Seconde partie

La fortune critique du plan de Lyon au XVIe siècle à travers ses reproductions gravées (3)

 

Entre autres choses, la présente édition a permis de mettre en évidence les lacunes (minimes, pour être juste) de ce recensement onomastique. Il y manque, par exemple, la R(ue) Vielle Auges sur la feuille n 13.

Les différences que l'on relève en comparant soigneusement le fac-similé et l'original sont imputables à l'état de conservation qui était alors le sien. La restauration de Dignoscyo avec son inutile coloriage ne devait pas en faciliter la lecture et encore moins le calque. D'où quelques détails en trop ou en moins, ici et là (arbres, ouvertures, clôtures, etc.). Il semblerait, néanmoins, que les éditeurs du fac-similé n'aient pas souhaité pousser la probité archéologique jusqu'à reproduire la scène très libre qu'on devine plus qu'on ne la voit dans un des enclos de la rue Saint-Barthélemy. Version ad usum Delphini... A moins qu'il ne faille imputer cette censure au pinceau de Dignoscyo.

En tant qu'il n'en retient que ce qui a été perçu comme l'essentiel, le fac-similé propose, en définitive, une lecture schématique du document. Les "accidents" du subjectile (traces d'usure, lacunes, polychromie ancienne ou récente, numérotation manuscrite ancienne des planches) ont été filtrés sans rappel d'aucune sorte. On dispose donc d'un "texte", établi selon les règles de la philologie, mais dont on aurait fait disparaître, pour l'édition, léchafaudage critique. Si l'on compare le travail de la Société de topographie historique à deux entreprises similaires, la reproduction en fac-similé de la Table claudienne (30) et les inscriptions antiques dessinées par Louis Perrin pour Alphonse de Boissieu (31), il apparaît, que la notion de fac-similé est liée, en pratique, à la nature du document à reproduire. Ainsi, dans les exemples empruntés à l'épigraphie dont il vient d'être question, les éditeurs ont veillé à ce que le support, bronze ou pierre, fût reproduit jusque dans ses moindres imperfections, alors même qu'ils saccommodaient de la réduction d'échelle. Cette solution d'une radicalité un peu obsessionnelle, s'explique, en partie, par la volonté de rendre compte de l'évolution stylistique des inscriptions. Elle s'autorise néanmoins du texte restitué qui accompagne, chaque fois, la reproduction en fac-similé. Pour le plan de Lyon, il a fallu confondre (par souci d'économie ?) le travail de reproduction et celui de restitution. En toute rigueur, on ne saurait donc parler de fac-similé, aussi peu déterminée que soit cette notion.

Le rôle de ce que nous continuerons à désigner sous le titre de fac-similé, son prétexte et sa fin, n'a pas tant été d'offrir une vue d'ensemble de la ville, à telle date, - ce à quoi satisfaisaient les réductions antérieures -, que de dérouler le film, la succession synchronique d'images témoins de ce que l'histoire a dénaturé ou jeté à terre. La Révolution de 1789 en supprimant les communautés religieuses avait réduit, du même coup, ces poches dans la ville que formaient les couvents et les propriétés ecclésiastiques. Les travaux d'urbanisme et de voirie tout au long du XIXe siècle mais principalement sous le Second Empire ont achevé de transformer la physionomie de Lyon. Le "Lyon de nos pères" s'en est allé. On commence, à l'exemple de Paris, à vouloir en rassembler les membres épars dans un Carnavalet local. Sur le modèle également de la commission du Vieux-Paris, se formera une commission du Vieux-Lyon appelée à dresser l'inventaire de ce qui a résisté à la pioche des démolisseurs. L'entreprise du fac-similé rejoint et entretient le mouvement érudit des monographies d'édifices et des études topographiques. Il n'y a pas, certes, de rupture franche entre l'époque des réductions et celle du fac-similé. Déjà Ménestrier faisait une lecture critique du plan et s'employait à y retrouver les indices visuels de ce que lui avait appris les textes. Cette utilisation archéologique, limitée à des détails significatifs, lÉrudition va la généraliser, se livrant, de fait, à une partition du plan accordée à l'éclatement spécialisé de son propos. Significatif, de ce point de vue, le choix de le publier sous forme d'atlas.

