Projet d'un monument funèbre et religieux à élever aux Brotteaux
Projet d'un monument funèbre et religieux à élever aux Brotteaux - 1814-1819
1S/947

Le souci de commémorer le souvenir du siège de Lyon face aux armées de la Convention et celui de la dure répression qui s’ensuivit, remonte au lendemain de Thermidor. L’architecte lyonnais Cochet, élève du célèbre Boullée, avait édifié un cénotaphe aux victimes du Siège dans la plaine des Brotteaux où s étaient déroulées les exécutions en masse et où les cadavres avaient été ensevelis. Plusieurs estampes nous ont conservé le souvenir de ce monument qui fut détruit après un an d’existence, le 10 janvier 1796. Avec la Restauration, le projet fut repris sur des bases plus ambitieuses. Tandis qu’à Paris, l’on projetait la Chapelle Expiatoire destinée à recevoir les restes, sinon les reliques, de la famille royale, on organisait, à Lyon, une souscription à l’effet de construire un monument funéraire où seraient conservés les ossements de ceux en qui l’on voulait voir les martyrs de l’anti-Révolution. Le projet était soutenu par le propre frère du Roi, le comte d’Artois. Celui-ci posa symboliquement la première pierre du Monument, le 21 octobre 1814. Un concours d’architecture fut organisé de juillet à décembre 1816. Le programme prescrivait :
« Un monument religieux, d’un genre simple mais noble, qui se fasse distinguer par l’exactitude et l’ensemble de ses proportions, plutôt que par des ornements dont il faut être avare lorsqu’il est question d’un édifice funéraire ; dans l’intérieur, un seul autel et une place destinée à recevoir les stèles où seront inscrit les noms des souscripteurs. Cette église étant consacrée à un objet déterminé, les Artistes pourront lui donner toutes les formes qu’ils jugeront convenir le mieux à sa destination. […] Il n’y aura pas de chapelle souterraine mais seulement un caveau voûté, destiné à recevoir les ossements qui seront recueillis sur le lieu même et dans les terrains environnants. »
Vingt-et-un projet furent présentés. Le jury vota pour celui du jeune Chenavard, mais c’est à son aîné Cochet que revint finalement la commande. Les Archives Municipales conservent, avec les dessins de l’un et l’autre projet, lesquels furent gravés à l’époque, ceux d’un projet inédit signé du monogramme h.f.j. (Frédéric Hotelard ?). Celui-ci avait imaginé un temple grec au milieu d’un jardin élysée. Avec sa pyramide réduite à une façade, le Monument de Cochet essuya des critiques. Il fut sacrifié, en décembre 1906, pour des motifs de voirie mêlés de réactions anticléricales et de spéculation foncière. Le nouveau Monument, construit à proximité sur les plans de l’architecte Pascalon, était prêt à recevoir les restes des victimes depuis plusieurs années.