'introduction, de pièces liminaires. Mais aucun des ouvrages ne donne d'éclaircissement sur le plan qui est très visiblement leur source et ne dit absolument pas où le document a été consulté et copié.

La reproduction donnée par Moithey n'est, elle, qu'une estampe isolée dont seul le titre pourrait être indicatif. Mais la légende se contente de noter : "réduit par M. Moithey d'après un grand plan en 25 feuilles" sans préciser où se trouvait ce plan, source de la gravure.

Parmi ces reproductions, la gravure de Tardieu a été largement diffusée et, de ce fait, bien connue. Planche jointe à un ouvrage, elle en a été souvent détachée et traitée comme une gravure isolée dans les collections.

Ces reproductions ne sont pas seules à dire l'intérêt porté au plan. Une mention de paiements à l'architecte Decrénice pour des travaux effectués en 1763 montre l'utilité du plan de 1550 à cette date. L'intervention de Decrénice a été effectuée en liaison avec l'aménagement du quai Saint-Clair par Soufflot. A l'occasion de deux procès qui retardent le début des opérations, l'architecte Decrénice est amené à "découvrir les anciens murs," à faire des mesures et à dessiner des plans, dont l'un d'après le plan ancien de Lyon en 1550. Mais cette mention de paiements est par ailleurs très curieuse à deux chefs.

Il y est question du "plan de 1553". Il ne peut s'agir, nous semble-t-il, que du plan original que nous désignons par commodité comme le plan de 1550, faute d'avoir une date précise. On ne peut guère s'expliquer la précision de cette appellation sans supposer qu'alors, le plan comportait une datation précise, soit imprimée, soit manuscrite. Elle pouvait se trouver au dos du plan mais plus vraisemblablement sur la marge et aura disparu avec elle. Elle peut également venir aussi d'une tout autre source, mais ce qui est à remarquer, c'est la précision et l'aspect péremptoire de la référence.

La présence d'une telle indication expliquerait aussi qu'on trouve beaucoup plus tard, en 1839, une date très précise "1554" avancée par G. Péricaud, sans aucune justification. On peut penser que cette datation remonte, elle aussi, à la même indication disparue, car, dans les deux cas, les auteurs n'éprouvent aucun besoin de la justifier ; on sait de plus que, pour certaines parties de l'année avec l'usage d'un calendrier qui fait commencer l'année à Pâques, 1553 et 1554 peuvent être équivalents. Rapprocher ces deux faits entraînerait même à penser que l'indication disparue datant le plan ou plus vraisemblablement sa date d'achèvement, comportait mois et peut-être quantième ; ceci permettait de préciser 1553 ancien style ou 1554 nouveau style.

Une second passage de la mention du paiement de Decrénice est également très énigmatique : il est en effet payé pour deux plans gravés pour la ville, "l'un relevé sur celui de 1553, l'autre sur celuy qui est aux archives de la ville". On ne peut pas identifier avec certitude quel est "le plan gravé qui est aux archives de la ville" et qui est différent du plan de 1553 ; il peut s'agir soit du plan de Philippe Le Beau, daté de 1607, soit du plan copié par Tardieu, car c'est lui qui est cité souvent dans les inventaires des archives sous son titre de carte ancienne de la ville de Lyon sous les règnes de François Ier et Henri second. En tout cas, la mention oppose le plan de 1553 et celui qui est aux Archives de la Ville, semblant dire que le plan de 1553, lui ne sy trouve pas en 1763.

Par ailleurs, on remarque que ce plan et sa localisation sont assez connus, à cette époque, pour qu'on n'ait pas à préciser où le travail de relevé a été fait ! Cette notion que le plan n'est pas aux Archives coïncide avec son absence des inventaires anciens.