Le "plan scénographique" devient ainsi, avant même l'achèvement de sa publication, le grand pourvoyeur d'illustrations des ouvrages historiques sur Lyon. Charvet qui avait anticipé sur le mouvement par son étude de 1869, ouvre la voie, en 1874, avec la première série de ses biographies d'architectes consacrée à Jehan Perréal, Clément Trie et Édouard Grand, bientôt suivi par Marie-Claude Guigue, dont les Recherches sur Notre-Dame de Lyon, hôpital fondé au VIe siècle par le roi Childebert et la reine Ultrogothe ; origine du pont de la Guillotière et du Grand Hôtel-Dieu (Lyon, 1876) présentent le type achevé de l'étude de topographie historique. Dans l'une et l'autre de ses publications se retrouve une restitution géométrale du plan de Lyon au XVIe siècle (catal. n 16) qui marque, en quelque sorte, l'aboutissement de l'entreprise du fac-similé. Ce plan, dessiné par Charvet, est aussi l'illustration d'un type de recherches sur la topographie de Lyon à différentes époques. L'archéologue François Artaud (1767-1838) et l'architecte Antoine Marie Chenavard (1787-1883) avaient dressé, dès 1832, le Plan de Lyon antique (32). Le Lyon médiéval, devait intéresser, chacun de leur côté, deux anciens voyers convertis à l'érudition, Benoît Vermorel (1814-1887) et Jacques Jules Grisard (1837-1898) de la Société de topographie historique. S'appuyant sur les meilleures sources (documents fiscaux, plans terristes, etc.), Vermorel travailla pendant plus de vingt-cinq ans à établir le plan parcellaire de Lyon en 1350 (33). Ce travail, resté, pour l'essentiel, à l'état de manuscrit, est conservé aujourd'hui aux Archives municipales (cote 3 II). Toutefois, il a été utilisé par l'architecte Charles Deronsière pour le plan de Lyon en 1388 d'après le livre du Vaillant publié sous les auspices de la commission municipale du Vieux Lyon, en 1927 (34). Moins ambitieuse est l'entreprise de Grisard qui dressa, en 1886, un Plan de Lyon au Moyen Âge pour servir au mémoire sur les Recluseries par M.-C. Guigue, d'après les indications de l'auteur (35). Actuellement, cette tradition de recherches est représentée par MM. Cottin et Loizy, les deux promoteurs de la nouvelle Société de topographie historique qui s'emploient à établir le parcellaire de Lyon au XVIIIe siècle.

Le plan de Lyon au XVIe siècle a fait l'objet, en 1908, d'une seconde restitution géométrale par les soins de l'architecte et archéologue Rogatien Le Nail pour l'Histoire de églises et chapelles de Lyon de l'abbé Jean-Baptiste Martin (catal. n 17). L'architecte a dessiné, en outre, plusieurs perspectives d'après le même document. Un dessinateur anonyme, à la fin du siècle dernier, avait copié le détail de l'Hôtel-Dieu d'après le fac-similé, en prenant soin de déplacer le point de vue pour une meilleure "lecture" de l'édifice (36). C'est l'époque (avant 1914) où la société académique d'architecture de Lyon met au programme de son concours archéologique annuel la restitution du "Plan de Lyon au XVIe siècle", ou plus raisonnablement l'"Église Saint-Paul au XVIe siècle" (37). Si de tels sujets ne paraissent pas avoir séduit les architectes, ils ont inspiré, en revanche, à des dates éloignées, deux dessinateurs, le célèbre Joannès Drevet (38) et Bernard Faucon (39), qui se sont livrés à des interprétations plus ou moins fouillées, plus ou moins libres, du plan de Lyon.

