Aller au contenu principal

Menu
MESURER LA VILLE
Les deux premiers instruments de mesure sont l’œil et les jambes, qui ont servi par exemple pour le plan scénographique de Lyon élaboré vers 1544. La grande nouveauté à partir du 16e siècle fut le recours à des mesures de plus en plus rigoureuses et organisées :
- Mesure avec détail des éléments militaires, et triangulation pour en disposer de façon fidèle les parties dans le plan des fortifications de 1556, expression en géométral de l’espace, instruments de visée des angles (mire) et de mesure (chaîne) selon une échelle donnée, le tout reporté lors du travail de terrain sur une tablette ;
- Introduction de la rigueur dans le détail avec le plan de Séraucourt en 1735, avec aussi l’indication précise du nord et un quadrillage géodésique selon une grille de lignes espacées de 10 secondes d’angle pour la longitude et la latitude. La ville est maintenant insérée dans une conception scientifique qui en relie l’espace au cosmos ;
- Introduction en 1819 des courbes de niveau pour cartographier le relief de la colline de Fourvière ;
- En 1856, fixation du zéro altimétrique de référence au niveau de la mer à Marseille, utilisé pour le Plan topographique détaillé de Lyon ;
- Recours à la photographie aérienne et à la photogrammétrie à partir des années 1930 ;
- Autour de 1990, passage de l’information sous forme d’encre sur du papier à l’information numérique, qui conduisit à l’abandon de la cartographie traditionnelle. Aujourd’hui, le cartographe utilise les photographies aériennes ou satellitaires en mode raster, et a recours à des couches d’information sous forme numérique, exprimées autant que de besoin sur son écran selon la finalité du projet de représentation.
“L’Art de lever les plans, de tout ce qui a rapport à la guerre & à l'Architecture Civile et Champêtre.”, Louis Charles Dupain de Montesson, Paris: Jombert, 1763 Musée des géomètres-experts de la région Rhône-Alpes, inv. 0377
“L’Art de lever les plans, de tout ce qui a rapport à la guerre & à l'Architecture Civile et Champêtre.”, Louis Charles Dupain de Montesson, Paris: Jombert, 1763
Musée des géomètres-experts de la région Rhône-Alpes, inv. 0377

 

Théodolite de Brünner à Paris; Lunette déportée 403 mm avec contrepoids; Laiton, 1860
Pantomètre à lunette Maison Bénévolo J. Deneoux succession, 48 rue de la République, Lyon Laiton, 1912
Équerre sphérique dite italienne E. Michaud & H. Peter 8 quai des Célestins, Lyon Laiton, vers 1920
Trousse d’instruments de dessin et mathématiques Pigeon à Lyon

Théodolite de Brünner à Paris
Lunette déportée 403 mm avec contrepoids
Laiton, 1860
Instrument pour mesurer les angles horizontaux et verticaux. Il a servi à la triangulation de la ville de Lyon, permettant le levé du plan général au 1/500e
Musée des géomètres-experts de la région Rhône-Alpes, inv.0055, dépot des Archives municipales de Lyon

Pantomètre à lunette
Maison Bénévolo J. Deneoux succession, 48 rue de la République, Lyon
Laiton, 1912
Cet appareil permet de relever des angles horizontaux et verticaux. Les mesures ne sont pas très précises : la lunette est courte et l’ensemble est assez fragile car monté sur un cylindre de laiton très mince qui porte les graduations. Un secteur circulaire donne l’angle vertical.
Musée des géomètres-experts de la région Rhône-Alpes, inv. 0666, dépôt des Archives municipales de Lyon
Équerre sphérique dite italienne
E. Michaud & H. Peter 8 quai des Célestins, Lyon
Laiton, vers 1920
Une équerre, qui par sa forme, permet de travailler en terrain en pente, ce que ne permet pas la classique équerre octogonale.
Musée des géomètres-experts de la région Rhône-Alpes, inv.0962
Trousse d’instruments de dessin et mathématiques Pigeon à Lyon
Rapporteurs, compas de proportion, compas avec pointe crayon, pointe encre, pointe sèche, pointe roulette à pointillés, tire-ligne porte crayon avec piquoir interne, balustre pointe encre et pointe sèche, règle ébène biseautée, demi-pied de roi en équerre avec échelle de proportion décimale
Laiton et acier, vers 1878
Musée des géomètres-experts de la région Rhône-Alpes, inv. 05
Antiquissimae Urbis Ludgunensis ad Rhodanum Delineatio ; Encre noire rehaussée à la gouache, lavis de bruns, échelle : 1 : 3.240 (100 toises du Roi = 6 cm) Archives Municipales de Lyon, 1S/150
Antiquissimae Urbis Ludgunensis ad Rhodanum Delineatio
Philippe Le Beau, 1607