Les Archives municipales conservent plusieurs inventaires anciens à différentes dates : 1606 (1 Wp 11 et 12), 1675 (1 Wp 13), 1749 (1 Wp 14 à 18), et un inventaire non daté de la fin du XVIIIe siècle en 22 volumes qui repose sur les travaux de l'archiviste Marc-Antoine Chappe (1 Wp 44 à 66). Les travaux de Chappe se sont étalés de 1746, date à laquelle la Ville l'a recruté comme archiviste, à sa mort en 1781. L'ensemble en 22 volumes, connu sous le nom d'inventaire Chappe, comporte, en réalité, non seulement des mises à jour du XIXe siècle nettement identifiables par leur écriture, mais aussi et sans doute, une mise au net probablement postérieure à la mort de Chappe. Tous ces inventaires sont méthodiques ou comportent des tables méthodiques au début. Ceci permet de se rendre compte assez vite que les trois premiers cités ne comportent pas de plans généraux et que c'est seulement le dernier qui consacre plusieurs pages à un inventaire des cartes et plans, où se trouve effectivement le plan de 1550. Mais il y est décrit à une date qui est postérieure à 1783, puisqu'on mentionne une étiquette apposée en 1783. Cette description appartient donc à la deuxième période que nous avons distinguée postérieure à 1780, c'est-à-dire à la dernière reproduction gravée du plan par Moithey.

Deuxième période :

le plan utilisé en tant que document historique

Dans l'inventaire des archives à la fin du XVIIIe siècle, la description du numéro 3 correspond sans aucun doute possible au plan original de Lyon : l'emplacement du titre "Lyon", des cartouches vides, et la précision qu'on a collé dans ces cartouches le texte des cartouches du plan de Ménestrier permettent d'affirmer que c'est bien le plan unique du XVIe siècle qui est décrit. Mais cette notice, première mention du plan dans les collections des archives municipales, n'est pas datée. De son contenu même se référant à 1783, on déduit aisément qu'elle ne peut être que "postérieure à 1783". Comment préciser davantage ? La rencontre d'une autre mention du plan, elle, bien datée de 1786, nous paraît le permettre. En effet le 31 janvier 1786, les procès verbaux de l'Académie de Lyon nous montrent le plan hors des Archives, dans un couloir et, semble-t-il, à la charge de l'académie de Lyon :

"Messieurs les officiers ont représenté que le plan de la ville de Lyon, précieux par son ancienneté se degradoit dans le passage où il était placé et que l'Académie risquait de le perdre".

A la lecture de ce texte, il nous paraît logique de penser que le plan, dont l'Académie se sent responsable, n'était pas encore entré aux Archives, et que la mention qui le montre dans l'inventaire, dit "inventaire Chappe", est postérieure à cette inquiétude de l'Académie pour un document dont elle semble avoir la garde.

L'Académie des sciences, belles lettres et arts de Lyon, fondée en 1700, était logée par la municipalité à l'Hôtel de Ville et occupait des locaux correspondant à l'actuel cabinet du Maire. Les Archives en étaient voisines et séparées par un couloir (figure 6).

1 L'Académie avait installé, le 18 novembre 1777, dans des locaux concédés par la municipalité à l'Hôtel de Ville, la Bibliothèque Adamoli et une sorte de petit Musée, constitué à partir des collections Adamoli, Pestalozzi, Christin et autres. Elle y demeura jusqu'en 1792, date à laquelle elle déménagea au Grand Collège. C'est d'ailleurs dans la partie médaillier de ce Musée qu'elle décide de faire porter alors le plan :

"on est convenu de le réparer du mieux et le plustot qu'il seroit possible pour le transférer dans le cabinet des médailles...".

En 1786, donc, on est loin de négliger le plan : on le fait réparer, on le met à l'abri, et on a bien conscience de l'intérêt historique de ce document.

L'examen de ces textes nous porte à croire que le plan est arrivé aux Archives après 1786 et tout de même avant 1789-1790, car l'inventaire Chappe est dans son ensemble antérieur à la Révolution et la mention du volume 13 que nous avons citée n'est pas au nombre des mentions rajoutées au XIXe siècle.

Une fois démontrée cette arrivée tardive dans les collections des Archives, il faut ajouter qu'il a été alors très mal identifié. Méprise ou lapsus, le texte de l'inventaire le décrit comme levé sur ce qui est sa copie, le plan de 1696 !