La reproduction de 1872-1876, tirée seulement à trois cents exemplaires, a fait connaître largement le plan. C'est à travers elle que le document est connu. Du reste, les photographies de l'original sont rarissimes avant 1989. Sauf erreur, celui-ci n'a, jusqu'à cette date, jamais été reproduit dans quelque publication que ce soit. Cette situation, normale pour un document écrit, est tout à fait exceptionnelle lorsqu'on a affaire à un document figuré régulièrement publié. Comme momifié sous sa croûte de couleurs et de colle encrassée, le plan semblait à jamais démobilisé pour les contemplations présentes et futures. Les érudits, eux-mêmes, en avaient fait leur deuil, qui - on pourrait citer les exemples par dizaines - n'évoquent plus le plan de 1550 qu'à travers son fac-similé. L'un d'eux, occupé à dresser le catalogue exhaustif et raisonné des plans de Lyon depuis l'origine, se croit autorisé à faire l'économie d'un numéro en joignant, sous la même notice, original et fac-similé (40). L'exemple est d'autant plus significatif qu'il ne se renouvelle pas dans le reste de l'ouvrage. De fait, l'auteur n'hésite jamais à attribuer des numéros différents aux multiples états d'un plan gravé, et même à ses diverses éditions (la réduction de Lemaitre par exemple). Nous sommes en plein drame platonicien : la copie a tué le modèle. Le passage à l'acte eut lieu quand on restaura, comme cela a été dit, l'original avec des fragments du fac-similé. Pour l'exposition universelle de 1894, à Lyon, la section rétrospective lyonnaise, pourtant si riche, dut se contenter de la reproduction. C'est bien un revenant qui fut présenté au public lors de la grande exposition du bimillénaire de Lyon. Le temps d'un anniversaire, le plan se joignit à tous les trésors du patrimoine lyonnais qui avaient alors envahi la ville. Voué aux apparitions exceptionnelles, nous n'irons pas jusqu'à dire millénaire, il regagna, la fête passée, son placard-tabernacle. Oublié de tous, ou presque, et s'effaçant sous la crasse, l'original capitalisait sa "valeur d'aura".

Depuis sa parution, le clair reflet du fac-similé, lui, se projetait (reproductions mécaniques) un peu partout en même temps, sur des supports variés et même inattendus : travaux d'érudition et de vulgarisation, programmes, cartes de voeux, affiche, foulard... La place nous manquerait si nous voulions faire le compte de toutes ces utilisations intellectuelles, touristiques et commerciales. Au reste, la postérité du fac-similé est déjà, peut-être, trop nombreuse pour qu'on puisse se risquer à faire un tel recensement. A cela, s'ajoute la difficulté de retrouver des productions pas toujours assujetties au Dépôt Légal (travaux de ville). Sans compter les rééditions non commercialisées. Toutes ces reproductions sont d'abord de détails : pièces détachées d'un puzzle. Puis, en 1940, le Service municipal de la Voirie s'ingénie à reproduire sur réductions photographiques l'ensemble du fac-similé (catal. n 18, fig. 29). Ce fac-similé réduit a ouvert au plan une carrière de poster. Il était dans la nature des choses que l'éditeur d'un des multiples tirages offset de ce plan tirât argument publicitaire du fait que le sien avait été colorié d'après les couleurs de l'original conservé aux Archives (41).

Figure 20

Voirie municipale de Lyon, réduction du fac-similé de 1872-1876, établie en 1940, archives municipales de Lyon (catal. n18).

On sait bien comment l'image de la tour Effel suffit à évoquer Paris ; Fourvière, Lyon ; tel monument, tel lieu. Il y a semblablement un usage métonymique du "plan scénographique" comme si Lyon, la ville, était toute entière dans son ancien plan. Sans doute, est-ce là le destin et même la raison d'être de maintes cartes, plans ou vues. Pourtant, le plan de Lyon au XVIe siècle, en totalité ou en détail, est plus que le signe de la ville (42), il symbolise encore son passé prestigieux (43), sa permanence historique, l'époque de sa plus grande prospérité économique, de son plus haut développement culturel, en un mot, il est l'expression de son génie particulier. Miroir ou idée de Lyon, tel qu'en lui-même l'"éternité" le change.

Si toute édition du plan est une tentative de réappropriation intellectuelle du document, celle-ci l'est, peut-être, plus encore que les précédentes, qui proclame si haut son caractère unique, oui, celui du document et le sien (le coup de "l'oeuvre même, enfin à la disposition de tous"). Mais le temps n'est plus où chaque reproduction prescrivait une lecture du plan, l'asservissait à un discours qu'il fût géographique, historique ou érudit. Les modes d'emploi ne peuvent plus se récapituler dans les cartouches vides du plan. Celui-ci appartient désormais à l'imaginaire des Lyonnais (44). Et l'on ne peut pas plus en contrôler l'interprétation que l'on ne saurait recenser, aujourd'hui, toutes ses reproductions. Nous faisions remarquer, plus haut, que la notion de fac-similé dépendait, en pratique, de la nature du document reproduit. Un autre facteur, généralement sous-estimé, intervient dans cette notion, celui de la technologie de reproduction utilisée. Quelle invention technique nous relèvera ? C'est demander aussi quelle technique de restauration et quelle herméneutique à trouver. Pour ne pas conclure, il aura suffi de terminer sur cette question : combien de temps s'exercera l'autorité de ce nouveau fac-similé ?