Le plan de 1607 réalisé par Philippe Le Beau ou Lebeau, mathématicien et géographe du Roy, qui a résidé longtemps à Lyon. Il s’agit d’une commande du Consulat.
Ce plan est orienté à l'ouest. En haut à gauche et à droite figurent les blasons d'Henri IV, roi de France et de Navarre, et de la Ville de Lyon.
Son titre, que l’on peut traduire par "Plan de la très antique cité de Lyon sur le Rhône", est indiqué dans un cartouche en bas à gauche. Il est complété d'un texte de présentation en latin traduit par Grisard : "Elle donna anciennement son nom à une portion de la Gaule. On y accourait de tous les points de l'Europe. Là, devant l'autel de l'Éloquence, les soixante provinces tenaient leur réunion. Le primat des Gaules y a son siège. Placée au centre de l'Europe, elle offre aux nations un marché d'un accès très facile. Ses foires sont célèbres, la clémence de l'air en fait un lieu fort agréable, ses collines, ses dépressions de terrain, ses fleuves, ses vastes places, ses vieilles inscriptions accusant une antique origine en font une cité remarquable entre toutes. Ses habitants sont entre tous les peuples de la Gaule les plus soumis, pour les étrangers les plus charitables et les plus doux".
La vue de Lyon couvre à peu près la même superficie que le plan scénographique des années 1550. En revanche, il en diffère par sa réalisation : il est manuscrit et non gravé, géométral (à la verticale) et non en perspective, sauf pour une partie des édifices. C'est l'un des rares plans de Lyon au début du XVIIe siècle, avant le célèbre plan de Simon Maupin en 1625. Les flots de la Saône et du Rhône sont très visibles et rehaussés de bleu.

Antiquissimae Urbis Ludgunensis ad Rhodanum Delineatio ; Encre noire rehaussée à la gouache, lavis de bruns, échelle : 1 : 3.240 (100 toises du Roi = 6 cm)
Archives Municipales de Lyon, 1S/150
“Lyon dans son lustre”, Samuel Chappuzeau, à Lyon, chez Scipion Jasserme, 1656 ; Gravure en taille-douce de Claudine Brunand Archives municipales de Lyon, HA/2015
Lyon dans son lustre
Claudine Brunand, 1656

Cette gravure est une rare représentation de la ville de Lyon sous la forme de l’animal auquel son nom renvoie. Elle inscrit un plan de la ville sur le corps de l’animal.
Il s’agit d’un plan original, bien informé, tracé indépendamment des plans contemporains comme ceux de Simon Maupin. Mais on n’en connaît par l’auteur.

 

“Lyon dans son lustre”, Samuel Chappuzeau, à Lyon, chez Scipion Jasserme, 1656 ; Gravure en taille-douce de Claudine Brunand Archives municipales de Lyon, HA/2015
Lyon dans son lustre, Samuel Chappuzeau, à Lyon, chez Scipion Jasserme, 1656 ; Gravure en taille-douce de Claudine Brunand
Archives municipales de Lyon, HA/2015
Plan géométral de la ville de Lyon Levé par Claude Séraucourt, (1677-1756), vérifié et orienté par le R.P. Grégoire de Lyon, religieux du Tiers-ordre de St. François en 1735  Gravure sur cuivre, édition 1740 ; Échelle : 1 : 3000 Archives municipales de Lyon, 7S/56
Plan géométral de la ville de Lyon
Claude Séraucourt, 1740

Le plan gravé par Claude Séraucourt en 1735, vérifié par le R.P. Grégoire (Henri Marchand), a été repris et mis à jour ensuite dans plusieurs éditions, dont celles de John Rocque (Jean Rocque) en 1746 et de Cr. Jacquemin en 1747. Il a servi de base topographique pour les projets d’urbanisme des architectes Jean Antoine Morand et Antoine Michel Perrache en 1764 et 1769. Le plan de Martin Roch Joubert le mit à jour en 1758, avec de nouvelles éditions en 1767 puis 1773. Il fut souvent repris jusqu’au début du 20e siècle. La plupart des plans d’urbanisme proposés à la fin du 18e siècle et au début du 19e siècle en reprenaient la base.
Ce plan, le premier de Lyon qu’on puisse qualifier de géométral, et historiquement très important, suit le principe géodésique du plan de Paris par Delisle, avec pour point d’origine l’observatoire de Paris, en 1716. À Lyon, le point d'origine est l’observatoire du Grand collège des jésuites, à partir duquel les coordonnées furent déterminées par le père Grégoire et probablement Laurent Béraud. Il reprend la façon de représenter la ville de Delagrive, dans son plan de Paris de 1733.