En 1796, un état des papiers trouvés aux Archives, à la levée des scellés décrit le contenu des armoires, des embrasures et les documents posés sur des tables. Passant à un bureau qui est au fond de la salle, il dénombre des cartes, dont la 17e ressemble au plan ; mais en réalité la "carte ancienne de la ville de Lyon sous les règnes de François Ier et Henri II" est très probablement une fois encore la copie de 1696.

2 On n'a donc pas de mention certaine de la présence du plan aux Archives municipales avant celles fournies par les différentes descriptions de N.F. Cochard dans ses Indicateurs, Description de Lyon, et Guide du voyageur qui, successivement, le citent en 1810, 1817 et 1826, parmi les curiosités à voir à Lyon. Elles décrivent le local des archives à l'Hôtel de ville et y distinguent tout particulièrement"un ancien plan de Lyon qui remonte au siècle d'Henri II". Le texte donne son lien avec Ménestrier "qui l'a fait graver pour son Histoire consulaire". Pourtant en 1826, le savant archiviste, l'abbé Sudan ne connaît que la copie de Tardieu pour Ménestrier et le plan manuscrit de 1626 correspondant sans doute au plan de Le Beau (de 1606 en réalité).

Si bien que c'est seulement en 1839 qu'on rencontre la première mention qui décrit avec précision le plan de 1550 et lui donne sa vraie place par rapport à la copie et même l'identifie. C'est Georges Péricaud dans ses Lyonnais dignes de mémoire qui en fait une description très précise. Il donne les dimensions en pieds et pouces ce qui incline à penser qu'il cite un texte plus ancien et ne travaille pas de première main. Il lui attribue une date avec certitude, 1554, et va jusqu'à citer son éditeur, Louis Pesnot, et son imprimeur Maurice Roy. Toutes ces précisions, et la mesure en unités anciennes montrent qu'il a eu en main une source que nous avons perdue et qu'il ne cite malheureusement pas.

Le travail de l'archiviste Louis Vernange est absolument contemporain de l'édition de Péricaud. Mais nous ne saurons jamais si c'est à lui que revient ou non l'apparition de ces précisions. La page de l'inventaire du Catalogue des plans des archives municipales en 1839 par Louis Vernange est malheureusement arrachée ! Elle comportait la description des plans anciens. En tout cas, c'est à la suite de ce travail d'inventaire que l'archiviste Grandperret le fait restaurer.

En 1872, la Société de topographie historique le reproduit. Après cette date, on n'en parle pratiquement plus : la reproduction éclipse l'original. Il ne figure plus qu'à l'exposition du Bimillénaire de Lyon en 1958 et attend dans son placard. Lors du déménagement des archives municipales de l'Hôtel de Ville au palais Saint-Jean en 1974, on fait installer le placard qui le protégeait dans le grand escalier de pierre du Palais. L'état du papier et la dégradation des pigments et colles demandent une nouvelle restauration. Elle fut effectuée en 1989.

A l'occasion de cette dernière restauration, il n'a pas été remonté mais laissé en feuilles sous protection de mylar. Enfermé dans un coffret de bois, le plan est désormais conservé dans la réserve des Archives.

En se donnant pour principe de ne garder que les éléments du XVIe siècle et, par conséquent, de laisser apparentes toutes les lacunes, la restauration a fait apparaître clairement les différences entre le plan et ses reproductions. D'où le projet de publier une édition du plan qui, grâce aux moyens techniques actuels, en donnerait enfin une image fidèle.

Figure 6
Les locaux de l'Académie et des Archives Municipales à l'Hotel de Ville (plan gravé, d'après les dessins de Simon Maupin, en 1651).