 

Gérard Bruyère

Archives de la ville de Lyon

 

(1) Cf. Claude Brouchoud, Plan scénographique de la ville de Lyon au XVIe siècle, Lyon, A. Vingtrinier, s.d., 14 p. Extrait de : Revue du Lyonnais, 4e série, t. 1er, 1876, pp. [379]-[391], citation prise p. 382 de cet article. Le texte, signé du secrétaire de la Société de topographie historique, forme, si l'on veut, les bonnes feuilles de la notice du fac-similé de 1872-1876 dont la publication est enfin achevée à cette date.

(2) Comme de juste, les Civitates ont retenu l'attention des spécialistes de l'histoire de la cartographie. Nous nous bornons, ici, à résumer très sommairement l'introduction de R.A. Skelton à l'édition en fac-similé du célèbre atlas (cf. Braun & Hogenberg, Civitates orbis terrarum, 1572-1618, Amsterdam, Theatrum orbis terrarum, 1965, pp. VII-XXI, avec les annexes, pp. [XXII]-XLVI). Le surplus bibliographique, pour le plan de Lyon, est donné dans notre notice n1.

(3) Cf. Marius Audin, Bibliographie iconographique du Lyonnais, t. 2, 2e partie, fascicule 1, Plans et vues générales, Lyon, 1910, pp. 4-sqq., fig. 3 et suivantes.

(4) Pour ce qui regarde la biographie de l'historien, il faut se reporter à l'ouvrage ancien de Paul Allut, Recherches sur la vie et sur les oeuvres du P. Claude-François Ménestrier de la Compagnie de Jésus [...], Lyon, N. Scheuring, 1856, XXX-375 p.-2 pl. h.t. La bibliographie de ses écrits a été établie par Joseph Renard, Catalogue des oeuvres imprimées de Claude-François Ménestrier de la Compagnie de Jésus, ouvrage posthume publié par le P. Carlos Sommervogel, S.J., Lyon, Pitrat aîné, 1883, VI-150 p., et que complète la notice du même C. Sommervogel, Additions à la bibliographie du P. Cl. Fr. Ménestrier, S.J., Paris, Techener, 1898, 6 p., extrait du Bulletin du Bibliophile, 15 mai 1898, pp. 250-254. Depuis près de vingt ans, plusieurs études particulières ont beaucoup contribué à la connaissance du père Ménestrier comme auteur de programmes iconographiques. Citons seulement les recherches de Lucie Galactéros de Boissier sur Thomas Blanchet (notamment "Thomas Blanchet : la Grande Salle de l'Hôtel de Ville de Lyon", Revue de l'Art, n 47, 1980, pp. 29-42, 25 fig.) et l'étude de François Épée, "Iconographie de la "Chambre du Roi" au château de La Chaize", Les Décors peints à Lyon et dans la campagne lyonnaise du XVIe au XVIIIe siècle, Travaux de l'institut d'histoire de l'art de Lyon, cahier n 5, 1979, pp. 41-47, 7 fig.

(5) Cf. C.F. Ménestrier, L'Autel de Lyon consacré à Louis Auguste et placé dans le temple de la Gloire, Lyon, 1658, p. 48, et du même auteur, Éloge historique de la ville de Lyon, Lyon, 1669, p. 25, cités par F. Épée, op. cit., p. 45. L'expression "fables impertinentes" rapportée à la légende de Lugdus, est de Ménestrier lui-même lorsqu'il s'avisa d'en "purger" (c'est encore son mot) l'histoire de Lyon (cf. C.F. Ménestrier, Les Divers caractères des ouvrages historiques avec le plan d'une nouvelle histoire de Lyon, Lyon, J.B. & N. de Ville, 1794, [14]-559-[3] p.-[1] dépl., ill. ; précisément p. 147 ; sur le même sujet, voir aussi pp. 245-246).