 

Plan géométral de la ville de Lyon ; Levé par Claude Séraucourt, (1677-1756), vérifié et orienté par le R.P. Grégoire de Lyon, religieux du Tiers-ordre de St. François en 1735 ; Gravure sur cuivre, édition 1740 ; Échelle : 1 : 3000
Archives municipales de Lyon, 7S/56
Plan géométral de la Ville de Lyon assujetti aux nouveaux alignemens, augmenté des quartiers neufs et enrichi des bâtimens principaux, dédié à Messieurs les Prévôt des Marchands et Échevins de la Ville, échelle de 125 toises du Roy [ 1 : 6 500 ] ; Joubert, Louis Martin Roch (17..-18..) ; Éditeur : Vve Daudet et Joubert (Lyon), 1773 Archives municipales de Lyon, 1S/090
Plan géométral de la Ville de Lyon
Louis Martin Roch Joubert, 1773
Plan géométral de la Ville de Lyon assujetti aux nouveaux alignemens, augmenté des quartiers neufs et enrichi des bâtimens principaux, dédié à Messieurs les Prévôt des Marchands et Échevins de la Ville, échelle de 125 toises du Roy [ 1 : 6 500 ] ; Joubert, Louis Martin Roch (17..-18..) ; Éditeur : Vve Daudet et Joubert (Lyon), 1773
Archives municipales de Lyon, 1S/90
Plan de la ville de Lyon, avec ses percés de rues et ses projets d'agrandissement, dressé par l'ingénieur dessinateur topographe Dignoscyo, 1821 ; Encre, plume et lavis 4 couleurs Archives municipales de Lyon, 2S/20
Nouveau plan géométrique de Lyon
Laurent Dignoscyo, 1821
Plan de la ville de Lyon, avec ses percés de rues et ses projets d'agrandissement, dressé par l'ingénieur dessinateur topographe Dignoscyo, 1821 ; Encre, plume et lavis 4 couleurs
Archives municipales de Lyon, 2S/20
Plan général et géométral de la ville de Lyon, avec le nivellement des voies publiques Louis-Benoît Coillet, 1818-26 Assemblage des 16 planches Dessin à l’encre, aquarellé    Archives municipales de Lyon, 2S/502/1-13 - 2S/967 - 2S/968 - 2S/969
Le plan général et géométral de la ville de Lyon
Louis-Benoît Coillet, 1826

En 1808, Louis Benoît Coillet, ingénieur géomètre lyonnais, était missionné par la municipalité de Lyon pour réaliser un plan général et géométral de la ville. Le plan, réalisé au 1/300e, fut achevé et remis au maire de Lyon, Pierre-Thomas Rambaud, qu’en 1821.
Bien qu’un retard de plusieurs années ait entaché sa livraison, ce document constitue le premier plan à grande échelle de Lyon, auquel Coillet, à la demande du Conseil municipal, avait fait adjoindre les cotes de chacun des 600 repères altimétriques scellés dans les rues.
Il réalise ainsi un document aussi précurseur que précieux. Les plans de Coillet, combinés à ceux du génie militaire entrepris à la même période, ont propulsé Lyon à la pointe des travaux cartographiques du 19e siècle.

Plan général et géométral de la ville de Lyon, avec le nivellement des voies publiques ; Louis-Benoît Coillet, 1818-26 ; Assemblage des 16 planches; Dessin à l’encre, aquarellé
Archives municipales de Lyon, 2S/502/1-13 - 2S/967 - 2S/968 - 2S/969
Le nivellement général de la ville de Lyon

En 1857, à la demande de l’ingénieur en chef Bonnet, Paul Adrien Bourdalouë entreprend le nivellement général de la ville de Lyon. Ingénieur et topographe, Bourdalouë développe le premier système uniformisé de détermination des altitudes à l’échelle de tout le territoire français. Alors qu’auparavant, les méthodes de calcul des altitudes variaient d’un secteur à un autre, voire d’un géomètre à un autre, Bourdalouë va imposer comme point de référence unique le niveau de la basse mer Méditerranée à Marseille.
À Lyon, l’ancien « zéro » altimétrique de référence localisé sous le pont Tilsitt se voit ainsi attribuer la cote altimétrique de 160,783 m. Ce n’est toutefois qu’en 1894 que les 618 anciens repères de nivellement en fonte implantés à Lyon sont modifiés et mis à jour avec les valeurs du nivellement Bourdalouë.