Conclusion

Il serait exagéré de dire que la démarche qui a été la nôtre, celle de retracer l'historique de la conservation du plan, n'a fait qu'ajouter des interrogations supplémentaires à son propos ! En réalité, si nous n'avons pas trouvé dans cette recherche la clef qui expliquerait la présence de ce document isolé et unique dans le fonds des Archives municipales, nous avons rencontré la preuve qu'elle a existé, qu'elle a été vue et qu'elle est perdue pour nous. Par ailleurs, nous avons remarqué une certaine permanence des phénomènes entre l'Ancien Régime et le XIXe siècle. Expliquons-nous. De même que la reproduction donnée en 1872 a, jusqu'à un certain point, fait négliger l'existence et le caractère esthétique du document original, de même la reproduction du plan de 1696 a si bien fait oublier le document original qu'à l'extrême fin du XVIIIe siècle, on en est arrivé à prendre, par une curieuse méprise, le document original pour une copie de sa reproduction ! Enfin, cette recherche fait aussi apparaître une hypothèse qu'on n'aurait peut-être pas émise sans cet examen des sources : le plan pourrait ne pas être aux Archives de la Ville depuis plus de deux siècles.

TEXTES

1763 Les travaux de Decrénice utilisant le plan

- le datent de 1553

- semblent dire que le plan ne se trouve pas aux Archives de la Ville.

1) Les travaux de Decrénice et leur paiement sont mentionnés dans les délibérations consulaires :

"Du samedy trente un décembre mil sept cent soixante trois en l'hotel commun de la ville de Lyon y estans messieurs Flachat de St Bonnet, prévot des marchands, Fulchiron, Valesque, Jolyclerc, Lacour l'ainé, echevins.

[...]

Autre mandement pour le Sieur Decrénice, architecte de cette ville, de la somme de trois mille cent quarante huit livres, à laquelle les dits sieurs ont aujourd'hui réglé et arrété l'état à eux présenté tant des déboursés par luy faits de l'ordre du Consulat, à différents ouvriers pour la découverte des anciens murs de cette ville du coté de Saint Clair, et pour les mesures par luy prises depuis la maison Auriol jusqu'au bastion saint Clair, compris dans la dite somme ses honoraires pour avoir réduit et dessiné le plan général et deux autres plans relevés sur ceux qui sont gravés et finalement pour avoir conduit et suivi les ouvriers qui ont travaillé à la découverte des anciens murs [...]".

A.M.L. : Délibérations, BB 331.

2) Les comptes de la ville décrivent de façon plus explicite le travail de Decrénice d'après le plan de 1550 :

"État des déboursés que le Sieur Decrénice, architecte a fait pour la découverte des anciens murs de la ville du côté de Saint Clair de l'ordre du consulat, commencé en juillet 1759.

A Maurand suivant sa quittance du 29 janvier 1760....384 L

A Feuillet suivant sa quittance du 23 janvier 1760.....85 L 4 s

A Moris suivant sa quittance du 28 janvier 1760.....209 L 4 s

A Delhorme suivant sa quittance du 8 janvier 1760.....200 L

A Pipon suivant sa quittance du 24 avril 1760.....60 L

A Drivon suivant sa quittance du 26 Février 1763.....677 L

Pour avoir pris les mesures à commencer à la maison Auriol, Rue des Feuillants, La Croix Paquet, le séminaire jusqu'au bastion Saint-Clair, y compris aussi les nouveaux emplacemens.....285 L

Pour le plan gravé de 1553.....48 L

Total des déboursés.....1948 L

Honoraires

Pour avoir réduit et dessiné le plan général et deux autres plans relevés sur ceux qui gravés, l'un d'après celuy de 1553 et l'autre d'après celuy qui est aux archives de la ville, remis à M.Ferrand pour ce.....400 L

Pour avoir conduit et suivi les ouvriers qui ont travaillé à la découverte des anciens murs pendant quatre mois et demy, fait les procès verbaux avec le sieur de Gérendo de l'état et direction des dits murs, avoir été avec le sieur Ferrand pour voir et examiner les titres et plans qui sont au pouvoir du Séminaire et des Feuillans, pour ce.....800 L

Le 31 Décembre 1763 ---------------------------- 3148 L 8 s

Arrêté le présent compte à la dite somme de 3148 Livres".

A.M.L. : CC 3510.

1783 Inventaire de Marc Antoine Chappe (partie posthume) décrivant le plan et prenant la copie pour l'original :

"Troisième partie, titre 2, 2ème section, chapitre 4, article 3, 2 : inventaire des tableaux, cartes et plans renfermés dans les Grandes Archives.