(6) Voir note précédente.

(7) Cf. C.F. Ménestrier, Factum justificatif, 1694, cité par F. Épée, op. cit., p. 41.

(8) Cf. C.F. Ménestrier, Les Divers caractères... (op. cit.), 1694, p. 151.

(9) C'est encore l'opinion, au siècle dernier, d'un Antoine Vachez, érudit pourtant sagace et bien informé (cf. A. Vachez, Lyon au XVIIme siècle extrait de l'Itinéraire en France et en Belgique d'Abraham Golnitz, traduit et publié avec notes et éclaircissements, Lyon, 1877, pp. 73-74, note 2).

(10) "Après avoir [...] consideré [sic] l'ancienne disposition de Lyon dans les Cartes les plus antiques que j'ay pû [sic] recouvrer [...]" (cf. C.F. Ménestrier, Les Divers caractères... (op. cit.), 1694, p. 415, pp. 421-426 ; citation prise p.423). Pour la réfutation de cette hypothèse, cf. Benoît Vermorel, Historique des anciennes fortifications de Lyon entre les Terreaux et la Croix-Rousse, Lyon, Pitrat, 1881, 15 p., en particulier pp. 14-16, et surtout Amable Audin, Essai sur la topographie de Lugdunum, 2e édition, Lyon, Audin, 1959, 179 p., 7 f. de pl. h.t. ; plus récemment : Robert Turcan, "La "presquîle" à l'époque romaine : problèmes historiques et archéologiques", Revue du Lyonnais, t. II, n 2, 1980, pp. [65]-91, 5 fig.

(11) Ces vestiges archéologiques ont fait l'objet d'une étude très documentée de la part de Jean Burdy. Cf. "Les Voûtes antiques du Puy d'Ainay", Bulletin des Musées et Monuments lyonnais, vol. V, 1973, pp. 85-102, 9 fig. La reproduction du plan de circa 1550 (détail d'après le fac-similé de 1872-1876) et celle de l'interprétation de Ménestrier correspondent aux figures 3 et 4.

(12) Cf. C.F. Ménestrier, Les Divers caractères... (op. cit.), 1694, verso du deuxième feuillet de la préface non paginée.

(13) Cf. ibidem, p. 134.

(14) Cf. "Brouillard d'Inventaire des Pieces [sic] Curieuses qui sont dans les archives de la ville de Lyon", postérieur à 1633 (date de l'acte le plus récent) (Lyon, A.M. : 1 Wp 1). Le signalement mérite d'être rapporté ; il commence par une date antérieure de deux ans à la date du premier emploi de ce sceau sur un acte : "1318 [le second "1" est le résultat d'une correction]. / armes / Les armes de la Ville deux tours sur une Rivière et entre Icelles un / Lyon tout droit tenant une fleur de lys en l[']une de ses pattes et un / croissant sur la teste" (f 7v). Pour une discussion des sources de Ménestrier, cf. Henri Hours, " Les Sceaux de la ville de Lyon en 1271 et 1320 ", Mélanges de travaux offerts à Maître Jean Tricou, Lyon, Audin, 1972, pp. [163] - 177, ill.

(15) Cf. M. Audin, op. cit., p. 27, n 118-120 ; ainsi qu'Alain Charre, Catalogue des plans et vues de Lyon au XVIIIe siècle, mémoire de maîtrise, université Lyon 2, 1972, dactylographié, p. 6, n 8 (a, b, c). Cet auteur fait remarquer qu'il s'agit du "premier plan géométral détaillé de la ville qui permette une véritable étude topographique."

