Projet de costume pour les pages de la Duchesse d'Angoulême
Projet de costume pour les pages de la Duchesse d'Angoulême - 1814
17fi/08

Le retour des Bourbons, en 1814, fut accompagné, dans différentes villes, de visites officielles de la part des membres de la famille royale. Ces itinéraires, fixés par le roi et préparés avec soin, avaient pour but d’exciter et d’entretenir le sentiment d’attachement de la population envers l’ancienne dynastie. Madame Royale (1775-1844), fille de Louis XVI et épouse de Louis Antoine duc d’Angoulême, fil aîné du comte d’Artois, effectua un séjour à Lyon, du 6 au 9 août 1814, pour répondre au souhait formulé, quelques mois plus tôt, par une députation lyonnaise venue la visiter à Vichy où elle prenait les eaux.
Le peintre Pierre Révoil, professeur à l’école des beaux arts de Lyon, fut chargé, aux côtés de l’archéologue François Artaud et des architectes Cochet et Flacheron, d’organiser les cérémonies. S’inspirant des anciennes entrées royales et plus spécialement de la fameuse entrée de Henri II à Lyon, en 1548, ceux-ci imaginèrent une suite de manifestations dont la plus pittoresque, avec le pèlerinage à l’Ile-Barbe, fut le bal donné à l’intérieur du cloître de l’ancienne abbaye de St-Pierre transformée, sous le Consulat, en musée et école des beaux arts (cf. le Procès-verbal du passage et du séjour à Lyon, de son Altesse Royale, Madame, duchesse d’Angoulême, Lyon, 1814). L’élégante escorte de l’héroïne du Temple avait été recrutée parmi les élèves de l’Ecole.
Révoil qui a donné le modèle du costume des pages, est l’un des principaux représentants du Style troubadour, alors en pleine vogue. Aussi, à supposer qu’on ignorât tout des circonstances qui ont précisé à l’exécution de ce dessin, il serait encore facile de lui attribuer, tant ce page paraît dingue de figurer dans un des tableaux à sujets anecdotiques qui avaient assuré son succès depuis le Salon de 1810. Peintre de la Ville sans en avoir le titre, aboli par la Révolution, Révoil poursuit, par là, la tradition des artistes chargés de l’ « œuvre de peinture » lors des entrées royales, tradition qu’illustrèrent, entre autres, pour prendre deux artistes présents dans l’exemple de son maître David à qui la Convention avait demandé de déssiner le costume des fonctionnaires et des citoyens de la République.