N 1

Carte de l'ancienne ville de Lyon, en papier collé sur toile, montée sur un chassis sans cadre au bas de la quelle et de chaque côté on voit un cartouche contenant une instruction qui apprend que cette carte représente la ville de Lyon comme elle était sous les règnes de François premier et Henri second

N 2

la même carte en papier collé sur toile, montée sur un rouleau avec sa corniche en bois noir

N 3

Grand plan de la ville de Lyon en papier collé sur toile monté sur un chassis avec un gros cadre en bois noir ; au milieu duquel vers le tiers de sa hauteur en contre bas est écrit en gros caractère romain LYON

A l'angle supérieur gauche, sont les armes de France.

A l'angle supérieur droit sont celles de Lyon.

Au bas et de chaque côté était un cartouche vide, dans lequel on a collé en 1783 l'instruction qu'on lit dans les cartouches de la carte précédente (n), sur laquelle ce plan a été levé.

On ne sait point en quelle année ce plan a été exécuté."

A.M.L. : Inventaire Chappe, vol XIII, pp. 531-532)

1786 31 janvier. L'Académie de Lyon s'inquiète du plan et le fait mettre à l' abri

"Du mardy 31 janvier 1786

Séance 18

Monsieur Directeur, MM de la Tourette, Collomb, Villers, Laurencin, Barollières, [...] Léger, Jacquet, Castillioni, Gilibert, Tissier [...]

Messieurs les officiers ont représenté que le plan de la ville de Lyon, précieux par son ancienneté se dégradoit journellement dans le passage où il étoit placé et que l'académie risquait de le perdre, si on le laissait plus longtemps exposé au même endroit. Sur quoy on est unanimement convenu de l'ôter de la place où il est, de le réparer du mieux et le plustôt qu'il seroit possible pour le transférer dans le cabinet des médailles, sous la réserve de le montrer aux personnes qui le désireroient et qui seroient dans le cas de le demander."

Lyon, Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts :

Procès verbaux manuscrits des séances.

1796, 4 novembre. Levée des scellés des Archives de la Ville. On ne se réfère qu'à la copie XVIIe siècle du plan.

"Etat sommaire des papiers, titres et pièces trouvées dans les archives de la municipalité de Lyon, lors de la levée des scellés, faite en présence des citoyens commissaires

[...] Bureau du fonds de la salle [...] dans les armoires du dit bureau

[...]17) carte ancienne de la ville sous les règnes de François 1er et Henri II".

A.M.L. : 1 Wp 2.

1810 Indicateur de Lyon (Par N.F. Cochard). - Lyon : Périsse,1810, 2 vol in-8.

P. 93 : dans la partie "Description des curiosites de Lyon" au nombre des "objets particuliers qui méritent d'être vus" :

"[...] dans les archives de la ville, on conserve un ancien plan de Lyon qui remonte au siècle d' Henri II."

1817 Cochard (N.F.).

- Description historique de Lyon. - Lyon : Périsse, 1817.

P. 162 (immédiatement après avoir décrit les peintures de Blanchet) :

"La chambre des archives contigüe à cette dernière réunit à la plus grande solidité tout ce qui est necessaire pour conserver le dépôt important qu'on y a placé. L'on remarque avec beaucoup d'intérêt un ancien plan de la ville qui remonte au règne de Henri II. Menestrier l'a fait graver pour le mettre en tête de son Histoire consulaire."

1826 Cochard(N.F.).

- Guide du voyageur et de l'amateur à Lyon.- Lyon : Pezieux, 1826.

P. 270 :

"Les archives contigües à cette dernière pièce sont voutées et disposées avec gout pour conserver le dépôt important qu'on y a placé. On remarque dans cette salle un ancien plan de la ville du temps de Henri II (Menestrier en a donné une gravure en tête de son Histoire consulaire)."

1826 L'abbé Sudan archiviste et érudit ne connait que le plan du XVIIe siècle.

"[Annotation postérieure]travaux de Mr l'abbé Sudan, le tout écrit de sa main :

Il existe aux archives quelques perspectives et vues de Lyon, faites à la main qui n'offrent aucune régularité et perspective et d'une grossière exécution.