(16) Il y a un mystère à propos de la suite de l'Histoire civile ou consulaire. Les manuscrits de Ménestrier touchant ce sujet, sont une suite de notes classées à la date des événements auxquels elles se rapportent. Or la bibliothèque municipale de Lyon a recueilli en provenance de la bibliothèque Adamoli, une suite de cahiers imprimés, sortis des presses de Bruyset, lesquels, par leur contenu (transcriptions d'actes modernes tirés des Archives de la Ville), paraissent devoir appartenir à la suite inédite de l'ouvrage de Ménestrier (Ms. PA 79, pièce n 1). Vital de Valous avait cherché jadis à éclaircir ce mystère (cf. V. de Valous, "L'Intermédiaire lyonnais. Question : la seconde partie de l'histoire civile et consulaire de la ville de Lyon par le P. Ménestrier", Revue du Lyonnais, 4e série, t. VII, 1879, pp. [311]-312). Nous ignorons s'il y est parvenu. En tout cas, il y a là, peut-être, matière à accréditer la tradition dont Jean-Baptiste Monfalcon se fait l'écho tout en la réfutant, selon laquelle "mécontent du prévôt des marchands et des échevins, Menestrier [sic] avait détruit lui-même la dernière partie de son travail" (cf. J.B. Monfalcon, "Histoire littéraire ou Bibliographie de la ville de Lyon", Revue du Lyonnais, nouvelle série, t. 2, 1851, p. 366).

(17) Anonyme, 2e moitié du XVIIIe siècle, "Partie du Plan, ou Elévation de la Ville de Lion tiré sur la Carte generale de la d. Ville, gravé par N. Tardieu Comme elle Etoit sous les Regnes / de François Ir, et Henry II. C'est adire depuis 1515, jusque a 1559." Plume et encre brune, lavis brun et gris, sur esquisse à la sanguine, sur papier vergé et filigrané. Dimensions de la feuille : H. 0,602 m ; L. 0,437 m. Dimensions du dessin : H. 0,439 m ; L. 0,383 m. Inscription à la plume et à l'encre brune, en bas, conforme au titre. Autres inscriptions semblables, à l'intérieur du dessin, donnant des indications topographiques. Il s'agit d'une copie partielle du plan de Tardieu de 1696, montrant la partie de la presquîle allant du quartier d'Ainay à la rue Thomassin. L'auteur de cette copie souhaitait donner une représentation ancienne du couvent des Célestins. Extrait d'un recueil de cartes terristes relatif au domaine des Célestins de Lyon et portant, collée sur le plat supérieur, l'étiquette avec l'inscription suivante de différentes mains : "propriétés des celestins / plans / Plans des propriétés / appartenant aux ci devant [mot illisible] Pere Celestins / remis à Madame Vve Boulion [?] / ce sept septembre 1816 / par Jean Baptiste Perrin". (Lyon, Bibliothèque municipale : Ms. 1663, f 3r.)

(18) Pour l'Ancien Régime, les archives du corps des ingénieurs-géographes sont conservées au Service Historique de l'Armée de Terre, au château de Vincennes. Elles ne forment pas plus de deux liasses cotées respectivement Ya 91 et Ya 92. Par suite d'un problème de déclassement, nous n'avons pas pu consulté la première de ces liasses dans laquelle ont été regroupés tous les dossiers relatifs aux questions touchant le service (création, règlements, licenciements, etc.). Les dossiers du personnel sont rassemblés dans une seconde liasse. Ils sont très lacunaires. Nous n'y avons rien trouvé sur Moithey. Celui-ci n'est pas mentionné non plus dans l'étude approfondie que le colonel J. Bertaut a consacré à ce corps. Cf. Les Ingénieurs géographes militaires, 1624-1831 : étude historique, [Paris], Service Géographique de l'Armée, 1902, 2 vol. 467 p., 528 p.). D'après les indications fournies par la lettre de ses différents plans de Lyon (les seuls connus de nous), on peut situer sa période d'activité entre 1773 et 1786. On en déduit de même qu'il demeurait habituellement à Paris.

(19) Cf. M. Audin, op. cit., p. 30, n 134-136 ; ainsi qu'A. Charre, op. cit., pp. 13-17, n20, 23, 27, 27 bis, et 28 (a, b, c, d). On connaît différents états du plan de Moithey que l'on identifie par leur date : 1773, 1778, 1783, 1785, 1786 et 1789. Ce dernier état correspond à une reproduction anonyme où, c'est à présumer, Moithey n'a pas pris part. Le premier état, daté de 1773, porte en titre : État présent de la Ville de Lyon et de ses quartiers assujettie à ses nouveaux Accroissements. A partir de 1785, ce titre devient : Plan Historique de la Ville de Lyon et de ses quartiers, assujetti à ses accroissements, embellissements et projets. L'édition anonyme de 1789 est intitulée : Nouveau plan géométral de la ville de Lyon avec ses projets et Agrandissements Dédié aux Citoyens de Lyon Pour l'année 1789.

