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Barbelés

Dessin de guignol en poilu

Le fil de fer barbelé est un élément essentiel de la guerre moderne. On dessine un « réseau » en reliant avec le barbelé les diagonales entre le sommet et la base de piquets plantés dans le sol.

Le réseau remplace avantageusement la construction d’un mur de fortification. Léger et économique, le fil de fer barbelé résiste aux bombardements et aux feux d’artillerie. Même partiellement disloqué, le réseau reste un obstacle qui ralentit la progression de l’assaillant tout en l’exposant à découvert. Il est également invisible de loin. Seuls les cadavres que l’ennemi y laisse signalent les barbelés. L’effet de démoralisation sur les soldats est immense : on comprend la place importante qu’il joue dans l’imaginaire de ceux-ci.

Le fil de fer barbelé peut être installé rapidement avec un minimum de compétences et d’outils, sur tout type de terrain.

La plupart des structures sont installées au-delà des tranchées avancées, dans le « no man’s land ». C'est en général la nuit, en silence et sous la menace de l’ennemi, qu'on les met en place. Ces installations sont accablantes, comme le relatent Joseph Rossignol et Louis Boyer.

 

Des témoignages à découvrir

Journal de Joseph Rossignol, 22 juin 1917 - 1ii/593
Journal de Joseph Rossignol, 22 juin 1917 - 1ii/593

22 juin

Il pleut. L’équipe de nuit transporte du matériel et pose un réseau de fils de fer barbelé, comme défense et en arrière d’Avocourt non loin de la route qui rejoint Aubreville.
A deux, sur un piquet qui meurtrit l’épaule malgré le mouchoir en tampon, dansent les rouleaux piquants, la marche est rendue difficile, cahotée par les inégalités du terrain que la nuit rend plus traitresses…. un fil qui traîne… chute… jurons ! La charge est lourde à remonter, la pluie fait la nuit plus noire et l’herbe plus glissante.
Des sautes de vent mouillé fouettent le visage. Le ravin d’Avocourt deux fois illuminé d’éclairs et de fusées est hostile ce soir… Quatrième voyage. Des obus froissent l’air, le courroux du canon grandit, des gerbes de feu fleuronnent ou rayent l’ombre. Corps en sueur, nerfs tendus, courtes génuflexions… l’air chante, des coups assourdis par les rafales résonnent, les piquets s’enfoncent, les fils méchants sont déroulés ensanglantant les mains maladroites, des cisailles criaillent, crissent, la masse emmitouflée tombe hésitante ou brutale. A la lueur des éclairs et des fusées blanches qui crayonnent la nuit, des fantômes modernes à demi courbés animent la plaine…
Il y a quelques blessés ce soir à l’équipe de nuit.

Carnet de Louis Boyer, 22 décembre 1917 _ HCL/HD/1Z/9/46
Carnet de Louis Boyer, 22 décembre 1917 _ HCL/HD/1Z/9/46


Mercredi 26 décembre 1917

Au camp de la Croix Gentin, Argonne. En réserve de Four de Paris. Il gèle fortement, la neige tombe toujours.

Le sol est couvert d’une épaisse couche de neige. Matin, rapport à 10h. On demande les volontaires pour aller dans des bataillons de tirailleurs. Puis l’adjudant lit la liste des hommes de corvée pour ce soir et j’en suis. Soupe à 10h30. Rassemblement à 14h45 puis départ à 15h pour aller mettre des réseaux de fils barbelé en avant de la tranchée Haute, vers le PC Tourret, du Lieut. Colonel Lenfant. Pour faire ce travail c’est assez dur, car il faut faire ce réseau de fil de fer barbelé sur une pente très rapide et avec la neige, on se casse la figure. Nous sommes de retour à la Croix Gentin à 19h30. La corvée était sous la conduite de l’adjudant Girrode et du Sgt Jay.

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