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Plan géométral de la ville de Lyon

Plan géométral de la ville de Lyon, dressé en exécution  - 1677

2SAT/8

Détail sur le pont du change du plan géométral de la ville de Lyon, dressé en exécution  - 1677  2SAT/8
Détail sur le pont du change du plan géométral de la ville de Lyon, dressé en exécution  - 1677 2SAT/8

Sous l’Empire et la Restauration, les édiles lyonnais se préoccupèrent peu d’achever et de développer les projets d’urbanisme dont la conception et le début de réalisation remontaient au siècle précédent. Plus que les aménagements de l’extrémité de la Presqu’Ile (projet Perrache) et de la rive gauche du Rhône (projet Morand), aménagements abandonnés à l’initiative privée, c’est la création de quais, le percement de nouvelles voies, les problèmes soulevés par les alignements qui formaient alors l’essentiel des tâches qu’avaient devant elles les nouvelles municipalités. La redistribution foncière apportée par la Révolution et le démembrement  des vastes propriétaires ecclésiastiques offraient les conditions d « embellissement » et de fonctionnalisme urbains qu’appelait le renouveau économique de la Ville. Pour mettre en application cette politique d’urbanisme, la ville s’était dotée d’un véritable service de voirie, là où suffisait, auparavant, un simple voyer. Il faudra attendre, néanmoins, le début du Seconde Empire pour voir les fonctions de voirie nettement distinguées de celle d’architecture avec, pour l’une et l’autre, une direction séparée.

L’instrument de cette politique d’urbanisme consistaient dans un plan directeur tel que le prescrivait l’article 52 de la loi du 16 septembre 1807 (Loi relative au Dessèchement des Marais, etc. ; titre XI : Des Indemnités aux propriétaires pour occupation de terrains) :

« Dans les villes, les alignements pour l’ouverture des nouvelles rues, pour l’élargissement des anciennes qui ne font point partie d’une grande route, ou pour tout autre objet d’utilité publique, seront donnés par les maires, conformément au plan dont les projets auront été adressés aux préfets, transmis avec leur avis au ministre de l’intérieur, et arrêtés en Conseil d’état. »

Le plan général de Lyon, établi sur une triangulation préalable, par l’ingénieur-géomètre Coillet, répond très précisément à cette nécessité d’une programmation des travaux de voirie. C’est pour la ville de Lyon, le premier plan de ce genre à avoir été ordonné et dirigé par l’administration municipale. Son exécution demanda plusieurs années, à partir de 1808. Il se présente sous trois versions également manuscrites :

  • Un plan en feuilles à l’échelle 1/900e dont nous ne conservons que 13 feuilles sur les 24 qu’il devait comporter (Lyon, A.M. : 2 S 902 1-13).
  • Un plan d’assemblage des 24 feuilles à l’échelle 1/900e exposé, ici, sous le n° 57.
  • Deux atlas à l’échelle 1/300e, l’un en trois volumes (2 S Atlas 9) et sa copie en un seul volume que nous exposons sous le n° 59.

Bien qu’on relève sur l’une de ces versions la date du 28 juillet 1821 ainsi que le visa préfectoral à la date du 3 novembre 1823, nous savons que le plan n’a pas été achevé avant 1826. Peut-être même, subit-il quelques mises à jour après cette date. Il existe de nombreuses différentes de détails entre ces diverses versions. Le plan géométral de Coillet a fait l’objet, à l’époque, de quatre expositions publiques, précisément les 15 octobre 1817, 10 mars 1819, 5 juillet 1824 et 22 avril 1826. 

L’atlas présenté comporte plusieurs documents annexes qui en font un abrégé très exact de la politique municipale en matière d’urbanisme durant le premier quart du 19e siècle.