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Herriot croqué

Affiche de l'exposition "Herriot, croqué"

Aux Archives municipales, Edouard Herriot est d’abord et largement représenté, au travers de ses fonctions de maire par les versements de son propre cabinet ainsi que ceux du Conseil municipal, l’ensemble atteignant une cinquantaine de mètres.

Si ces archives sont essentielles à la compréhension de la politique de la Ville et à son fonctionnement sous les mandatures successives de cet élu, elles gagnent à être nuancées ou enrichies par l’apport des archives privées qui éclairent d’un autre jour cette histoire officielle.

Des acquisitions récentes faites par la Ville ont permis d’accroître les archives privées venant en complément des versements réglementaires qui composent l’essentiel du « fonds Herriot ».
De petits dossiers, des pièces d’archives isolées, des photographies ou autres documents iconographiques donnés à la Ville ou acquis par elle ont commencé à rejoindre le fonds municipal à partir de 1955.

Cependant l’essentiel des documents entrés par « voie dite extraordinaire », constitués de dons, dépôts ou achats, sont surtout le fait des années 1990 et 2000. Ils représentent un métrage modeste au regard des archives publiques mais leur intérêt n’est pas moindre : papiers privés et de fonction de personnes ayant longtemps côtoyé Herriot comme Louis Mandon, secrétaire par ticulier du maire ayant conservé avec les lettres envoyées par E. Herriot lors de voyages officiels et pendant la Seconde Guerre mondiale, des photographies officielles et privées ; ou, plus anecdotique mais révélateur de la vénération dont Edouard Herriot a pu être l’objet, quelques précieux souvenirs recueillis par son coiffeur et transmis à la postérité comme de véritables reliques…
Les acquisitions des deux dernières années ont aussi concerné sa carrière nationale et certaines d’entre elles revêtent un caractère des plus honorifiques, telle la déclaration de Charles de Gaulle en octobre 1942 lors de l’arrestation d’Edouard Herriot par le gouvernement de Vichy ; une autre pièce illustre un événement peu connu ou ignoré de sa vie d’élu municipal comme ce projet de démission du fauteuil de maire dont il fit part à un préfet dans une lettre de 1925.

En avril 2007 s’est déroulée une vente aux enchères qui comportait de nombreux lots concernant Edouard Herriot.
Deux établissements culturels de la Ville, Bibliothèque et Archives, y ont participé après concertation mutuelle afin d’y acquérir des documents intéressant leur patrimoine respectif.

Les Archives municipales y ont acquis avec la préemption de l’Etat un manuscrit d’un testament d’Edouard Herriot daté de 1948 dans lequel le maire demande expressément des « funérailles civiles, sans discours », ainsi que son incinération. Sa tombe au cimetière de Loyasse et les nombreuses photographies prises lors de la cérémonie religieuse témoignent, s’il en est besoin, qu’aucun de ses souhaits ne fut réalisé. Entre autres lots, elles sont également entrées en possession d’un manuscrit signé d’un article de campagne électorale intitulé « Vive la République » et destiné au Petit Provençal de Marseille. Herriot y fait référence à la mort de Paul Doumer survenue le 6 mai 1932, à la veille du second tour de scrutin des élections législatives où les radicaux sort sortis victorieux. Deux mois plus tard, à l’occasion de son soixantième anniversaire, Edouard Herriot est croqué à la tribune de l’Assemblée Nationale par le dessinateur parlementaire lyonnais André Giraud, dans un preste dessin au lavis et à l’aquarelle que les Archives municipales ont acheté cet été.

Si la vocation de tout service d’archives est de collecter, classer, conserver et communiquer la mémoire publique, elle met également en oeuvre une politique d’enrichissement patrimonial visant à recueillir les documents d’origine privée dont l’intérêt pour la recherche historique ne cesse de croître.