Il y en a eu du XVIIIe siècle, gravé et comme tout le monde du quay Saint Antoine.

Quand aux plans généraux de la ville, on nen conserve que d'avant la Révolution.

Le premier, sans date précise et le plus ancien, gravé et réduit et en vérité c'est un plan ou vue de la ville à la cavalière, telle qu'elle étoit sous François I et Henri II dans l'histoire de Menestrier.

Le 2ème de 1626 n'a jamais été gravé [...]"

A.M.L. : Papiers Sudan, 1 II.

1839 Lettre au maire de Lyon :

"Monsieur Vernange archiviste actuel, dont je me plais à signaler l'esprit d'ordre n'a pu remédier sensiblement au désordre [...] tous les plans de la ville et ses dépendances amoncelés dans une armoire sans ordre ni indice d'ordre pour pouvoir être consultés."

A.M.L. : 1 Wp 2.

1839 Mention arrachée dans les inventaires des archives

"Catalogue des plans des archives municipales par Louis Vernange, archiviste"

Les pages 1 et 2 comportaient les plans anciens... elles ont été arrachées !

A.M.L. : 1 Wp 78.

1839 Péricaud (Georges).

- Catalogue des lyonnais dignes de mémoire par Bréghot du Lut et Péricaud ainé. - Lyon, 1839.

P. 261 :

"ROY (Maurice): imprimeur à Lyon en 1550, et années suivantes. Il grava avec Louis Pesnot, en 1554, la carte de Lyon en 25 feuilles, haute de 5 pieds, 6 pouces d'après lequel a été fait le plan gravé qui est en tête de l'Histoire consulaire du père Menestrier".

1842 L'archiviste Grandperret fait restaurer le plan.

"Lyon, le 1er mars 1842

Une des pièces les plus intéressantes que possèdent nos archives municipales, le plan de la ville de Lyon sous les règnes de François 1er et de Henri II, vient d'être restaurée d'après vos ordres par les mains de Monsieur Dignoscio. Ce précieux monument d'une époque déjà ancienne, étoit quand nous l'avons tiré du fond de nos armoires dans un état de délabrement..."

A.M.L. : 1 Wp 2.

1852 Rapport de l'archiviste à Monsieur le Secrétaire général.

"A côté de la grande salle, se trouve le cabinet de l'archiviste, où sont réunis des livres divers ayant trait à l'histoire de la ville, le beau plan de 1540, les portraits gravés d'anciens lyonnais célèbres"

A.M.L. : 1 Wp 2.

1854 Visite des Archives municipales, le 31 octobre 1854.

"[...] les sous bassements des fenêtres sont des armoires contenant les plans...

Dans le cabinet de l'archiviste[...]

[...] le plan en relief de la ville de Lyon telle qu'elle etoit sous les règnes d'Henri II et de François 1er. c'est l'original du plan de Lyon qu'on voit en tête de l'ouvrage de Menestrier.."

A.M.L. : 1 Wp 8.

1872 Copie gravée du plan par la Société de topographie historique.

Lettre du président de la Société au maire de Lyon, en date du 1er août 1872.

"Il existe aux archives de la ville de Lyon le seul exemplaire connu d'une immense vue de toute la ville de lyon au XVI siècle. On ne sait d'où vient cette magnifique estampe. On ignore par qui elle a été gravée. Elle a subi déjà de grandes avaries et la restauration qui en a été faite il y a cinquante ans n'a pas suffi pour la remettre dans son premier état [...]".

A.M.L. : 1 Wp 2.

1876 Restauration du plan par Séon.

"une somme de deux cent francs est allouée à monsieur Séon pour la restauration de l'original du plan de Lyon au XVI siècle"

A.M.L. : II 183, registre des procès-verbaux des séances de la Société de topographie historique de Lyon, séance du 31 mars 1876.

1958 Bi-millénaire de Lyon

LYON. Plan scénographique, enluminé. - H. : 1 m. 60 ; L. : 2 m.05 - Arch. mun. Lyon.

" C'est le document le plus complet que nous possédions sur Lyon au XVIe siècle."

Expositions du Bimillénaire. - Lyon, 1958.

 

 

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