"Projet d'un monument Funèbre et religieux à élever aux Broteaux pour y rappeler le souvenir des Lyonnois immolés en 1793 et inhumés en ce lieu."

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Cochet, Claude Ennemond Balthazar
Lyon, 1760 - Idem, 1835.

1814-1819.

Plume et lavis d'encre noire, lavis rose sous retombe, sur papier vergé et filigrané, collé en plein. Nombreuses retombes.
H. 0,653 m ; L. 1,001 m.
S.D.b.c. : "Présenté en 1814 à son A.R. Mgr. le Comte D'artois. Par Cl Cochet, architecte de Lyon et membre de l'académie de cette ville."
Inscription à la plume et à l'encre brune, b.c. : conforme au titre.

Bibl. - Claude Ennemond Cochet, Monument funèbre et religieux, construit à Lyon dans la plaine des Brotteaux, au lieu où furent inhumés les Lyonnais qui périrent après le siège de 1793, avec ses plans, coupes et élévations, Lyon, impr. de J.B. Kindelem, 1818, 6 planches gravées à l'eau- forte, lettre par Dantzell. - Exposition universelle et internationale de 1894, à Lyon, Catalogue général officiel, t. 2, Groupe II : Economie sociale, "Exposition historique", p. 64.

Archives municipales de Lyon : 2 S 947.

Le souci de commémorer le souvenir du siège de Lyon face aux armées de la Convention et celui de la dure répression qui s'ensuivit, remonte au lendemain de Thermidor. L'architecte lyonnais Cochet, élève du célèbre Boullée, avait édifié un cénotaphe aux victimes du Siège dans la plaine des Brotteaux où s'étaient déroulées les exécutions en masse et où les cadavres avaient été ensevelis. Plusieurs estampes nous ont conservé le souvenir de ce monument qui fut détruit après un an d'existence, le 10 janvier 1796. Avec la Restauration, le projet fut repris sur des bases plus ambitieuses. Tandis qu'à Paris, l'on projetait la Chapelle Expiatoire destinée à recevoire les restes, sinon les reliques, de la famille royale, on organisait, à Lyon, une souscription à l'effet de construire un monument funéraire où seraient conservés les ossements de ceux en qui l'on voulait voir les martyrs de l'anti-Révolution. Le projet était soutenu par le propre frère du Roi, le comte d'Artois. Celui-ci posa symboliquement la première pierre du Monument, le 21 octobre 1814. Un concours d'architecture fut organisé de juillet à décembre 1816. Le programme prescrivait :

"Un monument religieux, d'un genre simple mais noble, qui se fasse dinstinguer par l'exactitude et l'ensemble de ses proportions, plutôt que par des ornements dont il faut être avare lorsqu'il est question d'un édifice funéraire ; dans l'intérieur, un seul autel et une place destinée à recevoir les stèles où seront inscrit les noms des souscripteurs. cette église étant consacrée à un objet déterminé, les Artistes pourront lui donner toutes les formes qu'ils jugeront convenir le mieux à sa destination. [...] Il n'y aura pas de chapelle souterraine mais seulement un caveau voûté, destiné à recevoir les ossements qui seront recueillis sur le lieu même et dans les terrains environnants."

Vingt-et-un projets furent présentés. Le jury vota pour celui du jeune Chenavard, mais c'est à son aîné Cochet que revint finalement la commande. Les Archives Municipales conservent, avec les dessins de l'un et l'autre projets, lesquels furent gravés à l'époque, ceux d'un projet inédit signé du monogramme h.f.j. (Frédéric Hotelard ?). Celui-ci avait imaginé un temple grec au milieu d'un jardin élysée. Avec sa pyramide réduite à une façade, le Monument de Cochet essuya des critiques. Il fut sacrifié, en décembre 1906, pour des motifs de voirie mêlés de réactions anticléricales et de spéculation foncière. Le nouveau Monument, construit à proximité sur les plans de l'achitecte Pascalon, était prêt à recevoir les restes des victimes depuis plusieurs années.

Bibl. - [Maurice de Boissieu], Le Monument religieux des Brotteaux : historique, Lyon, M. Audin, 1925. - Elisabeth Hardouin-Fugier, "Le Souvenir des victimes de 1793 à Lyon : du cénotaphe (1795) aux chapelles (1906)", Pr atiques religieuses dans l'Europe révolutionnaire (1770-1820), actes du colloque de Chantilly, 27-29 novembre 1986, pp. 660-668, ill. - Françoise Laloy, Le Monument des Brotteaux aux victimes du siège de Lyon, mémoire de fin d'études pour le diplôme de l'Institut d'Etudes Politiques, université Lumière-Lyon 2, octobre 1989, datylographié.

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