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Natalie Zemon Davis et Lyon : parcours d'une historienne engagée

Exposition
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Exposition

Tous publics

Archives municipales de Lyon - Salle de consultation des documents

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Du lundi au vendredi de 13h à 17h
Gratuit et ouvert à tous, sans réservation

En 1952, Natalie Zemon Davis arrive à Lyon. Elle a vingt-trois ans et prépare une thèse sur les compagnons imprimeurs et la diffusion du protestantisme dans la ville au XVIe siècle. Au cours d’un séjour de six mois dans les archives lyonnaises, elle découvre un terrain d’enquête et un vaste ensemble de sources. C’est aussi une manière singulière d’interroger le passé qui commence alors à se dessiner : suivre des traces parfois ténues pour retrouver des hommes et des femmes, leurs gestes, leurs activités et leurs voix. Dans la ville, elle noue également des liens durables avec de jeunes étudiantes et étudiants dont elle partage les convictions et les intérêts intellectuels. 

Elle quitte Lyon avec l’intention d’y revenir rapidement, mais le contexte politique du maccarthysme bouleverse ses projets. De retour aux États-Unis, elle est privée de passeport en raison de son engagement politique et de celui de son mari, le mathématicien Chandler Davis. Natalie Zemon Davis poursuit dès lors ses recherches à distance, sans rompre les liens tissés avec Lyon. Elle peut y revenir à partir de 1960 et continuera de le faire pendant plus de cinquante ans. 

Au fil du temps se construit une longue relation avec la ville, faite de liens avec ses archives, ses bibliothèques et ses universités, mais aussi d’amitiés. Lyon accompagne ainsi une œuvre et un parcours qui ne cessent de se déplacer et de se renouveler : de l’histoire sociale et culturelle à l’histoire des femmes, puis à celle des circulations entre langues, religions et espaces. Du petit peuple du Lyon du XVIe siècle à Martin Guerre, de Léon l’Africain aux trois femmes de Juive, catholique, protestante, les sujets, les espaces et les échelles changent, mais demeure une même attention aux vies saisies dans les archives.

Présentée aux Archives municipales de Lyon, l’exposition revient au lieu où cette histoire a commencé. Pour la première fois, des documents et des objets conservés de part et d’autre de l’Atlantique sont réunis, faisant dialoguer archives institutionnelles et fonds familiaux. Aux sources lyonnaises consultées par Natalie Zemon Davis dès 1952 répondent ses propres archives de travail, déposées à l’Université de Toronto et encore en cours de catalogage, ainsi que des documents et objets conservés par la famille de l’historienne. Notes manuscrites, correspondances, fiches de travail, objets personnels et documents anciens sont ainsi rapprochés pour la première fois. 

Cette rencontre inédite permet d’entrer dans l’atelier de l’historienne et d’observer une recherche en train de prendre forme et d’évoluer au fil des années. On voit émerger des questions nées au contact direct des sources lyonnaises, qui ont accompagné Natalie Zemon Davis tout au long de son parcours et l’ont conduite vers des horizons toujours plus vastes.



Conception:

  • Elisa Andretta (CNRS-LARHRA),
  • Ariane Bayle (IHRIM-Lyon 3, IUF),
  • Sonia Dollinger-Désert (Archives municipales de Lyon),
  • Michel Jourde (IHRIM-ENS de Lyon),
  • Jean-Claude Zancarini (Triangle-ENS de Lyon)
  • Michelle Zancarini-Fournel (LARHRA-Lyon 1),
  • avec l’appui et l’inspiration de Hannah Davis Taieb.

Coordination :

  • Elisa Andretta et Michel Jourde

Réalisation graphique :

  • ENS Media

Création et mise en page:

  • Coralie Passaret

Impression:

  • Vincent Brault
  • Soirée projection-débat
    8 octobre 2026 à 18h30

    Autour de l’engagement de Natalie Zemon Davis en faveur des libertés académiques. Des extraits d’entretiens et d’une conférence seront suivis d’une intervention de Hannah Davis Taieb et d’une table ronde sur les libertés académiques aujourd’hui en France et aux États-Unis avec Thibaud Boncourt, Claude Gautier, Jean-Claude Zancarini et Michelle Zancarini-Fournel.
     
  • Journées d'études : Les histoires de Natalie Zemon Davis
    3 et 4 décembre 2026

    Avec Elisa Andretta, Ariane Bayle, Leora Auslander, Marie-Noëlle Bourguet, Roger Chartier, Michèle Clément, Grégoire Holtz, Michel Jourde, Monica Martinat, Manuela Martini, Rebecca Rogers, Antonella Romano, Jean-Claude Zancarini, Michelle Zancarini-Fournel.
    Une table ronde sera consacrée à la publication : Natalie Zemon Davis, Les femmes dans l’artisanat à Lyon au XVIe siècle, Lyon, Presse Universitaire de Lyon, 2026
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Suzanne Folliet est née en 1931. Elle a rencontré Natalie Zemon Davis, son aînée de trois ans, au printemps 1952, lors du premier séjour lyonnais de cette dernière.

