Cartulaire municipal dit d'Etienne de Villeneuve
Cartulaire municipal dit d'Etienne de Villeneuve - 1336-1342
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Il a été de pratique courante pour différentes communautés, villes, universités, couvents, de protéger les documents importants, fondateurs de leur existence, possessions et privilèges, en faisant des copies réunies en un volume appelé cartulaire.
Le cartulaire municipal de la ville de Lyon, a été formé par Etienne de Villeneuve, marchand drapier, un des notables les plus influents de la Ville, conseiller en 1328, 1336, 1338 et 1341, mort de la peste en 1348. Il a agi « por amour du commun, seinz remuneracion aucune ». Cette copie représentait une sécurité à une époque où n’existait pas encore de dépôt pour les archives de la ville et où les documents étaient gardés par les consuls ( le cartulaire s’ouvre par la liste de répartition des actes entre les trois consuls de l’année 1336). Les actes ont été transcrits sur les originaux par des notaires royaux qui ont apposé leur seing manuel à la fin de chacune des transcriptions.
Le premier volume a été rédigé en 1336 et comporte 86 documents, le second est un supplément de 1342 qui ajoute 48 documents. Une table commune ouvre le volume un ; elle résume chaque acte en en suivant le classement systématique ci-dessous :
- Privilèges émanant des papes.
- Actes des rois de France.
- Actes des archevêques et autres justiciers.
- Franchises, coutumes, propriétés.
Ce précieux recueil a effectué bien des pérégrinations avant de se retrouver au sein des archives de Lyon. On ne sait comment il en est sorti mais on le trouve, en 1575, chez François Sala, capitaine de la Ville (ex-libris manuscrit). Au 17e siècle, il appartient au sieur de la Bessette qui le donne à Laurent Pianello de La Valette, bibliophile, trésorier de France, président du Bureau des Finances, prévôt des marchands. Ce sont les armes de celui-ci qui figurent en tête du premier volume. Le cartulaire a suivi la bibliothèque des Pianello dans leur château de Thorigny, près de Sens.
A la Révolution, il est passé à la bibliothèque d’Auxerre d’où il ne revint à Lyon qu’en 1826, après de longues négociations.