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Le projet scientifique et culturel pour 2024-2026

Dessin des Archives de Lyon réalisé par Julie Petrolli

La réglementation impose en partie de la feuille de route, la conservation des archives relevant des compétences obligatoires.

Toutefois les missions des Archives municipales de Lyon vont au-delà du fait de leur histoire.

Le XXème siècle a vu la prédominance d'une activité érudite, entraînant le développement d'une importante base de données et de publications de qualité. Sur ce socle s’est greffée à partir des années 1990 l'ouverture à tous les publics.

Depuis le déménagement à Perrache en 2001, les AML conduisent une politique d'expositions, de conférences, d'ateliers et d'événements ouverts à tous, avec une insistance particulière sur la proximité et un engagement fort dans des réseaux de partenaires. Cela se traduit, chaque année,
par la production de deux expositions à minima, une cinquantaine de conférences, plusieurs dizaines d’ateliers ouverts aux élèves, du primaire au lycée, soit l’accueil de 20 à 30 000 visiteurs par an.

A partir de 2015-2016, les Archives de Lyon, contraintes de diversifier ses partenariats financiers, se sont plus systématiquement appuyées sur des coproductions en privilégiant le lien direct avec l'histoire, alors que la tendance antérieure avait été d'explorer des terrains plus éloignés.
Cet historique explique un positionnement singulier.

Cela dit de nouveaux défis se profilent, auxquels il est proposé de répondre par quatre axes de développement, qui viennent rencontrer différents sujets traités par le plan de mandat 2021-2026.

 

 

Nouveaux défis, nouvelles possibilités


L’âge des archives hybrides


Les documents produits par la collectivité évoluent, mais sont toujours légalement des archives, dont il faut organiser la conservation et la diffusion. En effet, l’article L 211-1 du code du patrimoine définit les documents et données produits ou reçus par la ville comme des archives. S’agissant d’archives publiques, ces documents sont conservés dans l’intérêt des citoyens et des chercheurs.
Or la forme des archives évolue : avec l’évolution du numérique, le volume, mais aussi la complexité des documents et données produits s’accroît fortement. Le droit change également, avec l’apparition d’un encadrement plus strict de la gestion des données à caractère personnel, mais aussi la question de l’accès et de la réutilisation des documents administratifs.
Tous ces facteurs font de l’archivage une réalité à prendre en compte très tôt dans le cycle de vie des informations produites par la ville.

Dans ce cadre, les Archives de Lyon ont mis en place une plateforme de conservation des archives électroniques (as@lae) et engagé des actions de sensibilisation du personnel.
Parallèlement, les documents au format traditionnel n’ont pas disparu. Ils continuent d’occuper des volumes conséquents et d’être versés aux AML :

  • 6 km linéaires d’archives papier encore conservés par les services ont été identifiés au moment du récolement réglementaire de 2020 (hors archives stockées dans les bureaux, uniquement les archives stockées dans des locaux dédiés),
  • chaque année, entre 150 ml (chiffre 2017) et 300 ml (chiffre 2019) d’archives sont versés aux Archives, qui disposent actuellement de 2 km linéaires disponibles, soit un peu plus de 5 ans d’accroissement,
  • depuis 2018, date de mise en service du système d’archivage électronique, près de 2 To de données ont été intégrés, et la progression des entrées d’archives électroniques est très rapide.

Pour répondre à ce défi, des moyens humains supplémentaires ont été accordés en 2017.
Pour autant, la demande reste en forte progression de la part des services de la ville (296 personnes formées en 2019, contre 119 en 2014).

 

Donner accès à l’histoire de Lyon à l’ère des réseaux sociaux


Notre rapport aux documents évolue.
Une recherche érudite existe toujours, et reste fondamentale pour améliorer et renouveler notre vision du passé. Grâce à l’émergence des nouvelles technologies et des outils numériques (mobile multifonction, internet…), le public est maintenant habitué à accéder à toutes sortes de contenus à distance.
Pour autant la demande de services de proximité et d’un accès in situ à l’histoire de Lyon demeure bien présente pour une partie des publics des archives, certains se trouvant en difficulté face au numérique, voire à l’écrit.

Toutes ces raisons ont conduit les Archives de Lyon à adapter et renforcer leur offre de services initiale, en particulier dans les domaines suivants :

  • médiation accessible en ligne (plus de 79 000 abonnés sur les réseaux sociaux à fin 2020),
  • en matière de coproduction de films (en 2019, les Faces cachées de l’Hôtel-Dieu, diffusé sur France 3),
  • ouverture d’un portail de recherches avec plus de 600 000 notices et plus de 3 millions d’images,
  • adoption en 2022 de la licence ouverte pour réutilisation des informations publiques en (en 2023, obtention d’une distinction accordée par l’association Wikimédia France),
  • favoriser la coproduction avec différents acteurs, tant pour le numérique que pour des formats plus traditionnels : expositions (Première Guerre mondiale, Confluence, rue de la République), la semaine de la généalogie, le carnet de recherches Histoires lyonnaises, ateliers organisés avec des enseignants pour les étudiants de licence et de master, propositions de dossiers virtuels d’archives pour les EHPAD.

 

Quatre axes de développement


Ces orientations stratégiques s’inscrivent dans la continuité des actions déjà engagées pour 2021-2023.
Elles sont déclinées en trois axes principaux privilégiant la transversalité et un quatrième dédié aux moyens humains et techniques, ressources indispensables à l’atteinte des objectifs fixés.
 

  1. Etendre l’usage des outils de gestion des documents d’activité (records management) au sein de la collectivité ;
  2. Développer le pilotage de la collecte des archives ;
  3. Mise en place et suivi d’un processus régulier pour les nouvelles entrées d'archives électroniques ;
  4. Collecter, classer et traiter des arriérés d’archivage traditionnels ;
  5. Mise en place d’un plan d’urgence et d’un plan de restauration ;
  6. Organiser la gestion et la mise en valeur des documents iconographiques.
  1. Permettre aux internautes d’accéder aux archives électroniques de la collectivité : développer le signalement et la consultation des archives électroniques sur internet ;
  2. Développer le site internet par la proposition de nouveaux contenus et la valorisation des services offerts ;
  3. Développer les données ouvertes ;
  4. Valoriser l’histoire locale : coproduire des films documentaires et des programmes audio ;
  5. Développer les liens avec des projets collectifs de recherche et ajustement des programmes de numérisation en conséquence.
  1. Moderniser l’accueil de l’établissement ;
  2. Améliorer la prise en charge du handicap au sein de l’établissement : mesures d’accessibilité et valorisation des archives sur le sujet ;
  3. Valoriser la photographie et l’actualité de la recherche dans la programmation des expositions ;
  4. Développer les nouveaux usages de la salle de consultation des documents ;
  5. Développer la médiation ;
  6. Nourrir la réflexion autour de l’écriture de l’histoire urbaine.
  1. Adapter les fonctions support ;
  2. Mise en place d'une démarche de transition écologique ;
  3. Maintenir le bâtiment en conditions opérationnelles ;
  4. Mettre en place un plan de continuité d’activité en cas de sinistre informatique.