Pendant soixante-dix ans, une étroite amitié a lié le couple de Suzanne et Henri Folliet et celui de Natalie et Chandler Davis, nourrie par les échanges intellectuels, les moments de convivialité familiale, la correspondance et les combats politiques. Membres du Parti communiste français jusqu’en 1956, Suzanne et Henri, tous deux enseignants, ont ensuite accompagné les débuts de l’indépendance algérienne, avant de rentrer en France et de s’engager en particulier dans le combat pour les droits des Palestiniens dans le cadre du CVPR-PO (Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient).

Suzanne Folliet raconte ici sa rencontre avec Natalie, alors qu’elle est étudiante à Lyon et mariée à Henri depuis deux ans. Elle revient aussi sur la vie et les convictions politiques du groupe d’étudiantes et d'étudiants auquel elle et son mari appartiennent alors et que rejoint la jeune historienne états-unienne.

Extrait d’un entretien réalisé par Elisa Andretta, Michel Jourde et Hannah Davis Taieb.


 

 

 

  • [NZD 1959] Natalie Zemon Davis, Protestantism and the printing workers of Lyons: a study in the problem of religion and social class during the Reformation. A dissertation submitted in partial fulfillment of the requirements for the degree of Doctor of Philosophy in the University of Michigan. 1959.
  • [NZD 1966] Natalie Zemon Davis, « A Trade Union in Sixteenth-Century France », The Economic History Review, New Series, Vol. 19, n° 1, 1966, p. 48-69.[NZD 1976] Natalie Zemon Davis, « “Women’s History” in Transition : The European Case », Feminist Studies, Vol. 3, n° 3-4, 1976, p. 83-103.
  • [NZD 1980] Natalie Zemon Davis, « Politics, Progeny and French History », entretien avec Judy Coffin et Robert Harding, Radical History Review, n° 24, 1980, p. 115-139. (réédité dans Visions of History, By Marho The Radical Historians Organization, New York, Pantheon Books, 1984, p. 99-122 ; traduit en italien par Barbara Verni, Memoria, n° 9, 1983, p. 79-93 ; traduit en français par Jean-Claude Zancarini, « Un entretien retrouvé de Natalie Zemon Davis dans la revue italienne Memoria (1983) », CLIO Femmes Genre Histoire, n° 58, « Variations féministes », 2023, p. 161-194).
  • [NZD 1991] Roger Adelson, « Interview with Natalie Zemon Davis », The Historian, 53/3 Spring 1991, p. 405-422.
  • [NZD 1995] Natalie Zemon Davis, Women on the Margins : Three Seventeenth-Century Lives, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1995 [traduit en français par Angélique Levi : Juive, catholique, protestante : trois femmes en marge au XVIIe siècle, Paris, Seuil, 1997].
  • [NZD 1997] Natalie Zemon Davis, « A Life of Learning », Charles Homer Haskins Lecture for 1997, ACLS Occasional Paper, n° 39, 1997.
  • [NZD 2002] Natalie Zemon Davis, « The History of women and gender (1970-2003) : achievements and the challenges ahead », Pedralbes. Revista d’història moderna, n° 22, 2002, p. 15-27.
  • [NZD 2004] Natalie Zemon Davis, L’Histoire tout feu tout flamme. Entretiens avec Denis Crouzet, Paris, Albin Michel, 2004.
  • [NZD 2006] Natalie Zemon Davis, Trickster Travels : A Sixteenth-Century Muslim Between Worlds, New York, Hill and Wang, 2006 [traduit en français par Dominique Peters : Léon l’Africain : un voyageur entre deux mondes, Paris, Payot & Rivages, 2006].
  • [NZD 2011] Natalie Zemon Davis, « Decentering History : Local Stories and Cultural Crossings in a Global World », History and Theory, 50, May 2011, p. 188-202.
  • [NZD 2013] Natalie Zemon Davis, « How the FBI Turned Me On to Rare Books », The New York Review of Books, 30 juillet 2013.
  • [NZD 2014] Natalie Zemon Davis, « Histoire du livre, de Lyon à Fez : récit personnel », dans Nouveaux aspects de la culture de l’imprimé. Quelques perspectives (XVe-XVIIe siècles), éd. Grégoire Holtz, Genève, Droz, 2014, p. 381-402.
  • [NZD 2016] Natalie Zemon Davis, « “The pleasure of discovery and the pleasure of telling about it”. History through Natalie Zemon Davis’ eyes ». Propos recueillis par Rose Spijkerman and Greetje Bijil, Historica, 2016, p. 29-34.
  • [NZD 2022] Natalie Zemon Davis, « Avant-propos », dans Louise Labé, Œuvres, éd. Michèle Clément et Michel Jourde, Paris, GF, 2022, p. 7-8.
  • [NZD 2024] Natalie Zemon Davis, « Experiencing Exclusion : Scholarship after Inquisition », The Historical Journal, 2024, p. 1-16.

Certains des propos cités dans l’exposition sont tirés de la correspondance inédite de Natalie Zemon Davis.
 

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