(20) Concernant l'édition du fac-similé, les sources, utilisées par nous, proviennent toutes des archives municipales de Lyon :

A. Les archives de la société de topographie historique de Lyon, soit le registre des séances de la Société de 1872 à 1889, série II, coté 183.

B. Les papiers de l'avocat Claude Brouchoud, série II, cotés 18, en particulier le dossier 6, "société de topographie historique de Lyon : édition du plan scénographique (1869-1875)".

C. Le dossier relatif à la reproduction du plan par la Société de topographie historique et au déplacement du document au palais Saint-Pierre de 1872 à 1876 dans les archives du Service des Archives municipales, série D, coté provisoirement en 1 Wp 2, dossier n6.

D. Les dossiers relatifs à la subvention accordée par le Conseil Général à la Société de topographie historique, série R, cotés provisoirement en 81 WP.

(21) Cf. Revue de Lyonnais, t. XV, Lyon, 1842, p. 252.

(22) Cf. supra note 20, B.

(23) Pour une vue d'ensemble de la situation de l'érudition à Lyon, au XIXe siècle, cf. Henri Hours, "Quelques notes sur la recherche historique à Lyon depuis cent-cinquante ans", Bulletin de la société historique, archéologique et littéraire de Lyon, années 1955-1956, t. XX, 1958, pp. [XVII]-XL.

(24) Cf. Mémoires de la société littéraire, historique et archéologique de Lyon, années 1870-1872, Lyon, A. Vingtrinier, 1872, "Comptes-rendus des séances", séance du 30 mars 1870, pp. XXIII-XXIV. Pour la suite donnée à cette question, cf. ibidem, séance du 11 mai 1870, pp. XXX-XXXI.

(25) Cf. supra note 20, B.

(26) Cf. supra note 20, C.

(27) Cf. Ville de Lyon, Conseil municipal, séances du 1er Octobre au 31 Décembre 1872, Lyon, Association Typographique, 1873, séance extraordinaire du 26 décembre 1872, "Plan de Lyon au XVIe siècle", rapport du citoyen maire, avis de la Commission des Intérêts publics et délibération du Conseil municipal, pp. 770-772.

(28) Cf. supra note 20, C.

(29) Cf. supra note 20, B.

(30) Cf. Jean-Baptiste Monfalcon, Monographie de la Table de Claude, accompagnée du fac simile de l'Inscription gravée dans les dimensions exactes du bronze et publiée au nom de la ville de Lyon par les ordres de M. E. Reveil maire, Lyon, impr. de L. Perrin, 1851, gr. in-folio, 26 p., pl.

(31) Cf. Alphonse de Boissieu, Inscriptions antiques de Lyon reproduites d'après les monuments ou recueillies dans les auteurs, Lyon, L. Perrin, 1846-1854, [4]-VI-[2]-619-[85] p., ill.

(32) Le plan et une élévation géométrale ont été gravés à l'eau-forte par Butavand, en 1832. Chenavard a repris ce travail après la mort de l'archéologue et l'a augmenté de plusieurs élévations. Cf. Lyon antique restauré d'après les recherches de FM Artaud,... par AM Chenavard, Lyon, L. Boitel, 1850, in-folio, 21 p., 5 ff. de pl. hors texte.

(33) Cf. B. Vermorel, Historique des rues de la ville de Lyon pour faire suite au plan topographique et historique de Lyon en 1350, Lyon, 1879, XVII-74 p.

(34) Cf. Le livre du Vaillants des habitants de Lyon en 1388 : estimation des biens meubles et immeubles pour servir à l'assiette de la Taille, publié par Édouard Philipon, avec une introduction de Charles Perrat, Lyon, M. Audin, 1927, 224 p., plan in fine. Les archives municipales conservent un tirage du plan avant réduction (don de M. H. Hours, 1990).

(35) Cf. Marie-Claude Guigue, Recherches sur les recluseries de Lyon, leur origine, leur nombre et le genre de vie des reclus, Lyon, H. Georg, 1887, 45 p., plan hors texte.

