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L'hôpital des documents

L’atelier de restauration des Archives municipales de Lyon (AML) trouve son origine dans l’ancien atelier de reliure de la Ville de Lyon.

Au XXe siècle, la Ville de Lyon possède un atelier de reliure hébergé dans les combles de l’Hôtel de Ville. Chargé de relier les documents administratifs de la ville, il comportait à l’époque 5 à 6 relieurs. En 1975, cet atelier ferme ses portes. L’équipe de relieurs se scinde alors en deux : une partie de l’équipe est transférée aux Archives municipales, dans les locaux du Palais Saint-Jean, et le reste de l’équipe est transféré à la Bibliothèque municipale à la Part-Dieu.

En 2001, les Archives municipales déménagent dans le 2e arrondissement, à l’emplacement qu’on leur connaît actuellement, dans le but de s’agrandir et de se moderniser. Les AML conservent plus de 17 km linéaires de documents. Au fil des années, les besoins en restauration deviennent de plus en plus importants. L’équipe de reliure, alors composée de 4 personnes, se forme petit à petit à la restauration et à la conservation préventive des documents.

Aujourd’hui, l’atelier se compose de deux restauratrices diplômées en conservation et restauration de documents graphiques, ainsi qu’en reliure. Elles réparent, chouchoutent et redonnent vie aux documents en papier, calque, parchemin et cuir.

Endommagés par le passé, salis, déchirés, tâchés, en morceaux, réparés à de multiples reprises, mal manipulés, mal stockés, mal traités…, leur parcours les amènent au sein de l’atelier de restauration, véritable hôpital des documents anciens.

Les missions principales de l’atelier sont multiples :
- veiller à la bonne conservation des documents des archives ;
- restaurer les documents en vue d’une consultation, d’une numérisation ou d’une exposition ;
- conditionner les documents dans les normes de conservation préventives établies ;
- encadrer les documents pour les expositions temporaires des archives municipales de Lyon ;
- relier certains documents officiels de la ville de Lyon, par exemple le Bulletins municipal officiel (BMO) transmis par la mairie ;
- rédiger et veiller à la bonne pratique d’un plan d’urgence d’évacuation des documents en cas de sinistre.

Et ce, avec un objectif principal : assurer la pérennité des documents, afin qu’ils perdurent dans le temps et soient consultables par tous.

 

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Une journée à l'atelier

09h30

Une archiviste apporte une carte du XVIIIe siècle de la salle de tri.

Illustration dessinée

« Je l’ai trouvé pliée au milieu de plusieurs liasses de documents. Elle est très abîmée et surtout elle présente des tâches suspectes…»

Une fois le document posé sur le plan de travail, les deux restauratrices examinent le document avec attention.

La carte est en papier, doublée par une toile. Elle est pliée en quatre. La toile est sale, recouverte de poussières et de déjections de mouches.

Les restauratrices ouvrent délicatement le document pour vérifier son état.
Réalisée à l’encre et à l’aquarelle, la carte représente la ville de Lyon au XVIIIe siècle. Places, bourgs, ruelles et quais y apparaissent, fidèles à l’histoire de Lyon.

« Regarde, il y a plusieurs annotations sur le plan. »

Illustration dessinée

Au travers des différentes dégradations, des remarques au crayon apparaissent. Marques de travail, annotations, fil de la pensée d’un ancien lecteur ou du cartographe, comment savoir ?

N’ayant pas été conservé à plat, le papier, ancien, s’est déchiré sur les plis. Il est sale, recouvert de poussière et percé de plusieurs petites galeries….

« Des vrillettes ! », remarque l’une des restauratrices.

Ces petites bêtes papivores sont friandes de la cellulose du papier et creusent des galeries lorsqu’elles mangent ou pondent leurs œufs.

Illustration dessinée

La déformation de la carte et la présence d’auréoles indiquent qu’elle a subi un dégât des eaux, non sans conséquences… L’eau a provoqué des vagues jaunes, des auréoles disgracieuses, lessivant et effaçant sur son passage les encres. Le papier, fragilisé, s’est déchiré sur certains bords et quelques déchirures ont été réparées avec du ruban adhésif. Des morceaux de papier se sont détachés et ont été définitivement perdus, provoquant des lacunes.

Les taches suspectes relevées par l’archiviste sont en réalité des moisissures, qui ont profité de cette humidité soudaine pour se développer par endroit, ronger les fibres du papier et le détruire.

« Vous croyez qu’il est possible de faire quelque chose ? », demande Claire.

« Bien sûr, laisse-nous la carte, nous allons réfléchir à un protocole de restauration. »

Illustration dessinée


Tel est le travail quotidien de l’atelier de restauration et de reliure des Archives municipales de Lyon.

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