nivellement de Lyon
Nivellement général de la ville de Lyon, exécuté en 1857 : sous la direction de M. Bonnet, ingénieur en chef du service municipal, Paul Adrien Bourdaloue, édité par Bourges, Jollet-Souchois, 1858
Archives municipales de Lyon, 1C/6911
Dignoscyo, atlas de la ville de Lyon ; Plan trigonométrique servant au levé du plan topographique ; Encre, vers 1860 Archives municipales de Lyon, 1541WP/11
Dignoscyo, atlas de la ville de Lyon ; Plan trigonométrique servant au levé du plan topographique ; Encre, vers 1860
Archives municipales de Lyon, 1541WP/11

 

Plaque d'altitude, 1850-1900 ; Dessin à l'encre Archives municipales de Lyon, 17FI/92
Plaque d'altitude, 1850-1900 ; Dessin à l'encre Archives municipales de Lyon, 17FI/91
Plaque de nivellement général pour la ville de Lyon, 1850-1900 ; Dessin à l'encre Archives municipales de Lyon, 17FI/94
Plaque du nivellement général pour Lyon, du repère Q'R'4, 1850-1900 ; Dessin à l'encre Archives municipales de Lyon, 17FI/97
Plaque d'altitude, 1850-1900 ; Dessin à l'encre
Archives municipales de Lyon, 17FI/92
Plaque d'altitude, 1850-1900 ; Dessin à l'encre
Archives municipales de Lyon, 17FI/91
Plaque de nivellement général pour la ville de Lyon, 1850-1900 ; Dessin à l'encre
Archives municipales de Lyon, 17FI/94
Plaque du nivellement général pour Lyon, du repère Q'R'4, 1850-1900 ; Dessin à l'encre
Archives municipales de Lyon, 17FI/97
Plaque d'altitude ; Rue des Farges (Lyon, 5e arrondissement) ; Cliché Tabey, 1971 Archives municipales de Lyon, 1PH/3028
Plaque d'altitude ; Quai Saint-Antoine - angle rue du Petit-David (Lyon, 2e arrondissement) ; Cliché Tabey, 1971 Archives municipales de Lyon, 1PH/3027
Plaque de nivellement du département du Rhône au dessus de la mer, 1850-1900 ; Dessin à l'encre Archives municipales de Lyon, 17FI/96
Plaques de nivellement général pour la ville de Lyon, 1850-1900 ; Dessins à l'encre Archives municipales de Lyon, 17FI/93
Plaque d'altitude ; Rue des Farges (Lyon, 5e arrondissement) ; Cliché Tabey, 1971
Archives municipales de Lyon, 1PH/3028
Plaque d'altitude ; Quai Saint-Antoine - angle rue du Petit-David (Lyon, 2e arrondissement) ; Cliché Tabey, 1971
Archives municipales de Lyon, 1PH/3027
Plaque de nivellement du département du Rhône au dessus de la mer, 1850-1900 ; Dessin à l'encre
Archives municipales de Lyon, 17FI/96
Plaques de nivellement général pour la ville de Lyon, 1850-1900 ; Dessins à l'encre
Archives municipales de Lyon, 17FI/93

 

Plan topographique de la Ville de Lyon et de ses environs levé et dressé sous l'administration de Mr le Sénateur Vaïsse et sous la direction de Mr Bonnet Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et du service municipal de Lyon par MM. Dignoscyo père et fils, 1863 ; 1/5000e ; Lithographie couleur, Imprimée chez Courtot fils à Lyon et à l'imprimerie impériale Archives municipales de Lyon, 1541WP/20
Le plan topographique de Lyon

La réalisation du plan topographique de Lyon décidée au milieu des années 1850 par le sénateur Vaïsse, chargé des fonctions de Maire de Lyon, a conduit tout d’abord à la mesure d’un cadre trigonométrique de points de référence, puis au relevé très précis sur le terrain des quartiers de Lyon. Un premier levé a d’abord concerné la rive gauche récemment annexée, où la rapidité de l’urbanisation rendait le besoin d’un plan précis à jour urgent. Furent levés ensuite les autres secteurs de la ville, à commencer par la presqu’île, peu après 1860. Ce plan topographique, ensuite mis à jour plus ou moins régulièrement, couvrait l’espace de la ville par un ensemble de feuilles rectangulaires découpées selon un quadrillage régulier.
Cette façon de faire, peut-être inspirée des plans des grandes villes anglaises, produits peu auparavant par l’Ordnance Survey, n’a pas d’équivalent en France et témoigne de la position en pointe de la topographie de Lyon dans le pays.

Plan topographique de la Ville de Lyon et de ses environs levé et dressé sous l'administration de Mr le Sénateur Vaïsse et sous la direction de Mr Bonnet Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et du service municipal de Lyon par MM. Dignoscyo père et fils, 1863 ; 1/5000e ; Lithographie couleur, Imprimée chez Courtot fils à Lyon et à l'imprimerie impériale
Archives municipales de Lyon, 1541WP/20