(36) Anonyme, XIXe siècle, Vue perspective de l'Hôtel-Dieu de Lyon, au XVIe siècle, restitution d'après le plan de Lyon au XVIe siècle, plume et lavis gris sur papier vergé en deux morceaux collés dans le sens de la hauteur, taché. H. 0,231 m ; L. 0,411 m. Inscription à l'encre noire pour la légende du dessin (noms de rues et de portes). Annotation à l'encre noire, en bas à droite : "offert par Mr Monier, neveu du dr Servier / Décembre 1911". Au verso, annotation à l'encre brune grattée. (Lyon, Faculté de Médecine, Musée d'Histoire de la Médecine.) Reproduit in Jean Rousset, Recueil de documents graphiques concernant l'histoire de la médecine à Lyon, numéro spécial des Cahiers lyonnais d'histoire de la médecine, texte : t. III, n 3 (1958), iconographie : t. IV, n 2 (1959), cf. dans ce dernier volume, p. 17, fig. 24.

(37) Cf. François-Régis Cottin, "La Société académique d'Architecture de Lyon", Monuments historiques, n 157, juin-juillet 1988, pp. 97-100, ill., en particulier p. 98.

(38) Reproduit dans Paul Ardouin, Maurice Scève, Pernette du Guillet, Louise Labé : l'Amour à Lyon au temps de la Renaissance, Paris, A.G. Nizet, 1981, p. 174, fig. 120. D'après cette illustration en noir, il s'agit d'une eau-forte. La vue est orientée au nord. On lit dans un cartel placé en haut, à gauche : Lyon en 1550 déssinée [sic] [et] gravée par [Joa]nnès Drevet. Cette eau-forte ne figure pas dans le catalogue des eaux-fortes publié du vivant de l'artiste. Cf. Eugène Vial, Les Eaux-fortes et lithographies de Joannès Drevet, Lyon, Cumin & Masson, 1915, 119 p.-47 pl. hors texte, ill.

(39) Cf. Amable Audin, Regarder et comprendre une ville, dessins de Bruno Faucon, photos de François Leyge, Paris, Calmann-Lévy, 1987, 87 p. La vue cavalière intitulée Lyon en 1550 se trouve aux pages [54-55].

(40) Cf. M. Audin, op. cit., p. 12, n 52.

(41) Cf. catal. n 18.

(42) C'est le sens de la campagne publicitaire de la société des Transports en Commun Lyonnais autour du thème "Simplifiez-vous la ville" (Lyon et Communauté Urbaine, 1987-1988). pour cette campagne, le maquettiste lyonnais Jean-Luc Chavent a conçu une affiche montrant un détail colorié du plan de Lyon au siècle, d'après le fac-similé de 1872-1876, sur lequel se détachent le slogan Simplifiez-vous la ville et le sigle TCL (impression offset en quadrichromie. H. 0,850 m ; L. 1 m. S.b.g. : JL Chavent). Lidée a été reprise par le même dans une série d'affiches publicitaires pour l'association Vieux Lyon en Fête : annonce de la Foire aux Tupiniers, samedi 10 et dimanche 11 octobre 1987 ; annonce de la 9e Foire à la Brocante, samedi 18 et dimanche 19 juin 1988 (impression offset en quadrichromie. H. 0,440 m ; L. 0,300 m. S.b.g. : JL Chavent. S.b.d. : Imp. D. Bonnel, Lyon Ve.

(43) Ainsi, cette utilisation du plan comme Keepsake "culturel" à l'occasion du 112e congrès des Sociétés Savantes, à Lyon, 1987. Plan scénographique de la ville de Lyon au XVIe siècle. Impression sur soie réalisée par les Ateliers A.S., à Pierre-Bénite (Rhône). 0,88 m x 0,88 m. Archives municipales de Lyon : II 167 (Don M. Henri Hours, 1987). cf. ce sujet : Mathieu Méras, "Le Congrès national des Sociétés Savantes à Lyon", Bulletin municipal officiel de la ville de Lyon, n4642, 12 avril 1987.

(44) A titre d'exemple, on peut se reporter aux "Impressions du photographe ethnologue" par Daniel Balvet dans le catalogue de l'exposition des archives municipales de Lyon, L'Exemplaire unique du premier plan de Lyon au retour de sa restauration, Lyon, 8-22 décembre 1989, multigraphié, pp. 54-55.

 

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